Beach Slang – A Loud Bash of Teenage Feelings

Philadelphie, dans l’est des Etats Unis, n’est pas vraiment à proprement parler la Mecque du Punk-Rock made in USA. On est plus habitué aux Californiens, New-Yorkais ou groupes de Seattle. Aussi quand Beach Slang, venus de Philadelphie, se présente, on dresse une oreille curieuse.
Un passage à Rock en Seine cette été, une date prévue à la Maroquinerie le 23 novembre prochain, et un nouvel album tout chaud sorti, A Loud Bash of Teenage Feelings, au titre aussi long qu’un repas de famille, beaucoup de raisons de nous intéresser à ce groupe.

Auto-proclamé « punk », les Beach Slang se sont formés en 2013. Un premier album en 2015, puis un second un an plus tard, on ne peut pas dire que le groupe fonctionne à l’économie. La formation actuelle, James Alex (chant/guitare), Ed McNulty (basse) et Ruben Gallego (guitare), tourne avec un batteur intérimaire, suite à un clash avec le cogneur de fûts JP Flexner au printemps dernier.

Mais tous ces aléas n’empêchent pas le trio (plus un) d’enchaîner les dates aux USA et en Europe. Et pour nous faire écouter quoi, je vous le demande ? Hein ?

Et bien, dès le début de l’album, on est confronté à un cruel dilemne. Si la section rythmique fait le taff, si les guitares envoient leur tapis distordu avec force conviction, on est un peu plus réservé sur le chant. En effet, James Alex se complait à chaîner les morceaux avec beaucoup de fuzz dans le micro, l’impression qu’il chuchote ou qu’il hurle dans un micro destiné à un harmonica. « Atom Bomb », qui vient de sortir en clip, en est un exemple flagrant :

Ce qui semble sympa pour le premier morceau devient malheureusement lassant sur la durée. C’est ce qu’on regrettera sur cet album : « Playing Loud, Playing Fast », les premiers mots donnent envie d’aller plus loin, de se projeter la tête en avant dans un déluge de décibels. Mais le compte n’y est pas, on attend la surprise tout au long de l’album, le morceau de bravoure qui transforme un empilage de morceaux en une oeuvre cohérente.

« Punks in a Disco Bar » sort un peu du lot. Sur un riff tout simple, Beach Slang nous offre le morceau le plus abouti de l’album. Le fait que la voix soit audible et moins noyée au milieu des guitares n’y est sans doute pas étranger.

On retrouve bien le côté austère de la côte est des Etats-Unis, en opposition au skate-punk californien, extraverti jusqu’à l’outrance. Un peu grunge, un peu garage-punk, un peu noisy, le son s’articule autour d’un riff de guitare, joué à l’infini ou presque. Et c’est joué avec l’urgence du Rock, comme il se doit : 6 morceaux sur 10 durent moins de 3 minutes, ce qui en tournant sur 3 accords est la norme !

Rock, Philadelphie, 2016, nouvel album

L’album reste agréable, mais sans surprise, l’effet punk de Philadelphie et son cortège de louanges tombent un peu à plat. C’est dommage.
On se consolera en regardant cet extrait de Rock En Seine, qui donnera sans doute envie d’aller à la Maroquinerie le 23 novembre parce que, à Philadelphie comme ailleurs, le rock est avant tout une histoire de scène !

NOTE DE L'AUTEUR : 6 / 10



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