Main Square 2016 – Jour 2

La pluie n'est plus qu'un mauvais souvenir. Dès l'aube, la ville et la communauté urbaine d'Arras ont déversé des tonnes de paille, de sable et de copeaux de bois pour recouvrir le champ de boue. C'est donc les pieds au sec que les festivaliers entament cette deuxième journée.

Armé de son dernier album en date (Things Will Matter), Lonely The Brave ouvre sur la Main Stage. Malheureusement, le chanteur David Jakes ne semble pas concerné et reste incroyablement statique, casquette vissée sur la tête. Très peu de regard pour le public, dommage. Pourtant, le rock alternatif proposé par le groupe sait se faire puissant et émouvant ("Science").

Sur la Green Room, Bear's Den, beaucoup plus impliqué, n'a nulle difficulté à prendre le public par la main. Sur le sol, la paille sied bien à cette ambiance toute particulière. Les mélodies folk s'apprécient au soleil, une bière à la main. Une douceur à fleur de peau qui tranche avec le tremblement de terre qui se prépare sur la Main Stage...

Mass Hysteria a conquis Arras. Et le challenge était de taille. Mouss se met la foule en poche sur les premières notes. Et ce sourire... Le set est beaucoup plus ramassé, une heure cela défile vite. "Chiens de la Casse" ouvre le set. Dans les premiers rangs, les Furieux qui se sont déplacés en nombre, imposent un rythme soutenu pour le festivalier lambda. "Vae Soli", "World on Fire" et "Une Somme de Détails" ne calment pas le jeu, alors que Mouss se lance dans un slam timide ("WOF"), histoire de chauffer les esprits avant "P4"... Toujours joué au cœur de la foule, le morceau marque un tournant (…) dans le concert et fait chavirer les quelques réfractaires restants. La figure imposée du circle pit intrigue les nouveaux venus en terre Metal. La communion manifeste entre un groupe et son public séduit.

Le tour est joué, l'armée des ombres accueille de nombreux nouveaux fidèles. Bon esprit, positif à bloc, Mass s'impose. Les classiques "Contraddiction", "Donnez vous la peine" et "Respect To The Dance Floor" terminent la campagne de recrutement. "Plus que du Metal" apporte son premier Wall Of Death sur le Main Square. Pas aussi impressionnant que sur le Hellfest, mais tout bonnement énorme pour un public non initié. Mission remplie. "Furia" peut enfin mettre le feu dans les cerveaux pour, sans doute, ne plus jamais les quitter. La leçon.

C'est donc dans une atmosphère festive que Walk Off The Earth prend la suite. Étonnante succession de reprises, souvent originales, le live laisse néanmoins de nombreuses personnes sur le carreau, réfractaires à l'exercice. Parfois incongrues, souvent sincères, ces drôles de réinterprétation s'accompagnent d'une interaction constante avec le public. Sympathique, mais dispensable ?

Sur la Green Room, Flavien Berger, le chouchou des Inrocks, distille son electro psyché avec une aisance toute naturelle. Des instants de grâce fascinants, une timidité et une sensibilité touchantes, une réelle fragilité. L'exact opposé du tout millimétré et du sens aiguisé du service après-vente de Marina Kaye, trop à l'étroit dans son costume de femme. Vite, retour sur la Main Stage.

The Offspring, c'est un peu notre adolescence à tous. Des hymnes fédérateurs que l'on hurlait en soirées torchées. On avait quinze ans, Dexter et Noodles n'étaient « pas beaucoup plus vieux ». On était potes et on se marrait bien. En 2016, on a tous vieilli, mais l'on se retrouve avec plaisir pour se remémorer les bons souvenirs. On n'a pas ramené notre vieux skate pourri et nos Jordans trouées, mais ces instants délectables de notre jeunesse sont parfaitement ancrées alors que résonnent les premières notes de "Come Out And Play"... Le public répond immédiatement en se prenant 22 ans dans les dents. Dexter n'a plus ses dreads. On a du bide, mais une bière à la main. Sur scène, le groupe est beaucoup plus prévisible qu'auparavant, sûr de ses effets avec une communication toute américaine... Seul, Noodles sort des traditionnels « merci, on vous aime ». Mais dans la foule, compacte, l'excitation des retrouvailles est réelle. On s'amuse, on se bouscule (quand on peut), on trinque, on beugle comme des porcs dans la rue, on fait le malin, on chante à peu près, putain on a 15 ans.

Et même si les vieux messieurs sur la scène n'en ont parfois rien à carrer de nous, le live sonne comme un retour salvateur aux racines. "All I Want", "Bad Habit", "Hit That", "Why Don't You Get A Job" (intro délectable reprise à l'unission par tous, oui une bière à la main), "Pretty Fly (For A White Guy)", "The Kids Aren't Alright", "Self Esteem" (le triplé final gagnant) restent tout de même des monuments dans nos souvenirs. Malgré un sens de la communion parfois hasardeux, The Offspring au Main Square, c'était sacrément fun !

Place à la tête d'affiche de la soirée : Macklemore & Ryan Lewis. Des réclamations ? Le duo hip hop assure le spectacle avec une entrée grandiloquente. Carré et professionnel, le show est total avec danseurs et musiciens additionnels. Même si nous ne sommes pas le cœur de cible, car à part "Thrift Shop" et "Can't Hold Us" nous ne connaissons pas grand chose, force est de constater que le Live tient la route. Dont acte.

Enfin, Birdy Nam Nam et ses tables de mix prolongent le plaisir d'une journée fort agréable où la pluie n'a pas eu droit de cité. Au lit !

Crédit photo : Elise Schipman 



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