Tagada Jones – La Peste et le Choléra

20 ans que les Tagada Jones balancent leur Punk-Oï-Métal, crachent leur rage, et distillent leur colère. Et ce n'est pas près de s'arrêter. Pour preuve, La Peste et le Choléra, leur treizième album si on compte les live, ne montre pas de trace de lassitude, bien au contraire. Toujours à fond, les Tagada Jones nous font un joli rouleau de printemps, un rouleau compresseur comme on aime.

"Nous, on a des idées bien arrêtées qu’on défend dur comme fer. Il est pas question de baisser sa culotte."
C'est dans un entretien accordé à la Grosse Radio que Nico Jones, chanteur/guitariste, annonçait la couleur. Et pas d'ambiguité, la culotte est portée bien haut, avec des bretelles en béton armé. Et celui qui verra les Tagada Jones se compromettre, lâcher leurs convictions pour quelques dollars de trop, celui-là n'est pas encore né.

Malgré leurs 20 ans d'existence, un record, Les Tagada Jones collent toujours à leur époque. Très marqués par l'actualité, la plus violente, la plus insupportable, un tiers quasiment de l'album est consacré aux attentats, à la guerre en Syrie, à cette barbarie, à cette haine sauvage. "Vendredi 13", "La Peste Et Le Choléra", qui donne son titre à l'album, et "Je Suis Démocratie", écrite après l'attentat à Charlie Hebdo, autant de cocktails molotov envoyés à la face de ces exterminateurs des temps nouveaux. Tu veux voir ce que ça donne ? Monte le son... Encore un peu, ne sois pas timide... C'est bon, tu es bien calé ? Vas-y, clique !

Toujours dans l'actualité, les Tagada Jones dénoncent à grand coups de décibels tout ce qui atteinte à cette liberté chérie. "Envers et contre tous", constat amer de la situation politico-économico-corrompue, ou "Perte et Fracas", qui traite ainsi des manifestations contre la loi travail et de ce sentiment de suffocation qui en est sorti, à grand coup de gaz lacrymogènes et de 49-3. "Le Peuple a la tête sous l'eau"...

Le Peuple ? Mais quel peuple ? Dans un des morceaux phare de l'album, sans doute le plus abouti - mais il est possible que ce soit un peu subjectif - , "Mort Aux Cons", les Tagada Jones s'interrogent sur tous les anciens révolutionnaires qui s'en vont rejoindre les meutes bleu marine à tendance brune, faisant ainsi un bras d'honneur à leurs convictions d'antant. Pas d'ambiguité, Tagada Jones "dégueule leur doctrine". Ce morceau, plus qu'un cri, avec ses mélodies bien senties, est un véritable hymne, dans la même veine qu'un "Porcherie", écrit il y a longtemps mais toujours tristement d'actualité. "Plus jamais de 20%", reprennent les Tagada Jones, clin d'oeil aux BxN, qui étaient loin de se douter de la situation de ce début d'année 2017. Ecoute...

On peut lister la longue litanie des maux dont souffre ce monde. Que ce soit au niveau géopolitique ("Le monde tourne à l'envers"), ou sur la condition des enfants des rues ("Enfants de la rue"), la libre circulation des armes et le carnage autorisé ("Guns et Châtiments"), ou le massacre écologique de la planète ("Le Point De Non-Retour"), les Tagada Jones ont mille raisons d'être en colère, de dénoncer ces non-sens absolus, insupportables.

La Peste et le Choléra n'est pas non plus un tract. C'est également un très bon album de Punk-Rock, avec cette touche de Metal qui fait que le quatuor occupe cette place à part dans le PPF (Paysage Punk Français... avoue, tu ne l'avais pas vu venir, non ?).
Depuis leur dernier album en date, Dissident, les 4 bretons ont enchaîné les tournées. Le Dissident Tour tout d'abord, puis la tournée marathon du Bal des Enragés, dont ils sont à l'initiative. N'importe qui aurait pris quelques vacances après ces années de folie. Hé bien non ! Alors que le Bal faisait son dernier concert fin 2016, et la dinde à peine digérée, les Tagada ont enregistré cet album dans la continuité, sans laisser le temps faire retomber cette énergie débordante.

Les purs métalleux regretteront peut-être ce côté plus Punk qu'il y a quelques années, mais les Tagada Jones ne renient pas leur longue vie, bien au contraire. Quelques petits clins d'oeil aux anciens sont distillés tout au long de l'album, comme une chasse au trésor. On te donne "Impossible de vivre sans ton gilet pare-balle", tu trouveras les autres. Côté influence Metal, "Narcissique" ne donne pas non plus sa part au chien.
Pour le reste... Il faut croire que cotoyer au quotidien le gratin de la scène alternative leur a donné des ailes. Punk oui, mais loin du TapoumTapoum basique, les Tagada apportent ce côté mélodique, cette fraîcheur, que l'on peut déceler au milieu de ce torrent de décibel.

Et comme toujours, les albums doivent être défendus sur scène. C'est l'essence de Tagada Jones, c'est là où Niko, Stef, Waner et Job donnent le meilleur d'eux-même. Le quatuor revendique 1 800 concerts en 20 ans, prends ta calculette, tu verras c'est une sacrée moyenne. Et ce n'est pas l'année 2017 qui va casser cette dynamique. La tournée s'annonce dantesque.

Toujours dans le partage, les Tagada Jones vont brûler les planches avec les No One Is Innocent en avril, pour une campagne électorale de grandes gueules prometteuse. Ils croiseront également la route avec les Ramoneurs de Menhirs, les Shériff, Ultra Vomit, et beaucoup d'autres. Toutes les dates de la tournée sont disponibles sur leur site.

Punk, Hardcore, Métal, Nouvel Album, 2017

Tagada Jones, La Peste et le Choléra

Sortie le 3 mars 2017, Enragé Production

Retrouve Tagada Jones sur Facebook.

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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