Telegram – Operator

Après un single remarqué et quelques années à tourner dans des clubs de Grande-Bretagne, le quatuor londonien sort son tout premier album, Operator.

Le télégramme, c’est un peu l’ancêtre du SMS : ça consiste en un petit message qui annonce une nouvelle importante, mais version imprimée et qui arrive avec un jour de retard.
Au final, Telegram porte bien son nom rétro et nous apporte une nouvelle importante qui va réjouir les fans de glam-kraut-psyche-proto punk (oui, rien que ça): un premier album.
Le groupe propose une actualisation d’une musique qu’on aime mais qui commence à dater, s’inscrivant dans ce genre de groupes nouveaux qui font dans le vintage et qui l’assument à font.
 

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Rien qu’à leurs dégaines et leur looks de Velvet Underground qui auraient rencontrés Black Sabbath (il suffit de regarder la vidéo de leur premier single « Follow » pour voir de quoi je parle), on comprend direct que les gars veulent affirmer haut et fort leur volonté de se resservir dans la marmite du vieux rock pour trouver l’inspiration. Ils sont là pour proposer de l’indie rock vintage et ils le font savoir.

Selon la légende, le groupe se serait formé il y a trois ans, lorsque Saunders (guitare/chant), Wood (guitare) et Cook (batterie), ivres, jouaient « Needles In the Camel’s Eye » de Brian Eno. Soudain ils se sont dit « eh, et si on montait un groupe dans ce genre ? » et c’était parti.
Petit fun fact concernant Brian Eno d’ailleurs : avant de former Telegram, Oli Moon (Basse) et Matt Wood (guitare) étaient tous les deux dans un Tribute Band de Roxy Music, appelé Proxy Music. Et ça s’entend un peu.

Le quatuor londonien a fermement posé les bases d’Operator pendant leurs quelques années passées en tant de groupe. Leurs premiers concerts se sont fait dans un magasin vintage puis sur la radio nationale en envoyant un enregistrement de leur musique le tout grâce à un iPhone à Marc Riley (BBC Radio 6 Music). Ils ont ensuite acquis une plus forte notoriété en tournant notamment avec les Palma Violets.

Parlons maintenant des influences du groupe, qui se retrouvent dans Operator. Telegram, c’est un habile mélange entre du glam type New York Dolls, du psyché à la Syd Barrett, du Punk comme le proposaient Buzzcocks ou même les Ramones, et du rock plus contemporain qui rappelle The Strokes, Miles Kane (avec qui ils ont tourné en 2014 d’ailleurs) et même un peu The Hives.

Les membres de Telegram proposent un rock puissant, tonique et élégant, qui alterne entre des riffs abrasifs et un chant affirmé, éléments que l’on peut retrouver par exemple sur « Rule one », « Insite/Outside », et « Godiva’s here ».
”¨Les atmosphères psychédéliques à souhait sont aussi ultra présentes tout au long de l’album, particulièrement sur « We’ve got a friend » et « Telegramme » qui font péter la reverb comme jamais, ou encore « Follow », un titre qu’ils avaient déjà sorti sous forme de single en 2013.
Mention spéciale aussi pour les lignes de basse très efficaces et le chant à l’accent gallois très prononcé de Matt Saunders qui relèvent parfaitement d’un bout à l’autre de l’album ce bon repas vintage que nous propose Telegram.

Telegram s’inscrit donc dans ce type de groupes indiscutablement rétros, mais qui, au lieu de nous resservir toujours le même son, propose une touche de modernité agréable dans un paysage de l’indie vintage trop souvent insipide. ”¨
C’est donc un très bon premier album avec de très bonnes influences, qui espérons sera suivi d’un prochain peut être quand même un peu plus audacieux. 

Crédit photo : Pooneh Ghana

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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