Skunk Anansie – Anarchytecture

Si les discothèques n’étaient pas vouées complétement à l’electro dance, c’est sur le premier morceau d’Anarchytecture que j’aimerais danser, « Love someone else » est parfaitement entêtant, disco rock, court et au beat percutant. Total, je ne vais jamais en boîte, préférant écumer les quelques clubs rock restants… Sur ce morceau, la grande Skin y est tout en retenue, mais en retenue sexy, tremblante mais pas vacillante, troublante et envoutante, alors oui, l’invitation d’aimer quelqu’un d’autre se fait autoritaire et d’entrée d’album, on s’accroche à ce nouvel effort du groupe de britrock. L’album sortira le 15 janvier prochain et sera suivi d’une tournée…

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Skin dès le second titre, « victim », nous dit être victime de l’amour de celui qui la rend accro… On reste dans le même thème, dans la même langueur aussi, un album très cul, pousse au vice. On a envie de se dessaper et de s’entraîner à repeupler le monde sur Anarchytecture, un élan vicieux les parties de guitares lancinantes de Ace, les trainées de chœur de la chanteuse à la boule à zed, et on se laisse aller au stupre. L’orgasme viendrait progressivement, même si l’on prend déjà notre pied au troisième morceau « Beauty is your curse » mais je vous dis qu’on peut jouir à répétition pendant la durée des 11 titres qui composent ce sextoy musical. L’enchaînement des morceaux est étudié pour la diffusion constante d’hormones.

Et l’on se reprend même quand l’amour s’éteint, en tristesse, dans « Death to the lovers ». La tension sexuelle a toujours fait partie de Skunk Anansie que j’ai connu, ado, en entrée de lycée, à partir de Stoosh avec ses sensuels « Infidelity » et « Hedonism ». Là, 20 ans plus tard et un trou dans 10 ans dans les années 2000 pour tenter de placer des albums solo, le groupe passe peut-être un cap sans être racoleur, pourtant, on passe « In the backroom », où je peux vous éviter les détails de cet hymne disco rock… Cul, je vous disais, et ça me manquait, me ferait presque penser au « Body langage » de Queen, où le groupe se prélassait, en cuir et torse poil en boîte humide et chaude…

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La seconde partie de l’album nous fait sortir du plumard avec leur « Bullets » pétaradant et percutant qui permet de reprendre de l’énergie, de bouger, de crier, de se libérer en chantant avec ses chœurs, et leur puissant, rapide, efficace « That sinking feeling » de finir de donner le ton. La perle viendra certainement de « Without you » qu’on imagine bien passer à la radio. Bien qu’il puisse surprendre par sa structure, les meilleurs sauront programmer ce morceau original, particulier, qui prend aux tripes. On revient aux racines hard rock du groupe avec « Suckers ! » un instrumental court et tout roulant qui nous emmène vers le grand final avec « We are the flames », sous forme d’hymne rock. Grand final qui n’en est pas un et on aurait préféré qu’il conclue énergiquement ce volume musclé et sexy de Skunk Anansie. Non, la fin est une ballade, « I’ll let you down », Skin, après nous avoir chauffé à blanc, nous laisse tomber, car « not just good enough » alors que nous étions des victimes consentantes.

Yann Landry

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NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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