Rock En Seine 2016 – Jour 3

Dimanche 28 août, dernier jour de Rock En Seine cru 2016. Si la météo annonce officiellement la fin de la canicule, ce n’est pas pour autant que la fraîcheur est de retour, loin de là. Le Domaine de St Cloud sera sec, c’est déjà ça, pour nous autres les vieux qui n’ont plus l’âge de courir dans la boue. Après deux jours de festival, l’organisation est bien rodée. Aucun problème d’accès, pas de difficulté pour entrer, les insupportables palpations d’usage restent acceptables, bref, tout est prêt pour une journée de rock’n’roll, alors let’s go!

Blues Pills
 

La journée commence chaudement, calmement. Et quoi de mieux que du Blues, tranquillement installé à l’ombre, avec un léger rafraîchissement… Les suédois(es) de Blue Pills, devant un public qui arrive doucement, mettent leurs guitares en avant, et sortent un concert dans la pure tradition des Blues slow-hand tendance heavy.

Festival, Paris, 2016, St Cloud
Photo © Robert Gil


Le son est excellent, mais la chaleur et le soleil poussent les premiers arrivants sur le site vers l’ombre à gauche de la scène (ou à droite suivant comment on regarde… les puristes diront au balcon), donnant cette allure étonnante de concert devant un public tout en latéralité. Blues Pills, toujours sur son tapis, nous gratifie d’un show parfaitement calibré pour un début d’après-midi. Pas forcément surprenant, mais bien exécuté, avec des guitares en forme, et une voix qui sait chercher la puissance.

Festival, Paris, 2016, St Cloud
Photo © Robert Gil

SetList :
High Class Woman
Astralplane
Black Smoke
Little Sun
Lady in Gold
Little Boy Preacher
Elements and Things (Tony Joe White)
You Gotta Try
Devil Man 

Il fait toujours aussi chaud, il est l’heure d’aller voir ceux qui viennent du pays où le soleil brûle tout, Imarhan.

Imarhan
 

Toujours dans le blues (décidément le thème de ce début d’après-midi), c’est au tour des Touaregs de Imharan de faire vibrer la scène « Pression Live ». Après une petite marche qui nous fait traverser le site, et une tentative d’agression auditive quasi-réussie de la part d’un adepte du karaoké mais pas de la musique, nous voilà dans la place.
Et là, le blues du désert est bien présent.

Festival, Paris, 2016, St Cloud
Photo © Christophe Crénel

La guitare, bien sûr, d’abord. Lancinante, hypnotique, riffs enivrants, pas envie de bouger. Les chants, les percussions (la calebasse sonne divinement bien), toujours pas envie de bouger. On ferme les yeux, on se protège tant bien que mal du soleil, et on écoute les 5 musiciens endormir tranquillement le public, jusqu’à ce qu’une accélération dans le plus pur style Gnawa ne mette certains spectateurs en transe.

Festival, Paris, 2016, St Cloud
Photo © Christophe Crénel

Le rock touareg, popularisé par Tinariwen, reste très répétitif, et pour tout dire assez difficile à suivre dans la durée. Le concert s’achève doucement, comme il a commencé. Il fait encore et toujours chaud.


Sum 41
 

Après un moment passé avec Pogo Car Crash Control (à lire bientôt sur La Grosse Radio, stay tuned… teasing insupportable!), il est l’heure de quitter le monde du blues et de son confort ouaté, et d’aller voir les grosses guitares de Sum 41. Les adolescents ont grandi, mais les fans de la première heure conservent visiblement un souvenir ému de leurs années lycée. Un peu punk, un peu skate, un peu pop, les Canadiens ont marqué le début des années 2000, de leur gros son qui tâche et qui fait peur au parents. Maintenant les ados ont grandi, et la pelouse du Domaine de St Cloud est pleine à craquer de trentenaires/quadras nostalgiques, venus en pélerinage. Et signe d’un éternel recommencement (et signe de Rock en Seine aussi), de nouveaux lycéens viennent grossir les rangs d’un public conquis d’avance.

Festival, Paris, 2016, St Cloud
Photo © Olivier Hoffschir


L’intro du concert consiste en une bande son, mélangeant en toute humilité Carmina Burana, AC/DC, James Brown, et quelques autres, le résultat étant assez déroutant: Mais quoi-t-est-ce-t-il donc qu’il va se passer ? On le sait très vite: Arrivés en courant sur scène, d’entrée, le groupe fait parler la poudre, avec deux extraits de leur troisième album, Does This Look Infected?. Le public semble apprécier… Enfin, une partie du public, car Houston, on a un problème… Alors que le son de Rock en Seine est d’une manière générale de très bonne qualité au regard des conditions (ça reste du plein air…), le concert de Sum 41 pâtit d’un son carrément pas à la hauteur. Agressif, trop d’aigüs, ou trop de basse, toujours est-il que, hormis les fidèles massés au plus près des barrières, une certaine partie du public quitte ostensiblement les lieux, pour aller vers des zones plus calmes.

Festival, Paris, 2016, St Cloud
Photo © Olivier Hoffschir


Votre serviteur et ses cages à miel trop sensibles se voient obligés de fuir, les accouphènes commençant à attaquer sévère, et c’est donc protégé par quelques arbres et une bonne centaine de mètres que la suite du concert sera vécue. Cette protection sera d’autant plus efficace que, pour éviter l’agacement du public lors d’interminables séances d’accordage de guitare, les canadiens ont décidé de se passer de cette phase. En gros son ça passe encore, mais en mode power-slow… ça décape un peu… Mais sur le fond,  ce n’était d’ailleurs pas désagréable du tout, Sum 41 a fait… du Sum 41, mais pas que! Un peu à l’instar de leur dernier passage au Trianon en février dernier, nous avons eu droit à quelque reprises, soit juste l’introduction (« Smoke on the Water », « Seven Nation Army », pour montrer quelques riffs rigolos), soit carrément en entier, avec « We Will Rock You » en version guitarisée avec solo métal inclus. Ce moment fut d’ailleurs surprenant, la force du mocreau venant de la puissance du riff de batterie, mais il faut reconnaître que l’ajout d’instruments s’est révélé plutôt réussi.

Chance, le concert a été intégralement filmé, donc il y a moyen de revivre l’évènement. Un clic, et c’est partie pour une heure de gros rock (où même sur une prise de son et d’image direct-console, on s’aperçoit de la faiblesse qualitative sonore… mais bon…). Go, go, go!

Setlist :
 Intro
The Hell Song
Over My Head (Better Off Dead)
Fake My Own Death
Underclass Hero
With Me
Motivation
Grab the Devil by the Horns and Fuck Him Up the Ass
We’re All to Blame
Walking Disaster
Pieces (with Smoke on the Water/Brain… more )
We Will Rock You (Queen cover)
Still Waiting
In Too Deep
Fat Lip

Fin du concert. Après un rapide remplissage d’estomac, il est temps d’aller voir la scène Ile De France, où Pogo Car Crash Control se prépare, mais ça on en reparlera plus tard (quel suspense!).

Puis… Puis.. Puis…
Ladies and Gentlemen… L’inventeur du rock, l’icône, le sulfureux, le toujours vert… Ce’st l’heure de Iggy Pop !

 

Iggy Pop
 

Cette fois, pas de place pour le hasard, il fallait être là tôt pour avoir la chance d’être à moins de 10 mètres de la scène. L’air s’est rafraîchi, mais pas l’ambiance, survoltée. Il est presque 20 heures, et voilà que s’avance Iggy, torse nu et jean (qu’il ne descendra pas… signe des temps…), pour un « I wanna be your dog » de la première heure. A la guitare, point de Josh Homme: le guitariste des Eagles of Death Metal, déprogrammés en raison de propos de Jesse Hughes, accompagnait pourtant le groupe sur plusieurs dates de la tounée…

Malgré cette absence remarquée, les musiciens sont solides, et envoient le feu. Iggy Pop n’est pas venu en simple touriste faire la promo de son dernier album. Non, il est là en mode « best-of », la preuve en est que, hormis « Gardenia », il n’y aura aucun morceau de Post Pop Depression, mais tous les grands morceaux qui ont fait l’histoire du rock sont bien présents. Les 3 premiers orceaux, « I wanna be your dog », « the passenger » et « lust for life », mettent littéralement tout le monde d’accord : Iggy Pop est le roi.


Photo © Robert Gil


Très en forme, la silhouette toujours aussi reconnaissable, le poids des années ne semble pas un problème. Certes la peau n’est plus la seule sur les os, mais le cheveu vole toujours au vent, et tout est bon pour aller au plus près du public. Iggy ne tient pas en place, prend des poses suggestives, ou court le long de la scène, ou fait sa gymnastique : il est toujours en mouvement. Bon OK tu l’as compris, l’auteur de cet article n’est pas forcément très neutre dans cette histoire, mais il tient à conserver une certaine objectivité. C’est donc tout naturellement que ce concert se classe parmi le top 10 de l’année, sans hésitation.


Photo © Robert Gil

Et le public… Et bien étonnament, là où la scène envoie le feu, le public reste sage, très attentif. Bien sûr on voit passer de temps à autre (assez souvent quand même) quelque festivalier emporté par la foule, qui le traîne, l’entraîne, et danse une folle farandole. Bien sûr Iggy Pop ne faillit pas à sa réputation, et invite une certaine Anne-Charlotte à le suivre sur scène. Mais la folie rock’n’roll reste sur scène, concentrée autour du nombril du monde, cete année bien centré autour de la grande scène de Rock en Seine.


Photo © Robert Gil

Un peu plus d’une heure pour nous faire revivre presque 50 ans d’une carrière affolante, au nombre de titres légendaires astronomiques. La setlist (voir un peu plus bas) est simplement édifiante : Et oui, l’homme à la peau de lézard a, à lui tout seul, réalisé une part importante de ce qui a donné le punk, et beaucoup d’autres mouvements à guitare énervée. A presque 70 ans, celui qui n’a rien d’un papy continue son oeuvre, sans concession. Tout au long du set, la tension ne faiblira pas, et c’est sur un dernier « Down on the street » très stoogien que l’iguane tire sa révérence. Provisoire n’en doutons pas, à bientôt mec!


Photo © Robert Gil

A noter que l’intégralité du concert a été capté, alors si tu aimes, tu cliques !

Setlist :
I Wanna Be Your Dog
The Passenger
Lust for Life
Five Foot One
Sixteen
Skull Ring
1969 (The Stooges song)
Sister Midnight
Real Wild Child (Wild One)
Nightclubbing
Some Weird Sin
Mass Production

Rappels
Repo Man
Search and Destroy
Gardenia
Down on the Street


Peaches
 

Après Iggy Pop, difficile de passer à autre chose sans passer par un sas de décompression. Celui-ci sera finement houblonné, et nous amènera tout naturellement sur la scène « Pression Live », voir le phénomène Peaches. Vers 22 heures 30, une fois que les plus jeunes festivaliers sont repartis, et qu’il n’y a plus de mineur sur les lieux, Peaches peut enfin monter sur scène. Ou monter la scène, comme on veut. Electro minimaliste, ultrabasse, Peaches développe un concept trash underground, provocatrice sans limite ou presque.

Festival, Paris, 2016, St Cloud
Photo © Christophe Crénel

Le spectacle est hyper sexuel. Accompagnée de 2 performers, un barbu filiforme tombé d’un porno des années 80, et une danseuse explosive, Peaches ne recule devant aucune limite, aucun tabou. Que ce soit dans un pénis géant au-dessus de la foule, ou entourée des performers habillés en vagin, ou encore en simulations diverses, tout y passe. Mais au-delà de ces extravagances, on a également droit à un vrai concert, avec une voix puissante et des basses électro percutantes.

Festival, Paris, 2016, St Cloud
Photo © Christophe Crénel

Une heure de concert, quelques hymnes que les spécialistes auront reconnus, une température qui tombe sauf sur la scène, Peaches a proposé un set qui a comblé les inconditionnels. Forcément très électro, punk dans son genre, Peaches a réussi à donner une belle fin à cette journée.

Setlist :
Rub
Operate
Vaginoplasty
Talk to Me
Mommy Complex
Pickles
I Mean Something
I Feel Cream
How You Like My Cut
Dick in the Air
Burst!
Boys Wanna Be Her
Fuck the Pain Away
Light in Places

Il est bien tard en ce dimanche soir, il est l’heure de reprendre le métro, et de rentrer à la maison, pour un repos bien mérité après cette belle journée. Curieusement l’accès au métro se fait sans encombre, sans grosse foule, et si les vigiles de la RATP ne s’étaient massés derrière les tourniquets pour effectuer leur contrôle (un peu superflu étant donné les circonstances…), cela aurait été parfait.

Rock en Seine, c’est fini pour cette année.

Découvrez notre Gros Dossier lundi 19 septembre !

Merci à Rock En Seine, à l’organisation, à Ephélide, pour nous avoir permis de couvrir l’évènement.
Merci aux photographes pour leurs clichés:
Robert Gil (Blues Pills, Iggy Pop)
Christophe Crénel (Imarhan, Peaches)
Olivier Hoffschir    (Sum 41)  
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe



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