Printemps de Bourges – 13/04/2016

Début aujourd’hui de notre dossier complet spécial Printemps de Bourges 2016. Chaque jour de cette semaine vous pourrez découvrir dans nos pages du webzine Rock nos live reports des concerts marquants de ce festival aussi bien en In que en Off, car à Bourges pendant la semaine du Printemps, c’est toute la ville qui est vouée à la musique.

Aujourd’hui on débute avec le 13 avril, avec le reportage de nos correspondants, Mathieu Artaud et Julien Oliba.

Le début du festival est toujours le même, le passage à l’accueil média pour récupérer le précieux sésame : le pass à poinçonner chaque jour, et le fameux tote bag avec toutes les infos nécessaires, planning du IN, des découvertes, du OFF… Les traditionnelles retrouvailles des différentes lieux, l’espace pro, le 22, et des fidèles adeptes. L’absence du Magic Mirror, de la Table d’Harmonie et le temps pluvieux sont sur toutes les bouches. Qu’importe rien ne nous arrêtera, place aux concerts !

TOP 3 CONCERTS :

Mathieu : LA YEGROS, LA CANAILLE, MANSFIELD.TYA
Julien : LA CANAILLE, THE LIMANANAS, HOLY TWO

FAITS MARQUANTS :

– Bourges = pluie comme chaque année
– Les très nombreux checkpoints sécurité et une queue interminable pour accéder aux salles
– Le W en regain de forme, son meilleur, show light plus digne d’un grand festival

Début de la journée avec les découvertes des Inouïs pop/rock.

Angel

Julien : Anthonin Ternant (The Bewitched Hands) se présente seul sur scène pour ce nouveau projet, affublé d’ailes en carton tel un ange déchu le médiator du destin dans les mains. On pénètre rapidement ce nouvel univers  avec le magnifique « Angels turned around », une théâtralité parfaitement maitrisée autour de conflits d’entité mystique orchestrés par des jeux de lumières et d’ombres. Loin de la pop orchestrale, Anthonin livre ici un set très personnel à la fois créatif et visuel dévoilant toutes les palettes de cet artiste talentueux.

Holy Two

Mathieu : Le duo lyonnais, trio pour la scène, pénètre dans le 22 avec la délicieuse voix soul d’Elodie, intro en espagnol « La Tal ». Le public est séduit d’emblée. Découvert sur le Mouv’ il y a quelques années (merci Nico Prat) sur « Rush », la version live est imparable. Charisme et show millimétré par coach Monsieur Philippe Prohom, qui a fait du super boulot, les voix et les guitares aériennes « Undercover girls », ou carrément pop électro dansant « Face it », Holy Two impressionne sur toute la ligne. Il ne leur reste plus qu’à se hisser au même niveau dans les productions studios, et le groupe va exploser au grand public, c’est une certitude. Les découvertes commencent très fort, les groupes qui suivent vont devoir se montrer à leur meilleur.

Louis Aguilar

Julien : Le quatuor mené par son leader à chemise à fleurs, casquette vissée sur la tête distille ici les pépites de son dernier Ep It’s all gonna be fine. Sur scène, on s’éloigne des paysages boisés nord-américain, la folk épurée laisse place à des arrangements plus pop, les guitares s’aèrent, prennent de nouveaux espaces, et nous surprennent même à s’aventurer sur des sentiers aux rythmes fleurant bon la country. Fort de déjà 4 albums à son actif, nous connaissions déjà le talent de songwriting de ce crooner et quel plaisir de constater ce même talent pour retranscrire les ambiances changeantes de ses morceaux en live.

Faik

Julien : L’ancien chanteur de Fake Oddity est de retour avec Sharr Moutains, un premier EP aux accents pop folk dont le nom renvoie aux montagnes du même nom au Kosovo. Autant les sons et vidéos glanés sur le net en version solo m’avait de suite séduit avec ces belles envolées vocales, une douce légèreté, des ballades tout en finesse rappelant celles de Bon Iver. Autant sur scène, le voyage proposé n’est pas à la hauteur,  on est bien loin du périple initiatique avec cette formation à 4 qui ne semble pas en place. On mettra ca sur les conditions difficiles de la scène des régions et on va tout de même suivre ce projet de près.
Poursuite de la balade sonore dans le OFF, sur la place Séraucourt, quand il n’y a rien d’intéressant dans le IN, les autres scènes prennent le relais.

La Canaille

Mathieu : Le groupe que je voulais absolument voir de nouveau sur les planches. Averses, orage, rien n’arrêtera La Canaille face à un public hagard mais attentif. Et il faut l’être pour encaisser les mots incisifs et précis de Marc Nammour. Début de la leçon par « Quelque chose se prépare », on est immédiatement dans l’ambiance, la prose lourde « Redéfinition », le propos devient combat contre la flamme « Jamais national » à coup de guitares tranchantes. Encouragement à participer aux #NuitsDebout, textes parfaitement maitrisés, les coups de poings de Marc tapent toujours juste. On regrettera juste l’absence du monument « Omar » avec Sergio. Assurément le concert du festival et le groupe le plus intéressant du rap français actuel !

I am Stramgram

Julien : Dans son capharnaüm de chambre d’ado, Vincent Jouffroy alias I am Stramgram construit une electro folk comme un collage d’enfant superposant les couches de guitares et les textures vocales. Des mélodies aériennes que viennent réveiller un jeu de batterie minimaliste lorsque son vélociraptor stoppe sa lecture pour prendre le chemin des futs. Un univers personnel et atypique qui fonctionne parfaitement.

Ibrahim Maalouf

Mathieu : Un concert entier d’un trompettiste, quelle idée ? Ibrahim Maalouf n’est pas n’importe lequel, il a un son incroyable, comme personne, et sur scène, il est accompagné par des musiciens hors pair. Le show est grandiose, que ce soit les fameux « Red & Black light » ou « True story », véritables fresques musicales, ou l’excellente improvisation finale. Toutefois si sa sympathie est débordante, le silence entre les chansons serait parfois plus judicieux, les multiples relances pour chauffer le public sont inutiles et maladroites. Laissons place au show qui, lui, est irréprochable. Succès amplement mérité. Le grand spectacle du festival.
Petit détour au 22 pour voir la fin de Norma, trop statique, et manquant de « bouteille ».

Ibrahim Maalouf, Printemps de Bourges 2016

Theo Lawrence

Mathieu : Profitant du revival soul / blues, Theo Lawrence propose une version bien exécutée, et une belle voix grave charmant le public. Puisant ses influences en Amérique du Nord, le français s’affranchit des frontières et convainc facilement avec ses premiers titres « Count me in tomorrow », et le récent « Heaven to me ». Une jolie découverte à creuser sur album. Retour au W.

Theo Lawrence, Printemps de Bourges 2016

Louise Attaque
 

Mathieu : On les attendait de pied ferme, Louise Attaque de retour sur les grandes scènes, ce soir dans un W complet. Gaétan, Arnaud, Robin et le petit nouveau à la batterie démarre un set parfois poussif dans les premières minutes mais qui déclenche l’hystérie avec « Ton invitation », reprise en cœur par un public aux anges. Evidemment les tubes du premier album font mouche, que ce soit « Amour », « Léa », « Les nuits parisiennes », « Savoir », « Arrache-moi », et bien sûr « J’t’emmène au vent ». Mention spéciale pour « L’insouciance » du dernier album, touchante, et l’énergique « Tu dis rien » issu du second album dans une très belle version dynamisée. C’est d’ailleurs ce que je reproche au groupe, qui a cédé à la facilité, peu de réarrangement, contrairement à la tournée précédente qui donnait une seconde vie aux plus vieux morceaux. Dommage. Après rien à redire le groupe est éclatant sur scène, même si toujours aussi statique, la communion est belle. 20 ans et pas une ride !

Louise Attaque, Printemps de Bourges 2016

Mathieu Artaud et Julien Oliba

Crédits photos : Antoine Monegier du SorbierDenoual CoatlevenJean-Philippe Robin 



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