Fabulous Sheep et Bootchy Temple : A september night in Bastille !

Que je vous l’dise d’entrée, afin que les choses soient bien claires entre nous. Lors du dernier Printemps de Bourges, les Fabulous Sheeps m’avaient été chaudement recommandés par notre vénéré Rédac en chef, avec des arguments réellement imparables et au vu de la photo qui accompagnait son mail, extrêmement contendants… Je le soupçonne en fait de vouloir implanter une triade bitteroise à Paname. Et franchement, j’avais bien fait d’écouter mon sens inné de la survie en milieu musicalement hostile, car ces p’tits jeunôts de Béziers furent vraiment mon coup d’coeur du off berruyer.

Lorsque j’ai vu que les Fabulous sheep allaient se taper plus de 700 bornes pour venir jouer au Supersonic, nul besoin de recevoir un cercueil miniature en guise d’invitation, je bloquais immédiatement ma soirée. Mais voilà-t-y pas que nos camarades de Howlin Banana Records organisent le même soir à la Mécanique Ondulatoire, une fiesta avec les bordelais de Bootchy Temple, un groupe de « paisley underground ». Oh oh, mais c’est ce qu’elle figurait pas dans ma momenclature personnelle cette case-là… Je me devais d’investiger ! Heureusement Supersonic et Méca à Bastoche, c’est à peine à un jet de cannette de binouze.

Les Fabulous sheep étaient chargés d’ouvrir le feu ce soir là, deux autres groupes leur succèdant au Supersonic. Ils se demandaient tout de même s’ils auraient un peu de monde devant eux, à une heure où la France termine à peine son calendos en même temps que son journal de 20h… Ils furent vite rassurés car même s’il y avait bien quelques bitterois parmi le public – une triade, j’vous dis, ils commençent à trois et en cinq sec, ils contrôlent tout l’arron – les parisiens avaient bien répondu présents ! Attirés par la réput’ de bêtes de scène que nous leur avons taillé à la Grosse Radio ? Ou peut-être parce qu’un groupe engagé mais pas-que-dans-ses-paroles, ça pouvait en titiller certains et certaines… Lorsque l’on refuse de jouer dans les salles dépendantes d’une municipalité réactionnaire, que l’on a fait le choix de monter sa propre asso pour ne rien devoir à personne et qu’on programme illico deux groupes de hip hop lorsque le premier édile décrête ce genre musical, musica non grata dans « sa » ville, c’est bien de résistance qu’il convient de parler. Une vrai rock attitude dont certains devraient s’inspirer. Tandis que d’autres, plus aguerris qu’eux, devraient également prendre des leçons de jeu de scène…  
 
La fougue de la jeunesse n’explique pas tout ; peu de groupes donnent autant en live tout en demeurant ultra efficaces et proches du public. Celui-ci ne s’y trompe pas et s’enflamme dès le premier titre. L’hommage de Piero aux grecs victimes de la Troïka BCE-UE-FMI sur « Athenian streets » semble être mieux compris et plus apprécié que par le public berruyer des Trois petits cochons ; la différence sans doute avec des festivaliers… Piero et Timothée, chanteurs et guitaristes, se passent volontiers le ballon, alternant duo ou lead, chacun avec sa personnalité, mais indéniablement complémentaires de part leur complicité. On ne voit que lui sur les vidéos sur lesquelles il parait dominer la scène de sa stature, Charles fait figure de pilier inébranlable à la basse et comme le fait remarquer un fan sur leur page Facebook, Jack son compère à la batterie, s’agite lui comme Animal le batteur des Muppets ! Gabriel, passant avec aisance du clavier au saxo alto, fut la cerise sur mon gâteau ; ses intros et ses riffs apportent beaucoup au son Fabulous. Si vous trouvez que j’en rajoute sur leur furie scénique ce soir-là au Supersonic, matez cette photo. Quelque chose me dit, qu’ils auront toujours vingt ans les Fabulous… Ils sont tout sauf des moutons, tout en refusant de hurler avec les loups !

Pas le temps donc de féliciter les Fabulous Sheep pour leur set, je chargeais Jack assis dehors, littéralement à bout de souffle, de transmettre mes salutations à ses collègues et traçais direction la Méca pour les Bootchy Temple. Arrivé à la bourre pour « Les chiens de faïence », je taillais une bavette avec un autre vieux rocker, venu lui aussi pour investiger sur ce genre inconnu à notre bataillon, le « paisley underground ». J’avais bien remarqué un plus chenu que nous, descendre avec dignité l’étroit escalier qui mène à la salle de la Méca, toque de fourrure à la russkof sur la tête et canne à la main. Mais j’ai vraiment cru avoir une hallu en le voyant s’installer à la batterie tandis qu’un trio de guitariste trentenaires et un bassiste montaient à sa suite sur la scène. Et ce senior rocker, véritable serial-batteur parvint à tenir la dragée haute au mur de gratteux durant toute la durée du set et a même tombé le tee-shirt comme tout tapeur de futs qui se respecte ! Et le « paisley underground » alors… Bah, si j’vous lâche que Brian Jonestown Massacre est cité comme référence sur la page Facebook de la soirée, vous y entendez un peu plus clair ? En fait, de vous à moi, ça ressemble à du bon vieux rock psyché, genre très en vogue ces temps-ci à la Méca et ailleurs et donc déjà l’objet d’un revival dans les années 80 aux States… Mon voisin, fin connaisseur me glissait entre deux morceaux que celui des trois guitaristes qui trustait le micro, était de loin meilleur que ses petits camarades. Ma science de la six-corde étant plus que limitée – d’autant qu’une douze était de plus présente ce soir là – je lui laissais le mot de la fin… Avisant Tom de Howlin Banana Records, je m’empressais de le congratuler pour sa soirée. Faut peut-être que je fasse gaffe quand même, à féliciter tout le monde dans ce live report, on va croire que je suis en campagne électorale !



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