Monster Magnet – Cobras and Fire

 » Si Milking the Stars s’adressait avant tout aux fans, Cobras and Fire ne saura faire plaisir qu’aux inconditionnels « 

Il y a 6 mois, Monster Magnet nous proposait une relecture de son dernier album Last Patrol (2013). Les titres avaient été entièrement re imaginés, pour un résultat très surprenant. L’idée était de proposer des versions particulièrement psychédéliques avec une grosse influence des années 60 et des groupes de l’époque. Certaines compositions s’en étaient trouvées transfigurées, et si l’entreprise était principalement destinée aux fans, elle n’en était pas moins tout à fait réussie. L’expérience a visiblement beaucoup plu à Dave Wyndorf, qui a décidé de remettre le couvert, en proposant cette fois-ci une relecture de son album Mastermind (2010).

Tout d’abord, on peut se poser la question de l’intérêt de la démarche. A quoi bon réitérer l’expérience là tout de suite ? On va avoir droit à la discographie complète revisitée d’ici 3 ans si ça continue. Ne vaudrait-il pas mieux bosser sur de nouvelles compos, quitte, si le résultat s’avère trop éloigné du son typique du groupe, à sortir ça sous un autre nom que Monster Magnet ? Quand bien même il s’agirait d’un album très lent et très psyché avec du sitar, les fans du groupe apprécieraient sans doute davantage un album un peu expérimental qu’une relecture. Tant que la musique est suffisamment différente pour que l’entreprise soit intéressante, c’est l’essentiel vous me direz. Oui, mais c’est bien là que le bât blesse.

Car Cobras and Fire ne fait preuve que de très peu d’imagination. « She digs that hole », malgé un refrain légèrement différent, quelques expérimentations sonores et de nouvelles paroles, reste un peu trop proche de l’original pour être autre chose qu’une curiosité sympathique qui aurait eu sa place en face b. Le pompon est atteint dès le titre suivant, « Watch me fade », qui se contente d’ajouter un orgue baveux placé n’importe comment, pour un résultat une fois de plus très proche de l’original (en moins bien, sachant qu’il ne s’agissait de toutes façons que d’un bonus track), et surtout sans aucun intérêt. Dès lors, les limites de Cobras and Fire sont claires : il s’agit d’un album fainéant et dénué d’imagination.

Saluons tout de même quelques passages plus étonnants, comme cette version aride de « Gods and punks », toute en retenue (pas de batterie, c’est dire !), qui contraste avec l’énergie de l’original, le beau final allongé de « Mastermind », la reprise « Ball of confusion » de The Temptations, qui semble taillée pour Monster Magnet, l’étrange piste « I live behind the paradise », réalisé par le mixeur Joe Barresi, qui mélange des passages de différents titres du groupe sur un titre en forme d’hommage qui amusera sans doute les fans.

Reste qu’on est plus proche d’un album de remixes globalement peu inspiré que d’une véritable relecture de Mastermind, comme Milking the stars avait réussi à le faire. Seule la nouvelle version de « Hallucination Bomb », retitrée « Cobras and Fire » (et qui donne donc son titre à l’album) est une réussite totale. Pratiquement deux fois plus longue que l’original, elle s’autorise de nombreux développements inattendus et s’offre un lifting véritablement inspiré. Reste que le bilan est mince. Si Milking the Stars s’adressait avant tout aux fans, Cobras and Fire ne saura faire plaisir qu’aux inconditionnels, et encore.
 

dave wyndorf, milking the stars, mastermind

NOTE DE L'AUTEUR : 5 / 10



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