Demi mondAine – Paris Désert

Si Demi mondAine peut être personnifié par Béa, sa sulfureuse chanteuse côté pile, l’autre face de ce combo montreuillois est Mystic Gordon – son double, son frangin – à la guitare. Avec cette version vinyle de Paris Désert, iIs reviennent – en partie seulement – à l’engliche, après Aether leur premier véritable album (Private parts, leur EP de 2014, alternait lui les deux langues, avec notamment le titre éponyme, un inédit offert gracieusement par Iggy Pop himself). Aether, entièrement en français dans le texte et arrangé par Edith Fambuena, avait déjà transformé l’essai. C’est Laurent Jaïs qui a produit et réalisé ce nouvel opus qui confirme le talent de Demi MondAine et dont le principal défaut est d’être bien trop court.

D’ordinaire, un « Colonel », c’est plutôt pour conclure un festin sur une note sucrée et chargée comme il faut. Béa nous l’offre en hors-d’œuvre à grands renforts de halètements en intro, comme pour mieux donner libre cours à son chant surpuissant, porté par la guitare ravageuse de Mystic. Une voix rauque et subtilement éraillée, si propre à magnifier un texte furieusement éropoétique. « Fume moi bébé / Soulève moi comme cette salope / Venu du ciel un ange d’amour / s’est couché sur ma bouche / Je bois« . 

Si « Enchanteur », avec ses « Paris désert » échos à un « Paris sous la neige« , son riff de guitare typiquement mysticien, rappelle les meilleurs titres de Aether, le pont presque disco – à 1.38 très précisément – annonce la subtile évolution que l’on va retrouver dans les titres suivants. De discrètes touches d’électro parsèment le début de « Like my breathe », superbe ballade qui prouve que Béa est désormais tout aussi à l’aise en anglais, tant pour son écriture que son interprétation. « Opium » débute lui façon Rage against the machine avec un phrasé hip-hop pour glisser en un rock stoogien des plus sauvages.

Demi Mondaine Paris Désert

C’est l’ébouriffant « Junk kiss » qui conclue l’EP et qui s’avère être le morceau emblématique de cette évolution / fusion. On démarre en mode country survitaminé pour dévier vers un rock cold-wave énervé, sur lequel surfent des nappes d’électro, qui servent pour une fois à autre chose qu’à de l’habillage fashion. Notre consoeur et écrivaine Mélanie Fazi de Cargo n’hésite pas à parler de montagnes russes pour ce morceau. Nous le qualifierons nous, de Rollercoaster wak n’roll ! « You can’t stop think of me » nous susurre à l’oreille Béa,… Ceux et celles d’entre vous qui seraient définitivement envoûtés par Demi MondAine et qui seront sur Paris le 1er mars, ne rateront pas la release party de la version vinyle de Paris Désert, prévue au Divan du Monde.

 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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