Arno Futur – Cannibal… Tout ce qui nous dévore

Arno Futur est comme le punk, il n’est pas mort.
Pour preuve, l’ex-leader des Sales Majestés nous offre son premier album solo, « Cannibal, les choses qui nous dévorent ». Toujours aussi Punk, toujours aussi engagé/enragé, mais aussi plus personnel, cet album marque un tournant dans la carrière du frontman.
A l’occasion de la Release Party au Chinois de Montreuil, Arno Futur nous a accordé quelques instants pour évoquer cette nouvelle aventure.

Premier album solo, punk, rock, 2016, interview

Photo ©  Cyrille Hervet

Mais avant de partager avec toi cet échange, camarade lecteur, laisse-moi te parler de cet album.
14 morceaux de pur rock’n’roll, à la sauce punk rock bien entendu.

Punk Rock? Et bien, pas tant que ça, en fait. Le travail fourni sur les compositions donne un ensemble très Rock’n’Roll, tout simplement. Loin de la (relative, hein !) simplicité du Punk-Rock, Arno Futur a pris le temps de soigner les morceaux. Moins d’urgence dans les sons, dans les arrangements, pour un résultat beaucoup plus personnel, plus intime.

Alors bien sûr, les thèmatiques révolutionnaires sont bien présentes. Arno Futur reste lui-même, et continue à dénoncer, soit frontalement (« Black Spider », « Je Suis Un Problème »), soit avec un peu plus de finesse, aussi bien la finance que les poubelles qui pourissent aussi bien nos estomacs que nos cerveaux (« Junk Food »).

Premier album solo, punk, rock, 2016, interview

Photo ©  Cyrille Hervet

Mais il nous livre également d’autres facettes de sa personalité. Sa manière d’écrire, tout seul, le soir, avec la jouissance qu’il en retire (« Garage Band »), l’amour aussi (« Mon Amour »), son rejet d’une société qui ne veut pas de lui (« Je Suis Un Problème »).

Et musicalement aussi, Arno Futur s’est émancipé. L’album est rock, simplement. Le Punk-Rock est toujours en ligne de mire, certes. Mais quel plaisir d’écouter « Ici-Bas », une des pépites de cet album, ou encore la version clavier de « Serial Killer », toute simple, véritable mise à nu d’un chanteur habitué à se cacher derrière des gros sons de 6-cordes. Un peu d’électro aussi (« RER »), beaucoup de rock, surtout.

L’album se conclut par une reprise de Mano Solo, « La Révolution / On vous aura prévenu », enregistrée en live avec ses potes des Hurlements d’Léo. Cette version, toute en énergie, est la preuve que, au-delà de l’album, c’est la scène qui a fait Arno Futur, et c’est là qu’il sera toujours le mieux.

Cet album tourne une page, ouvre un nouveau chapitre. Arno Futur se réinvente un univers, plus intime, plus personnel. Du bon rock, qui dit bien ce qu’il veut dire. Insoumis et sensible.

On aime.

Premier album solo, punk, rock, 2016, interview

Il était tard le soir, lorsque nous avons pu échanger quelques mots.
Pour la suite de l’entretien, Antoine Zebra nous a rejoint, ce qui a donné une discussion très riche également, à lire ici.

La Grosse Radio : Comment est né l’album ?

Arno Futur:
Ca fait 5 ans que je travaille sur cet album. En 2007 j’avais créé Juge Fulton Universal Douleur. Les Sales Majestés s’étaient arrêtées. Quand on a repris le groupe, j’avais déjà écrit cet album-là, avec Christophe Crénel. Les Sales Majestés se sont reformées, on a refait des dates, des tournées. L’album a pris un peu de temps pour se réaliser parce que j’étais bien pris avec les Sales Maj’. Quand j’ai quitté le groupe, il y a deux ans, j’ai fini l’album, que j’ai signé sous mon nom de scène, Arno Futur.
Je voulais faire un truc de mon côté parce que je voulais un truc plus personnel. Les Sales Majestés c’était une autre façon d’écrire la musique. Même si c’est toujours dans l’esprit punk, c’est très punk rock. On ne renie pas ses origines !

La Grosse Radio : Quelles étaient tes envies, tes motivations ?

J’ai essayé d’avoir une écriture plus personnelle. Après c’est dur d’expliquer le processus de l’écriture : tu écris, tu as des textes qui viennent, et puis voilà. C’est asez spontané.
Par exemple, « Mon Amour », que j’ai chanté ce soir avec France de Griessen, a été écrit à partir d’une musique. Je voulais écrire un texte sur quelqu’un qui aimait quelqu’un qui n’était pas du même niveau social. Il y a un clin d’oeil au punk qui rencontre quelqu’un qui est un peu différent. Après, l’écriture, il n’y a pas de règle. C’est comme quand je vais en studio, il n’y a pas de cahier des charges.
C’est pour ça que j’ai écrit « Garage Band ». J’ai mon petit logiciel à trois balles qui me simplifie la vie, et le soir je passe des nuits à écrire. C’est pour ça qu’il me monte au ciel, ce petit logiciel. Je ne fais pas de pub pour ça, mais en tous cas j’aime bien le côté Garage Band.

La Grosse Radio : Tu as travaillé seul ?

L’album a été fait en famille, avec mon pote Christophe Crénel, et avec Jean-Pierre, des Reviens Fernande. Il y a un côté très tribu, très famille, c’est important pour moi. Le morceau « Camarade », qu’on avait créé avec les Sales Majestés, c’est le partage. Moi je suis là pour partager, la réussite je m’en fous. Le partage est important, c’est ce qui rend belle la chose. Et puis c’est des rencontres aussi, avec les Hurlements d’Leo aussi, avec qui j’ai fait une dizaine de dates en deux ans. Les accompagner sur un titre comme « la révolution » (« on vous aura prévenu », Mano Solo), c’est aussi un partage. C’est ma recherche, le pourquoi je fais de la musique, et pas autre chose.
La version de ce morceau sur l’album a été enregistrée à l’Alhambra de Paris, et je voulais garder cette version Live.

La suite de l’interview est à lire ici.

Merci Arno Futur pour ces confidences.

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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