Kansas – The Prelude Implicit

16 longues années, c'est le temps qu'il aura fallu aux américains de Kansas pour se décider à composer un nouvel album. Après deux décennies de tournées incessantes, un changement de frontman discutable et des sorties de compilations en tous genres, c'était assez inattendu. C'est donc mêlé d'excitation et d'appréhension que l'on se jette sur le nouveau venu, The Prelude Implicit.

Kansas, c'est le monument du Prog américain. Celui qui en 74 pouvait aisément rivaliser avec les géants britanniques du genre tels que Genesis ou Yes. Malgré les déboires typiques des années 80, amenant une phase Pop où le groupe a du mal à sortir la tête de l'eau, chacun de leurs albums suscite un intérêt, et les voir revenir en 2016, près de deux décennies après un Somewhere To Elsewhere au constat mitigé, ça représente son lot d'émotions.

Pourtant, le départ de Steve Walsh a apporté ses appréhensions. On ne s'attendait plus à la moindre sortie, se disant que le groupe allait enchaîner ses dernières dates avant de tirer sa révérence. "With This Heart" est donc autant rafraîchissant qu'apprécié. Ce titre d'ouverture est à lui seul la réelle promesse du retour du groupe. Et pour cause : on avait pas entendu Kansas sonner comme ça depuis Monolith, en, 79. Les sonorités, les arrangements musicaux, les changements de rythmes, la présence très prononcée du violon, tous les éléments, jusqu'à la production très orientée 70's, nous font une piqûre nostalgique.


Source photo : erieevents.com

Si Kansas ne propose pas de pièce progressive qui représentera le joyau de l'album, les mélodies sont suffisamment entêtantes pour nous tenir en haleine tout au long de l'écoute. Sans retrouver l'immensité de leur talent alliant pièces anthologiques telles qu' "Aperçu" ou "Icarus" et rock efficace sur "Carry On Wayward Son" ou "Down The Road" , The Prelude Implicit est un condensé de bons titres qui nous restent en tête, interprétés par des musiciens aux talents jamais disparus. La frappe lancinante de Phil Ehart n'a rien perdu de sa superbe, et Rich Williams sublime chacune de ses interventions.

Le rythme reste assez lent, met en place ses ambiances, et prendra une once de folie à partir de "Camouflage", proposant également des passages plus improvisés, où David Ragsdale dévoilera son génie. 16 ans plus tard et sans aucune attente du public, Kansas renaît, prouve qu'il peut encore créer des compositions solides, et se fait plaisir. Malgré le fait que le timbre de Ronnie Platt se rapproche énormément de celui de Steve Walsh, le nouveau vocaliste sait faire honneur à son poste et s'évade dans des titres qui lui sont propres. Kansas fait donc honneur à sa réputation en proposant ce qui sera peut-être leur dernier album, et un effort d'une qualité certaine, qui restera plus dans les mémoires que le contenu offert plus tôt.
 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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