Steve Conte – International Cover-Up

Steve Conte nous balance dans les gencives un nouvel album International Cover-Up! Steve Conte, c’est le gratteux des New York Dolls des années 2000. Une pointure du rock underground New-Yorkais. Et quand il décide de s’attaquer à un album de reprises, on est en droit de s’attendre à un magnifique road movie à travers l’histoire des pionniers de la musique et surtout de notre saint wock ‘n’ wool. Let’s Take A Trip ! On ne devrait pas être déçus…

Pour faire le boulot, Steve s’est adjoint les services de Jeroen Polderman à la batteuse et de Jozz Verheijen à la basse pour revisiter donc un tas de titres qui lui sont chers et qu’il a eu souvent l’occasion de tester en live. Mais voyons de plus près ce que donnent ces relectures de classiques à la sauce Steve Conte.

Steve commence fort en empruntant le « Somebody’s Gonna Get Their Head Kicked In Tonight » de Fleetwood Mac. Pour ceux qui comme moi croyaient que Fleetwood Mac, c’était du rock un peu mou du genou, Steve nous prouve le contraire en exhumant un titre des sixties qui n’a rien à envier aux brulots rock ‘n’ roll façon Stooges.
 

Steve Conte, SG, Blackstar
 

Les Gibson hurlent et Steve s’en donne à cœur joie et dévale les gammes pentatoniques pour notre plus grand plaisir. Ah j’oubliais de vous dire, il a aussi sauté à pieds joints sur la pédale de disto qui est restée définitivement bloquée en position à fond ! Une bien belle entrée en matière remarquée et saluée par Little Steven Van Zandt, le gratteux de Springsteen, dans son émission de radio.

Quand on parle d’album de reprises rock, il faut à un moment croiser le chemin des Rolling Stones. Et là, plutôt la partie Hyde que Jekyll, je fais bien sûr allusion à ce vieux vampire de Keith Richards. Steve Conte se glisse aisément dans la peau du Glimmer Twin et cette relecture transforme « Happy » en un pur rock limite punk. Très bien joué. Un morceau simple et efficace qui donne ses lettres de noblesse au genre.

Après s’être attaqué aux Stones, Steve nous propose de revisiter le pendant « gentil garçon » de la chose rock ‘n’ roll. C’est du coté des Beatles qu’on va porter notre attention ou plutôt du coté de John Lennon. La Les Paul au placard, c’est en version acoustique que Steve s’y colle. Et apparemment, tout seul. Et ça sonne ! Les sons de guitares rappellent les « intros » à la 12 cordes de Led Zeppelin et Steve nous montre sa maîtrise de quelques open tunings bien sentis.

Avec « Venus Of Avenue D », Steve Conte s’attaque à l’esprit punk rock new yorkais. Le standard de Mink De Ville, habitué du CBGB’s garde une touche new yorkaise très marquée. On y retrouve les fantômes du Velvet Underground qui hantent le jeu de guitare de Willy De Ville. Steve Conte nous entraine dans une ballade vers le coté rebelle pour paraphraser ses glorieux ainés. Et autant vous dire que tout au long des six minutes, le morceau gagne en puissance et les Les Paul rugissent fort !

En revisitant Jason and the Scorchers et son « White Lies », Steve se lance dans un pur rock ‘n’ roll mâtiné de country. On se retrouve embarqués du coté de Nashville avec des titres qui empruntent autant à l’âme de la country qu’au punk mélodique.

Quand il fait un clin d’œil au rock ‘n’ roll des pionniers, Steve Conte n’oublie pas de les passer au rouleau compresseur. Eddie Cochran doit se retourner dans sa tombe en voyant la relecture de son « Summertime Blues ». C’est aussi bien foutu que quand Marty Mc Fly reprend « Johnny B. Goode » dans Retour Vers le Futur. La deuxième partie vire au punk fou furieux et rappelle les versions dynamitées de « Johnny B. Goode » mais façon Sex Pistols. Comme quoi, dès qu’on s’attaque à un bon vieux rock bien retro, on part forcement sur de bonnes bases !


 

Chez Steve Conte et ses hommes, « I Don’t Wanna Grow Up » a bien plus à voir avec les Ramones qu’avec Tom Waits. Du bon gros punk mélodique, simplissime et efficace à souhait. Mais quel panard d’envoyer sauvagement un gros riff « ramonesque » ! Steve se permet quelques améliorations, des solos et le morceau dépasse même les trois minutes, une hérésie pour les quatre faux frères. Mais on s’en fout : Allez ! One Two Three Four Hey Ho Let’s Go !

Après « Happy », Steve Conte retourne vers les Rolling Stones avec « Play With Fire ». Un titre de la glorieuse période où les anglais signaient leurs compo Nanker Phelge. Ici, on range les grosses Gibson pour ressortir les acoustiques. Steve nous montre toutes ses qualités vocales pour nous livrer une versions remplie de sensibilité qui nous permet de voir un autre coté de sa personnalité.

 

 

Bon ben voilà, huit titres et puis c’est fini. En tout cas, on aura fait un beau voyage dans l’histoire du rock ‘n’ roll. Et une fois n’est pas coutume, on trouve ici un album de reprises qui n’est pas une preuve de manque d’inspiration mais qui doit plutôt se voir comme un hommage. A ranger a coté de l’album de reprises des Lords Of Altamont avec leur relecture de « Sympathy For The Devil ». Une place de choix…

Steve Conte’s International Cover-Up album release show at Elmun Baari, Helsinki, Finland. September 1, 2016. With guests Michael Monroe and Eduardo Martinez. Hunters’ Akke on drums and Hunters’ Olavi on bass.
 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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