Green Day – Revolution Radio

4 ans après la déception qu’était leur dernier album, les américains de Green Day reviennent sur le devant de la scène avec Revolution Radio. L’occasion de voir si une réelle révolution a eu lieu, comme le promet le titre, ou si nous sommes toujours dans le trip passéiste de Uno!Dos!Tre!

L’avantage d’un groupe comme Green Day, c’est qu’avec une réputation qui n’est plus à faire, et qui permet de remplir de grosses salles à la simple mention de son nom, on n’a plus besoin de se fouler à faire de bons albums. C’était du moins le constat de Uno!Dos!Tre! qui n’avait comme ambition que le fait d’être un triple album et proposait un contenu plus vide qu’un épisode de Walking Dead (attention, écrit engagé).

Forcément, ce Revolution Radio était attendu comme l’album censé remonter la barre. Et autant couper le suspense tout de suite, ce ne sera pas le cas. Tout y sonne faux, voire malhonnête. De l’introduction sur « Somewhere Now », où l’arrivée des grosses guitares semble tout aussi molle que l’entrée en matière censée représenter un crescendo, au titre éponyme tout droit sorti d’un adolescent en rut qui pense qu’en faisant le rebelle, il aura son premier coït alors qu’il fuira à toutes jambes dès que l’intéressé(e) sera à moins d’un pas. Et ce « J’ai 44 ans mais je joue comme si j’en avais 14 », c’est marrant, ça fait penser à Blink-182. En pire.

Parce que Blink, ça a toujours été adolescent et bas du front, alors on ne leur en voudra pas de ne pas avoir réussi à se faire pousser des neurones pour composer quelque chose de correct. Green Day, c’est une autre affaire. Depuis American Idiot – voire Nimrod, soyons honnête -, le groupe a su évoluer, se rapprocher d’un rock certes plus radiophonique mais également efficace et inspiré, avec de surcroît des morceaux plus longs, flirtant avec des variations progressives (à leur échelle, évidemment, mais « St Jimmy » et « Jesus Of Suburbia », qu’on l’admette ou pas, c’est du prog !). Malheureusement, l’effort d’un instant éclairé ne sera qu’une expérience unique, et si 21st century breakdown tient malgré tout la route, il sera une bien piètre suite, et le début d’un glas vite sonné.


Source Photo : mashable.com

Ici, on ne peut même plus parler de régressif : on est en plein devant cet ado boutonneux et débile qui nous hurle sa pseudo rébellion et qui ne s’entend plus à l’urinoir tellement il doit affirmer qu’il est un dur pour avoir l’impression d’en être un. Tout est teenage : des nappes de guitare en 4/4 garage que même Angus Young trouverait simples aux paroles acnéennes teintées de sous-politisation. Sauf que beugler dans un micro « La guerre c’est mal » et « Trump est un con », ce n’est pas être militant, c’est avoir un soupçon de jugeote, et encore heureux que les gamins de Green Day en aient un minimum. Sinon, ils se retrouveraient à ne même plus pouvoir composer un rythme correct, et ça ressemblerait à du vrai punk.

Car d’ailleurs, cette étiquette punk qu’on leur a collé (le « californien », comme si on pouvait affilier une idéologie révolutionnaire à des groupes qui prônent la beauferie en permanence dans des bagnoles pimpées par un porte-bijou), ou plutôt qu’ils se sont collés, on a clairement plus envie de la voir dans leur catégorisation. Green Day est un désormais un groupe de pop rock tout au plus, et ce Revolution Radio qui se veut retour aux sources est plutôt une insulte aux fans qui iront en masse les voir à l’Accorhotel Arena. Pour de toute manière attendre un « Boulevard Of Broken Dreams » ou un « Wake Me Up When September Ends ». Le monde est mal fait. C’est ça, ta révolution radio ? 

 

NOTE DE L'AUTEUR : 2 / 10



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