Evanescence – Evanescence

Sans nouvelle des Américains d’Evanescence depuis la sortie de The Open Door (2006), ce quatrième album était attendu non sans impatience par le public. Un public qui depuis Fallen (2002) n’a cessé de s’agrandir : 14 millions de copie vendues, des heures innombrables de passages en radio…Et aujourd’hui, c’est Evanescence, sorti chez EMI, qui tombe dans les bacs. 

L’opus s’ouvre sur le single, déjà très entendu « What you want« . Une intro à la batterie, assez simpliste et la voix d’Amy Lee envahit l’espace musical. Vous attendiez la rencontre entre Britney Spears et Slash avec impatience ? Vous adorerez le premier single de la galette ! Le morceau mélange sans complexe gros riffs de guitare saturée, son ‘électro-house-clubbing-guetta’ et une voix pleine de reverb. Le tout pour un effet spécial venu d’ailleurs !

Après ce premier morceau qui, vous l’aurez compris, n’a rien d’exceptionnel, Evanescence fait…du Evanescence. Des intros sans surprises (« Made of stone »), des guitares ultra-saturées au son gras, une voix trop transformée (en particuliers sur « The Change »), une batterie qui reste en retrait, un piano qui surgit de nulle part, tout comme les quelques passages de violon… bref de quoi plaire aux fans du groupe !
 

Evanescence, nouvel albul 2011 - Chronique album


Amy tente quelques montées dans les aïgus, qui passent bien (« My heart is broken ») mais elle n’a décidément pas les capacités vocales d’une Tarja (ex-Nightwish) ou d’une Sharon den Adel (Within temptation), ce qui limite forcément les capacités musicales de la petite bande.

On note d’ailleurs un certain manque d’originalité dans les mélodies et des thèmes récurrents dans les paroles. Evanescence n’a pas changé de recette ! « The Other Side » confirme cette impression de déjà vu, avec un motif de gratte sympathique, mais désespérément conventionnel, tout comme la batterie ! Platitude des mélodies, manque de créativité musicale, Evanescence a décidé de ne pas sortir des sentiers battus.

Quand la guitare arrête ces riffs bien gros et gras, c’est pour laisser place au piano tristounet… Le tout semble taillé pour séduire les auditeurs néophytes, qui se laisseront probablement avoir par cette version édulcorée de métal féminin.

On retrouve un peu d’espoir avec « Erase this » : le piano suraigu crée une atmosphère plus angoissante et avec moins d’effet sur sa voix, Amy gagne sérieusement en crédibilité, et le morceau en cohérence. Mais avec « Lost in Paradise », on retombe dans le plus pur ‘style Evanescence’. Le morceau reprend le rôle joué par « Even in Death » dans Fallen : longue intro au piano, voix traînante et thème mièvre… jusqu’à l’arrivée du violon et des coups de tonnerre (ALERTE : ceci n’est pas une image). La suite de l’album reste dans les clous avec « End of the dream » et « Oceans » aux airs de déjà-entendus…

La bonne surprise de l’album reste « Sick » qui, un peu perdu au milieu de ce mélange insipide, est la touche pêchue et originale de cette album : Amy ose enfin l’originalité dans la mélodie, sa voix est beaucoup plus naturelle, on entend enfin  Will Hunt se déchaîner sur ses fûts, la guitare envoie des riffs un peu moins consensuels que sur le reste de l’album… Bref, un bon point (sur douze) pour le quintet.

Pour le dernier morceau, « Swimming Home », on a oublié la batterie et récupéré une boîte à rythmes. On se retrouve dans un univers atmosphérique, évaporé, évanescent (haha)… Petite impression de s’être perdu dans un bar lounge, option musique insipide, sons artificiels, voix idem. Il ne se passe strictement rien… Evanescence s’évanouit, sur cette note dénuée de metal, de rock et même de roll…

Le groupe n’a pas touché à sa marque de fabrique : un style téléphoné, redondant, des grosses guitares qui feront croire aux néophytes qu’ils ont découverts le metal, des textes aux sujets éculés (des histoires d’amour tragiques, une vie de malheur, l’incompréhension du monde), des mélodies assez plates… Bref, un cruel manque d’originalité, malgré quelques intros/solos sympathiques.

Mais n’est-ce pas justement la force du groupe américain ? C’est cette ‘patte’ qui leur a justement permis de se propulser tout en haut des charts et de conquérir un public de néophytes… Même s’il n’est pas de notre goût, un groupe comme Evanescence tend une passerelle toute bénéfique entre les ondes FM et une scène metal trop méconnue du grand public.

En faisant du metal édulcoré, les Américains parviennent à vendre. Si cela peut motiver de gros labels à signer de vrais metalleux, et si cela peut inciter les gens à découvrir le metal… c’est toujours ça de pris ! 

Note : 4,5/10

NOTE DE L'AUTEUR : 5 / 10



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