David Gilmour – Rattle Than Lock

Rattle Than Lock est le dernier album solo du célèbre chanteur/ guitariste David Gilmour, sorti le 18 Septembre 2015.

Ancien membre du légendaire groupe de rock psychédélique Pink Floyd, Artiste prolifique et mondialement reconnu, David Gilmour signe ici son quatrième album solo (ou cinquième, selon si l’on inclut dans sa discographie le CD du Live in GdaŠ„sk, album live sorti en 2008 à l’occasion du dernier concert du projet On An Island, initié deux ans plus tôt).
 

L’album est composé de dix titres, dont pas moins de la moitié sont co-écrits par Polly Samson, la femme de David Gilmour qu’on avait déjà vu collaborer avec son mari sur l’album des Pink Floyd de 1994 The Division Bell ou encore sur les plus récents albums du chanteur On an Island et The Endless River. La collaboration familiale va jusqu’à intégrer leur jeune fils Gabriel 
Gilmour au Piano sur un morceau («In Any Tongue»).
 

Ceci étant dit, parlons musique ! L’album démarre par une introduction instrumentale très aérienne menée à la baguette par la guitare, rappelant avec bonheur les grands moments du célèbre guitariste. On ne peut au maximum que regretter légèrement le côté très formel, voire solennel de cette introduction qui, sans nous en mettre plein les yeux, nous laisse présager du meilleur pour la suite.
 

La suite… c’est bien de ça qu’il va falloir parler maintenant… Car oui, une fois l’introduction passée, nous voilà rentrés dans le vif du sujet. La chanson titre «Rattle Than Lock» a été co-écrite par Michaël Boumendil, designer sonore Français et notamment compositeur du célèbre jingle de la SNCF. Et c’est là que la surprise prend à la gorge, car oui, David Gilmour signe avec la chanson «Rattle Than Lock» un titre librement inspiré des quatre notes si représentatives de notre compagnie de transports ferroviaires nationale. Après un grand effort de concentration permettant de dissocier dans ma tête l’image du Live à Pompéi de celle des panneaux d’affichage des retards de la gare de Lyon Part-Dieu, il est tant que je me demande si cette chanson vaut objectivement quelque chose.

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Et la réponse est oui ! «Rattle Than Lock» est une chanson énergique et bien pensée, portée par une mélodie vocale entêtante et efficace. Le public Français restera néanmoins dérouté par le jingle de la SNCF, clairement reconnaissable dans la chanson. On peut par ailleurs regretter le fait que le jingle soit utilisé en boucle pendant les couplets, et devienne ainsi très vite redondant. Au final on ne peut nier le fait que «Rattle Than Lock» est une chanson qui fonctionne. Les plus virulents des fans seront certainement outrés par ce titre, tandis que les plus rigolards y verront simplement une bonne occasion pour une franche rigolade.

Les chansons suivantes «Faces Of Stone» et «A Boat Lies Waiting» constituent deux ballades assez fraiches et bienvenues. L’orchestration menée par Zbigniew Preisner, compositeur polonais dont on avait déjà entendu le travail sur « On An Island », trouve particulièrement bien ses marques sur «Faces Of Stone» en intégrant discrètement cuivres et instruments à vents par-ci par-là.
«A Boat Lies Waiting» quant à elle séduit par sa grande quiétude ainsi que par ses harmonies vocales, créant ainsi une ambiance mélancolique particulièrement agréable. Petit bémol cependant concernant la durée de la chanson : 4’35. On aurait aimé rester plus longtemps dans cette atmosphère, d’autant plus que la chanson prend beaucoup temps pour démarrer (plus de 2 minutes d’intro). On a l’impression d’à peine avoir eu le temps de s’installer dans la musique que l’on perçoit déjà arriver la fin, ce qui diminue cruellement son impact et ne lui permet tout au plus que d’endosser le statut d’interlude avant le reste des titres.

Les chansons suivantes, «Dancing Right In Front Of Me» et «In Any Tongue» passent finalement plutôt inaperçues. Non pas par manque de qualité, mais plutôt par manque de prises de risques. Il est néanmoins de bon ton de saluer les quelques envolées vocales de Gilmour sur les refrains de «In Any Tongue». Cela permet de remuer quelque peu ce qui jusqu’ici peut être perçu comme un album très (voire trop ?) sage. De plus l’orchestration plus présente sur ce titre offre un soutien bienvenu à la composition et par ce biais un regain d’épique très appréciable.

Cette sensation se dissipe malheureusement  bien vite avec l’arrivée du 7ème titre, «Beauty». Cette ballade instrumentale d’une qualité certaine échoue néanmoins à passionner et à emmener l’auditeur par la main dans son univers. Il faudra attendre la chanson suivante pour desceller une réelle bonne surprise dans l’avancée de cet album. «The Girl In The Yellow Dress» est une chanson fortement teintée de blues et qui tranche complètement avec les autres titres. C’est un pari réussi pour David Gilmour qui mari ici son timbre de voix unique avec la chaleur qui se dégage de cette chanson aux accents chauds. Cela marque un renouvèlement assez salvateur au sein de l’album. On notera particulièrement la présence d’un saxophone, interprété par Colin Stetson, et qui sert avec brio  l’ambiance colorée de cette composition.

Les deux derniers titres de l’album nous replongent dans l’univers familier de David Gilmour. L’introduction du titre «Today» offre un duo Chœurs et Orgue assez intéressant, tandis que «And Then…» vient clore sobrement ces quelques 51 minutes de musique.

 


 


En conclusion, Rattle Than Lock est un album qui peine à fédérer son public autour de lui. Bien sûr c’est un travail soigné et impeccable du côté de la production, mais depuis le temps que David Gilmour sort des disques on est en droit de considérer que c’est la moindre des choses. Non, le réel bémol qui flotte sur cet album c’est bien cette sensation d’avancer dans un univers sans risques. On aimera ce qu’on entend mais sans vraiment s’y accrocher pour de bon, mis à part quelques instants de bravoure. L’immersion dans l’univers de Rattle Than Lock est limitée et on peine à s’y installer confortablement. Sensation notamment renforcée par le fait que l’intégralité des dix compositions se finissent par un Fade Out (la musique continue et le volume baisse progressivement jusqu’au silence) ce qui accentue l’idée qu’il n’a pas été jugé utile d’écrire de «vrais fins» aux morceaux, ou qu’ils ont simplement été un peu bâclés. Rattle Than Lock présente au final un travail honnête et de bonne facture, mais qui ne se hissera surement pas aux côtés des œuvres les plus remarquables de ce grand monsieur Gilmour.

PS : Comme on ne va pas se quitter comme ça, je vous laisse découvrir le clip récemment sorti de la fameuse chanson "Rattle Than Lock", car si on peut effectivement émettre des réserves sur la musique, le clip lui se révèle être d'une qualité avérée ! Bon visionnage.

Martin ROIGNOT

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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