Cosmic Trip Festival – day one

Les 5, 6, 7 et 8 mai dernier – durant le fameux « pont de l’ascension » donc -, le Cosmic Trip Festival fêtait ses 20 ans dans sa bonne ville de Bourges. La Roller Association et par le fait, ses quelques 120 bénévoles, n’ont pas pour autant atteint l’âge de raison…
20 groupes – japonais, américains, italiens, danois, espagnols, canadiens et j’en passe – en moins de 3 jours, ça c’est du crazy rock n’roll show ! Récit Va-va-voum de la soirée du 6 mai !

The Love me nots - Cosmic Trip Festival 2016 - © Alain Marie

Parmi les quelques 3740 comics trippers et trippeuses qui s’étaient donc donnés rendez-vous au centre de la France, pour ce Davos de l’internationale garage, il y avait tout de même un bon paquet de berruyers. Comme à chaque édition du Cosmic, ceux-ci ont eu grand peine à reconnaître leur austère palais des congrès, transformé pour l’occasion en temple du rock vintage. La file d’attente non plus ne ressemblait guère à celle qui se presse d’habitude pour Holyday on ice ou le dernier comique troupier à la mode. De vieux punk rockers pétris d’autodérision, se moquent tout de même de l’âge moyen de leurs voisins de file, pas si éloigné de celui des habitués du lieu… « Y parait qu’ils ont fait 300 places en plus cette année » assène l’un deux. Une info exclusive et de bon augure pour une manifestation résolument atypique. Car le Cosmic ne se limite pas aux concerts, dans la salle proprement dite ou dans une salle de conf’ reconvertie en « jungle room », scène plus exiguë et beaucoup plus « hot »… Les allées et une partie de la salle s’offrent aux stands du Rock n’roll Market. Des vinyls et voire des labels, des fringues, des gadgets vintage et même un atelier de relooking pin-up. Sans oublier un bar bien pourvu et même des dégustations d’huître, petits blancs et apéros en journée ! De quoi vraiment vivre « back to the future » pendant un long week-end. Et ils sont nombreux à ne pas s’en priver, arborant des look résolument bad boy sixties, limite clones des Ramones pour certains…

Premier groupe de ce 20eme Cosmic Trip, les japonais de Minnesota Voodoo Men fondent tels des kamikazes, sur la Jungle Room. Sans cette tête brulée de Papy Boyington pour nous empêcher de reprendre en choeur leurs refrains banzaï, le trio a eu tôt fait de nous enrôler dans son escouade. Tirés à quatre épingles dans leurs costards verts flashy, ils distillent un rock garage outrageusement surf rock. Le guitariste, banane au vent et littéralement monté sur ressort balance des soli à la Chuck Berry, voire à la Hendrix (il m’a semblé reconnaître le riff de « Crosstown Traffic »). Le batteur est à ranger dans la catégorie Duracell et le chanteur / bassiste est tout aussi survolté que ses deux camarades. Ça donne un set ultravitaminé pour lequel ils remettront le couvert ensuite, des dingues ces nippons ! Direction la grande scène pour le groupe suivant.

Je n’écris pas « grande » par pure galéjade ; l’ouverture doit bien sûr dans les 15 mètres, au bas mot… Un terrain de jeu idéal pour des musicos qui-n’en-veulent donc. Ce n’est pas vraiment le cas des italiens de Go!zilla, qui de mon point de vue – et je n’étais pas si mal placé – n’occupent pas vraiment le terrain. Sans doute un déficit d’expérience scénique de cette configuration, voire peut-être aussi au manque de charisme de guitariste chanteur, un peu gênant pour un garage qui sent bon le cambouis punk… Tout le contraire des danois de The Defectors avec leur imposant frontman, lunettes et gilet de cuir noirs et un clavier inspiré sur son hammond. Bon, comme le précise le dossier d’presse, les gaziers ont une dizaine d’albums au compteur et ont bien bourlingués. Leur garage punk est donc encrassé juste ce qu’il faut.

Après un passage à la Jungle Room pour voir ce roublard de King Khan jouer la diseuse de bonne aventure pour mieux attirer les filles dans ses filets, je me décide à aller fureter backstage et à écluser quelques godets par la même occase. Eh, vous croyez quoi ? Que l’on joue les rock reporters pour vous « retranscrire avec fidélité un concert où-vous-êtes-pas-allés-d’abord » ? Des clous, c’est juste pour picoler avec les musicos ! Mon poto le crankdandy m’avait bien susurré de me réclamer du boss de Josstone Trafic, booker des Morlocks pour leur soutirer une interview à la Mad Mask, mais je jugeais mon amerloque trop hésitant pour tenter le coup. Des fois qu’ils n’entravent que dalle à mes blagues et qu’ils le prennent mal, je n’aurais même pas été fichu de comprendre si j’allais m’en prendre une ou pas… Allez savoir pourquoi en me retrouvant assis sur un canap’ à côté de la délicieuse Christina Nunez, bassiste des Love me nots, la barrière de la langue me sembla d’un coup tout à fait surmontable… Et que je te complimente sur ta tenue vestimentaire, que je te donne des tuyaux de visite sur Paname, je devrais peut-être envisager de me reconvertir en chroniqueur mondain finalement… N’écoutant que mon sens du devoir – et anticipant le mail incendiaire du rédac’chef si je lui fourguais ce genre de came au retour (ndrenchef : Tu m’étonnes, Elton !) – je réintegrais un peu tardivement, les rangs de la Jungle Room pour assister au set du néerlandais King Khan et de son complice BBQ Show. Je serai honnête avec vous pour changer, ce que j’ai vu ne m’a pas trop « transcendu ». Le bonhomme est réellement énorme avec sa tenue pseudo SM et sa perruque peroxydée . Son set fleure bon le punk rigolard mais à la longue, sa performance en duo ne vaut pas – si j’en crois les live sur le net – ses sets avec The Shrines.

Je réintègre fissa la grande scène pour The Legendary Shak Shakers tout droit venus de Nashville et définitivement avec les Love me nots, les meilleurs performers de cette soirée. Le jeu de scène du Colonel J.D. Wilkes, le chanteur et harmoniciste fait inévitablement songer à Iggy Pop. Pas seulement parce qu’il se met torse-poil, fourre son harmo dans son slibard, sort un peigne de son jean et se rectifie la raie capillaire ou parce qu’il saute partout tel un marsupilami en rut… Mais bien pour son énergie incroyable ; « what kind of pussy are you ! » nous balance-t-il, visiblement insatisfait de nos réactions au vu de leur prestation. Et surtout pour sa façon totalement punk de jouer de son instrument ! Même s’il est sans nul doute l’âme de ce groupe, le guitariste Rod Hamdallah, casquette vissée sur le crâne, tire également son épingle du jeu et le duo Mark Robertson à la contrebasse et Bert Whitacre aux drums, assure avec brio la rythmique.

Je vous disais plus haut que le set de The Love me nots était largement à la hauteur de leurs prédécesseurs, mais précisons que leur style est beaucoup plus glamour… Christina Nunez, indémodable petite robe noire et grand feutre fashion, affichait certes une moue boudeuse et sexy à la Wednesday Addams. Mais le groupe from Phoenix, Arizona, est aussi emmené par la sublissime Nichole Laurenne. Chevelure corbeau comme sa consoeur, bottes de cuir, chemisier corseté et mini-mini jupe d’un noir tout aussi troublant, la chanteuse organiste électrise littéralement les mâles de la salle. Je ne suis certainement pas le seul à souhaiter me réincarner un jour – si Notre Père Elvis me rappelle à lui – dans l’orgue Farfisa de Nichole, pour qu’elle me chevauche et qu’elle me malmène tout autant que lui… Nichole est une frontwoman d’exception ; séductrice avec le public, espiègle avec la bassiste et complice avec Michael Johnny Walker, guitariste et co-fondateur du combo. The Love me nots n’est pas seulement un groupe exemplaire quant sa parité (avec donc Jay Lien aux drums) ; ce sont surtout de vrais héritiers d’un garage sixties, auquel ils donnent une seconde jeunesse en le dynamitant façon punk.

Dernier groupe de cette soirée, The Morlocks, légende du garage et en activité depuis 1984, sont une des têtes d’affiche du Cosmic. Ces seniors qui en ont encore drôlement sous la pédale d’accélérateur, vont nous gratifier d’un set d’une bonne heure et enchaîner non-stop des hymnes garage plus punk que jamais. Le frontman Leighton Koizumi, allure et postures de shaman secoue son scalp en tout sens, agite ses maracas avec une frénésie d’épileptique et gueule d’une voix puissante dans son mic’. Est-ce parce que je me trouve aux pieds de Oliver Pilsner – également bassiste des Fuzztones -, qu’il me semble que c’est lui tout particulièrement, qui donne le tempo… Les deux guitaristes, situés tous deux aux extrémités de la scène assurent pourtant tout autant. De charmantes danseuses, au look de pin-up barbarellesque font leur apparition sur scène, réveillant notre libido déjà sérieusement ébranlée lors du set précédent. Pour calmer le jeu, je décidais de grimper sur les côtés de la scène ; pour filmer bien entendu, pas pour les admirer de plus près, cela va s’en dire… Et derrière qui est-ce que je me retrouve ? Nichole et Christina qui au vu de leurs déhanchements extatiques, semblaient fort apprécier The Morlocks. C’en était trop pour mon vieux coeur ; je décidais de sécher la DJ Party où officiait notamment mon poto Mike Turner des Frères Beat. C’est qu’il allait falloir assurer le lendemain pour la seconde soirée de ce vingtième Cosmic Trip Festival.

Un grand merci au Cosmic Trip Festival et à Alain Marie pour sa photo de The Love me nots !
 



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