Les Soucoupes Violentes – Dans Ta Bouche

Dans quelques jours, les Soucoupes Violentes enflammeront la scène du Petit Bain à Paris en compagnie des Daltons et de Henri Padovani (ex-Police). C’est l’occasion pour La Grosse Radio, qui couvrira le concert, de revenir sur un des albums phare du groupe Dans Ta Bouche récemment réédité par le label Nineteen Something.

En 1987, les Soucoupes Violentes partageaient le devant de la scène punk rock française avec les Olivensteins, les Wampas… C’est l’année où le groupe sort l’album Dans Ta Bouche enregistré par Patrick Woindrich et Jean-Michel Pigeau dans les Studios WW. C’est Marc Police des Wampas qui produit. A l’époque les Soucoupes Violentes, c’est Stéphane Guichard (guitares, chant) avec Denis Baudrillart derrière les futs, Flux à la basse et Aude Legrand aux claviers. Fin 2016, presque 30 ans après, Nineteen Something, le label d’Eric Sourice des Thugs et de Frank Freijnik, fondateur du fanzine Violence, réédite l’album pour notre plus grand plaisir augmenté des quatre titres du premier EP et d’un single.
 

Soucoupes Violentes Dans Ta Bouche

Les deux pochettes de Dans Ta Bouche

Du rock ? Du punk ? Du punk rock ! En tout cas, chez les Soucoupes Violentes, on a le sens du riff ! “Dans Ta Bouche” c’est puissant. Des textes en français sur du rock énervé? C’est possible. Les Soucoupes Violentes nous le prouvent avec ce titre super accrocheur. Pour rester en France, c’est aussi fédérateur que « Ca C’est Vraiment Toi » de Téléphone, mais en version un peu plus cru et plus punk. En entendant ça, on pense aux Dogs, aux Wampas, au punk en général. Quelle belle entrée en matière.
 


On reste dans la langue de Molière avec « Yaourt ». Toujours des mélodies accrocheuses et un clavier un rien psychédélique. Garage punk ! Yeah ! Le français fonctionne encore. Nul doute que les Wampas de Didier se retrouvent dans les Soucoupes Violentes. Pas étonnant que ce dernier soit venu prêter main forte an combo pour un des multiples albums qui suivront Dans Ta Bouche. Avec « La Même Histoire », on envoie encore un riff puissant bien rock ‘n’ roll. Le titre est gorgé d’énergie, de cette énergie qui caractérise tout l’album. C’est punk, c’est sauvage et c’est aussi musicalement super accrocheur.

« L’Indifférent » se pose comme la « ballade » des Soucoupes Violentes. Mais attention, une ballade acidulée voire acide parfois. Ce titre mélangeant français et anglais symbolise toute la dualité du chant des Soucoupes Violentes.

Le punk c’est une des composantes de la musique des Soucoupes Violentes mais le garage sixties n’est pas en reste. Avec « Teach Me How To Shimmy », les Flying Saucers nous montrent qu’elles  maîtrisent aussi la langue de Shakespeare. Le titre présente le groupe avec un coté garage punk puissant. Les mélodies sont aussi accrocheuses que les brûlots des Sonics vingt ans plus tôt. Oui, resituons le groupe dans le contexte, l’album Dans Ta Bouche est sorti, il y a plus de 30 balais ! C’est une reprise d’un morceau du duo de compositeur vedettes Leiber Stoller interprété à l’origine par les Coasters  en 1962 reboosté sévère par les Soucoupes !

« Make You Mine » est aussi dans la même veine garage. En fermant les yeux, on pourrait se croire immergé dans une compil Peebles ou dans les Nuggets chères à Lenny Kaye. « Doing Fine » est encore un  de ces rock ‘n’ roll énervés dont regorgent les sixties. Message simple, super efficace, soutenu par un clavier hypnotique. Les solos n’ont rien a envie aux digressions d’un Chuck Berry au sommet de sa forme. Un morceau comme ça, c’est la base du garage punk. Ca à l’air simple mais il faut vraiment avoir le feeling pour que ça sonne correctement. Et les Soucoupes Violentes le font bien, ça c’est sûr.

« Twistin’ Postman » continue à enfoncer le clou. Des petits chœurs bien sentis pimentent le morceau mais putain que c’est bon ! On a envie de twister avec le « postman » dont on nous parle. On adhère tout de suite, première écoute et on est forcement embarqué. Ca, c’est la marque des grands. La version originale de 1961 des Marvelettes est aussi intéressante mais celle des Soucoupes y rajoute un côté punk.

La réédition Nineteen Something est rehaussée par les quatre titres du premier EP des Soucoupes. Au programme, « Mercenaire », « Capitale et « Déjà Oubliée », trois titres violemment revendicateurs en français qui marquent les débuts du groupe. C’est du punk rock qui déménage. Pour compléter ce trio « Drivin’ Me Insane », une reprise d’un des titres pré-Velvet de Lou Reed alors qu’il officiait avec LA and the Eldorados… Une version bien évidemment bien boostée par les Soucoupes !

Cerise sur le gâteau, la réédition nous offre aussi, « Rester Au Lit », un 45 tours de 1988 jamais paru sur aucun album du groupe. Message simple mais efficace. « Je veux rester au lit, laissez moi dormir ! » Récit sobre mais efficace d’un lendemain de soirée compliquée. Aussi prenant qu’un bon Wampas !
 

Alors si vous aimez le punk, le bon rock garage, n’hésitez pas et procurez-vous fissa ce magnifique album ! La version Nineteen Something propose une séance de rattrapage aux plus jeunes ainsi qu’aux nostalgiques et permet de remettre sur le devant de la scène les Soucoupes Violentes réactivées depuis presque une dizaine d’années par leur leader Stéphane Guichard.

Pour les plus téméraires, poussez le vice jusqu’à aller les écouter « live » ! Pour les parisiens, ça se passera au Petit Bain le 15 février où les Soucoupes Violentes seront accompagnées par les Daltons et par Henri Padovani et ses Flying Padovani’s. Coté province, les bretons auront droit à leur part de gâteau avec une date le 3 mars au P’tit Minou à Brest !
 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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