Ange – Au-delà  du délire (1974)

Un mcfly digne de ce nom ne pouvait pas s’empêcher de faire une petite chronique flashback (to the future) !

Petit flashback donc sur un album de fort bonne facture, le bien nommé « Au delà du délire » du groupe français Ange.

Après s’être fait connaître avec leur reprise extra-terrestre de Brel « ces gens là », présente sur leur précédent album « le cimetière des arlequins », ainsi que leurs prestations scéniques hors du commun, le groupe des frangins Décamps, à l’origine plutôt rock prog, prend un nouveau virage qui va se révéler assez enrichissant.

Enregistré en l’an de grâce 1974, l’album surfe allègrement sur la vague folk de l’époque, incarnée alors par des groupes tels que Malicorne ou bien Alan Stivell. En résulte un album détonnant, entre modernité rock et fantaisie médiévale.


Ange

D’entrée de jeu, le ton est donné avec « Godevin le vilain », mélangeant couplets plaintifs et refrains plus musclés. Une introduction en finesse, qui a la bonne idée de ne pas dévoiler toute la richesse de l’album, préférant la sobriété à un brusque et efficace K.O.

On sera servi en rock pêchu dès « Les longues nuits d’Isaac » via une intro toute en guitares saturées. Rageur et sombre, le chant nous jette dans la fosse aux lions sans perdre une certaine subtilité avec ses couplets enchanteurs emplis d’une poésie fort appréciable (« Ennui, toi qui m’enveloppe de ton étoffe en pluie d’argent », miam!).

Le dernier « cri » du chanteur vient alors s’écraser sur l’inquiétante étrangeté de la chanson-ovni « Si j’étais le messie », fable d’autant plus cruelle que criante de vérité (on aurait presque de la peine pour notre bon vieux pote Jésus !).

S’achevant dans un brouhaha dissonant et glauque, la chanson est coupée nette sur une phrase étranglée et assassine. Viscéral.

Un retour au calme et à la sérénité s’impose, et c’est chose faite avec la très belle « ballade pour une orgie », perle mélodique par excellence.

« Exode », qui  clôture la première face du vinyle, nous propose une longue intro grandiloquente, en forme d’opéra rock pour mieux s’enchaîner avec une guitare bien folk,  nous entraînant alors dans une musique légère et aérienne, puis sur un final dantesque, ponctué par des cors héroïques et une rythmique galopante.


Ange - Au-delà  du délire - 1974

S’ensuit « la bataille du sucre » et ses paroles hallucinées, donnant la part belle aux organistes qui n’en demandent pas moins.

« Fils de lumière » est quant à elle plus classique, du rock prog pur jus, avec un final efficace sans être très original. Même le chant nous laisse sur notre faim, des paroles quelques peu poussives n’aidant pas l’affaire. Qu’importe, car après une transition aussi sublime que maîtrisée vient « Au delà du délire », qui est sans aucun doute la chanson la plus folk et médiévale de l’album, et peut-être aussi la plus allumée. Dommage que l’outro n’apporte rien et quoique honnête fasse plus tapisserie qu’autre chose.

On sent clairement à travers cet album que le groupe prend véritablement ses marques et trouve un son bien à lui. L’album de la maturité sans doute, en tout cas, qui marque la découverte d’une patte  qui marche et qui nous entraîne pour notre plus grand plaisir dans un ailleurs fantasmagorique riche et coloré.

Bref un album à (re)découvrir, d’une période désormais révolue mais toujours aussi diablement attrayante.

McFly

PS : quand je parlais de prestations hors du commun, je pensais à ça, et ça vaut vraiment le coup d’oeil!

 


 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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