The Doors – The Doors (1967)

Prenez place dans la DeLorean…88mph, dans quelques secondes nous serons en 1967 !
Pof !

1967. 4 janvier.
Un nouveau groupe fait son apparition dans les bacs aujourd'hui. The Doors,  un quatuor américain qui a déjà fait quelques scènes à Los Angeles, sort aujourd'hui son premier album, chez Elektra records.

L'album s'ouvre sur le très rythmé, "Break on Through (To the Other Side)". Un morceau plein d'énergie, qui vous fera rentrer directement dans le vif du sujet. "Break on through" permet surtout de découvrir la grande particularité des Doors : l'orgue sur lequel pianote Ray Manzarek, qui est au moins aussi électrisé que son instrument !  Les percussions sont discrètes, mais toujours présentes, si bien que c'est John Densmore qui donne le rythme.

"Soul Kitchen", démarre sur une intro assez lente, elle aussi menée par l'orgue de Manzarek. La voix se fait plus traînante puis presque criarde dans le refrain…Jim Morrison semble en avoir sous les cordes vocales ! Le solo de Robby Krieger colle parfaitement à l'atmosphère décomplexée et enjouée du morceau…Mais plus frappant, les Doors, non contents de mettre en avant la voix de leur chanteur, sont surtout taillés sur mesure pour les textes de Morrison.

Cette impression se confirme d'ailleurs avec "Crystal Ship", véritable poème, construit en 4 quatrains : Morrisson, poète décomplexé, semble vouloir inventer la littérature rock ! Et avec ce troisième morceau, les Doors nous font décoller pour de bon, en nous embarquant dans leur ballade...Paradoxal ? Et pourtant, on suit Morrisson et sa bande dans ce délire.

The Doors - San Fransisco (1966)

Avec "Twentieth century fox", retour au rock pur et dur, avec une intro à la guitare, tout ce qu'il y a de plus entrainante. Un peu plus d'originalité dans la scansion et un peu plus de rythme…On accroche ou pas au solo de Krieger, un poil passe partout. Les Doors ont l'air plus à l'aise dans 'leur style' que dans celui-ci, pourtant plus conventionnel !
On aura d'ailleurs la même impression en face B, avec "I looked at You".

Retour en face A, pour l'excellente reprise d' "Alabama song"…qui n'a rien à voir avec celle de Bertolt Brecht ! Quand celle des Doors donne l'impression d'être sérieusement alcoolisée, celle de Bertolt nous endormait. Une petite touche de rock, et surtout le rythme du clavier qui nous fait tanguer, tituber, redonnent un sérieux coup de jeune à la chanson. Une reprise de génie, qui nous fait entrapercevoir la force des Doors : ils font ressentir la musique…

Le génie se poursuit avec "Light My fire", chanson tantôt entrainante, tantôt apaisante…jusqu'au moment où Jim s'exclame. Une bonne dose d'énergie, communicative, s'échappe du morceau et de sa voix. Encore une belle réussite pour le quatuor, peut être la meilleure. De longues parties instrumentales, pour ce morceau de 7mn, qui semble presque s'arrêter, avant de reprendre et de nous embarquer en Orient, avec des sonorités hindoues. Plus aucun doute, les Doors ont réellement une identité ! La rengaine du début revient, tout comme la voix de Morrisson

Allez on fait tournicoter le vinyle, c'est parti pour la face B ! En ouverture une seconde reprise, un blues de Willie Dixon, "Back door man"…ou plutôt une réinterprétation. Du blues au rock, certains ne voient qu'un pas : entre le blues de Dixon, et le rock de Morisson…il y a un monde ! Là encore, la voix, enragée, y fait beaucoup mais les arrangements de la bande contribuent à l'atmosphère mi-oppressante, mi-entraînante du morceau. Une nouvelle reprise, qui montre bien le potentiel du quatuor…Les cris de Morisson suprennent…mais on les sent justifiés ! Constante variation de l'ambiance : calme, criarde, un silence, un nouveau rythme, un cri…les Doors ont suffisamment de talent pour nous surprendre.

The Doors at Ondine (1966)


"End of the night", nouveau poème de Morrison, une véritable ballade tourmentée. Et, là encore, l'atmosphère est communicative, mi-sombre mi-dérangeante. Les textes de Morrison nous emportent…mais on se demande quand même il va pêcher ces délires !

Nouveau changement d'humeur : on se lève et on danse avec "Take it as it comes". Les Doors mêlent savamment des parties franchement rock (le refrain) à leur propre sauce, avec des sonorités franchement hindoues cette fois !

On reste en Inde avec "The End", le dernier morceau de cet album, mais aussi le plus long, au texte le plus dérangeant,…et probablement l'un des meilleurs. Au carrefour de leurs influences, à grands renforts de sonorités hindoues et de percus en intro, les Doors semblent vouloir nous dire au revoir.

Les séances de méditation du groupe ont du porter leur fruit : on sent l'encens quand on écoute "The End". Apparemment Morrison a du respirer un peu trop 'd'encens' ou devrait passer quelques heures sur le divan du bon Freud, vu la teneur de ces propos. La musique s'emballe finalement, jusqu'à devenir un capharnaüm organisé, dans lequel Morrison scande "kill ! kill ! kill !". Et sur un dernier refrain, dernière accalmie, les Doors s'en vont.

Un album surprenant, comme vous l'aurez compris. Mais avec un tel talent et une telle énergie, on peut tout accepter des Doors ! On sent déjà le rock en pleine évolution, et le quatuor aurait tout intérêt à suivre sa route, quitte à s'éloigner de la voie toute tracée par leurs aînés…Quant à nous, espérons simplement que la prochaine surprise des Doors est pour bientôt !

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NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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