The Limiñanas – Paris La Maroquinerie (9.10.2015)

Pan ! LA claque dans ta gueule de la rentrée musicale… 22h30, Paris, le vendredi 9 octobre 2015… Les 500 personnes entassées dans la Maroquinerie reprennent leurs esprits après le concert des Limiñanas. Des sourires béats, des commentaires dithyrambiques (j’avais promis à un pote de le placer…) et quelques acouphènes chargés de fuzz aussi, merci la Big Muff… Mais quel show !!! Prenons notre De Lorean et retournons dans le temps de quelques heures…

Traditionnelle intro de Jean-Luc Godard pour se replonger dans une ambiance sixties à la française puis les classiques du groupe s’enchainent. « Migas 2000 » et « I’m Dead » ouvrent le set en présentant le duo transformé en quintette pour la scène.

Lionel & Marie liminanas

Lionel et Marie, monsieur et madame Limiñana tournent avec leur backing band fidèle depuis quelques années : Mickey, grand fan de garage devant l’éternel, officie à la basse, Martin s’occupe des claviers et de la seconde guitare ou ukulélé, et enfin Nika se glisse dans la peau d’une sexy frontwoman idéale pour mener la revue aussi bien dans la langue de Gainsbourg que dans celle de Shakespeare.

Nikka, Mickey et MArtin

Le décor est planté. Le show est parfaitement huilé. On sait déjà qu’on va passer une bonne soirée. En effet, à la scène les compos du duo sont sublimées, leur puissance décuplée. Dès l’intro de « Liverpool », les fans exultent. Les filles se dessapent, l’ambiance déjà bien chaude devient totalement électrique. Mon voisin de gauche, un certain Philippe Manœuvre, n’en perd pas une miette. Comme la majorité des présents ce soir là, les textes et les compos des catalans n’ont plus aucun secret. Lionel, serviteur de la cause fuzz depuis sont plus jeune âge nous prouve que dans ce domaine il est passé au rang de maitre. Sa vieille Big Muff soviétique réagit à tous ses assauts. « Salvation » atteint des sommets. Marie martèle ses futs. Avec elle, le minimalisme du jeu est inversement proportionnel au feeling qu’elle peut dégager. En parfaite harmonie avec Mickey, qui triture consciencieusement sa Precision, elle assure les bases de l’édifice Liminanas pour faire la part belle à Lionel et ses complices.

Marie et Mickey Liminanas

Nika nous replonge dans un univers pop sixties sensuel en posant délicatement sa voix sur le riff roboratif de « Funeral Baby ». Les Limiñanas clôturent la première partie du set en puisant dans le très riche répertoire de Lionel. C’est ainsi que « Crank » des Beach Bitches sera revue et corrigée pour notre plus grand plaisir.

Puis le groupe va encore augmenter sa puissance de feu en appelant en renfort rien moins que Pascal Comelade et son complice Ivan Telefunken. Pas étonnant, la soirée étant organisée par le label Because qui héberge les deux artistes et notamment la sortie de leur album en commun, le fameux Traité de Guitarres Trioléctiques (à l’usage des portugaises ensablées).

Comelade Telefunken Liminanas

C’est dans ce dernier qu’ils vont puiser majoritairement les titres qui vont composer la deuxième partie du set. Pascal Comelade en grande forme, manifestement ravi de se retrouver là avec ses copains du sud de la France, s’en donne à cœur joie. Le piano Nord Stage 2 posé entre la section rythmique des Limiñanas va passer une soirée délicate. Pascal le triture à souhait et rajoute sa propre touche et sa propre couleur à l’édifice Limiñanas. Ce soir, le show semble bien plus huilé qu’il y a quelques mois en arrière à La Boule Noire. Pascal Comelade et Ivan Telefunken intègrent la scène un peu plus tôt dans le set et ils donnent tout. Telefunken est toujours aussi barré. Guitares roses à poids multicolores, ampli assorti… Un personnage celui-ci ! Et personne ne dira le contraire lorsqu’il attaquera sur « Russian Roulette » un solo de kazoo monté sur un embout d’arrosoir, rose bien évidemment. En plus de ça, le gars est un guitariste hors pair, surtout lorsqu’on parle de guitare slide. Un complément parfait pour Lionel et sa fuzz. Parlons en de la fuzz… Le groupe au complet rend un vibrant hommage à l’époque bénie du garage sixties en offrant sa relecture du « Green Fuzz » de Randy Alvey And The Green Fuzz qui a fait les beaux jours des compils Peebles. Un must ! Le show se terminera avec une version surboostée de « Betty And Johnny » qui s’achèvera dans un bain de décibels aux délicieux relents de Big Muff Sovtek. Une belle baffe sonore.

Trio Liminanas

Lionel Fuzz Liminanas

Et c’est pas fini… un petit tour backstage puis on revient en version acoustique pour balancer « I Miei Occhi Sono I Tuoi Occhi » … Nika fait le boulot et on oublie aisément que la version originale est chantée par Paula des JC Satan. On finira sur « My Black Sabbath ». Encore un hit !

Nika Liminanas

Et ce n’est toujours pas fini. Le public ne veut pas lâcher ses héros, bien persuadé qu’il tient là une chance unique de savourer le concert du combo dans une salle abordable (pas comme le prix du concert) et de taille humaine. Et ça fait bien longtemps que je n’avais pas vu un public aussi chaud arriver à ses fins. Pour être honnête, je n’arrive pas à me rappeler quelle était la dernière fois où j’ai vu un artiste effectuer un vrai rappel, pas prévu, pas préprogrammé comme à 99,9 % du temps. Un brin de concertation et  Lionel demande qu’on reparte sur « Down underground », une des pépites du premier album sorti chez Trouble In Mind. Le public n’en croit pas ses yeux ni ses oreilles. Ce soir, les Limiñanas ont fait le boulot et de fort belle manière pour venir se poser définitivement dans le peloton de tête des meilleurs groupes de rock français en activité. On attend la suite avec impatience. Le groupe prévoit la sortie du prochain album dans quelques mois, début 2016.

Lionel Liminanas

Retour dans la De Lorean et nous revoilà en fin de concert à 22h30, au milieu du public mis littéralement sur le cul par la prestation du groupe. Et là, cerise sur le ghetto, en remontant les marches qui nous ramènent à la civilisation et surtout à l’air libre, le label Because nous offre un 45 tours 2 titres pressé spécialement pour le concert. Tout ça pour vous dire que les Limiñanas, ce n’est pas qu’un groupe, c’est tout un état d’esprit, une philosophie du rock, un choix du détail, bref c’est du tout bon, allez y en confiance, ce sont les dignes héritiers du rock de grande classe à la française pour ne pas dire à la catalane. On doit être fier du coté de Cabestany !!!

 



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