Niko (Tagada Jones) + Kemar (No One Is Innocent) : Du bruit dans l’Hexagone

Les Tagada Jones et No One Is Innocent vont faire du bruit dans l'hexagone.
Leur mois d'avril va être leur campagne à eux, parce que beaucoup de choses à dire, à partager. 7 dates en commun, 7 villes, 7 concerts qui s'annoncent de pure folie.
Alors que les échéances approchent à grands pas,
La Grosse radio a pu s'entretenir avec Niko, de Tagada Jones, et Kemar, de No One Is Innocent.
Entretien croisé avec deux des tôliers du rock'n'roll hexagonal.

LGR :
Cette idée de tournée commune, ça vient d'où ?

Niko :
En fait on s'est rencontré sur le tard, avec No One. Ils font partie des groupes qu'on avait en point de mire quand on était jeunes, des grands frères, tu vois. Et partager l'affiche avec eux, ça fait vraiment tout le temps plaisir, mais ça n'est pas arrivé tant que ça.
On s'est retrouvé à un concert hommage, au Val d'Ajol, pour le décès de Stéphanie, la gérante de Chez Narcisse, ce lieu vraiment mythique et fort pour nous. On s'est retrouvé avec tout le Bal des Enragés, Kemar était là aussi, on a vraiment bien sympathisé, et à la fin de la soirée, on s'est dit pourquoi ne pas faire des dates ensemble.
Et donc on y a remédié finalement, puisque tu vois, on arrive à mettre cette tournée sur pied.
On trouve que c'est bien, deux groupes engagés, des groupes qui ont des choses à revendiquer, c'est bien de le faire à la période des élections. C'est pour ça qu'on a appelé cette tournée du bruit dans l'hexagone.

Kemar :
On a plein de points communs. On a les mêmes choix d'engagement, c'est à dire utiliser notre musique pour dire des choses. On essaye de garder le sens de la mémoire de ce qui se passe, dans notre pays et ailleurs. On est à cheval pour défendre la liberté d'expression, la laïcité, des choix politiques qui nous emmerdent dans ce pays, des extrêmes qui nous emmerdent, et qui prennent de plus en plus de poids dans ce pays. Et puis on est des amoureux de la musique, des amoureux de la scène, on est nous-même quand on est en tournée, on ne change pas tout d'un coup de personnalité, on essayre d'être proche des gens qui nous écoutent.
Et puis on aime rire, on aime beaucoup rire, il y a beaucoup d'humour dans tout ça, d'auto-dérision.
Voilà, plein de choses qui nous rapprochent.

LGR :
Et le choix du calendrier alors ? Forcément, le mois d'avril, en pleine période électorale, c'est loin d'être anodin, non?

Kemar :
Oui, ça m'a fait bien rire quand Niko m'a appris qu'on allait jouer à l'Elysée Montmartre le 22 avril, la veille du premier tour. C'est une façon pour nous, finalement, d'être sur scène à ce moment-là, et de pouvoir dire des choses. Il ne pouvait pas nous arriver mieux. Chacun avec nos morceaux, nos thèmes, qui n'ont pas les mêmes accords et les mêmes paroles, mais qui se rejoignent complètement.

Interview Croisée, Du Bruit Dans l'Hexagone, Tagada Jones, No One Is Innocent, Tournée, 2017
Crédit Photo Rodolphe Goupil

LGR :
Comment ça va se passer cette tournée ?

Niko :
On jouera l'un après l'autre, et on inversera. De temps en temps c'est Tagada qui finira, de temps en temps ce sera No One. Et puis on a prévu de faire un ou deux titres ensemble aussi. Quitte à partager la scène, ce serait dommage de ne pas le faire.

LGR :
Niko, on t'avait vu d'ailleurs en invité, sur le Barricades Live de No One...

Niko :
Exact, c'est vrai. C'est Kemar qui m'avait demandé, quelques jours avant, genre "Tiens, ça ne te dirait pas de venir chanter avec nous", et j'étais vraiment super content de faire ça.
Mais je ne savais pas que c'était filmé ! Je suis arrivé le jour même, et j'ai dit :
- Mais c'est quoi, toutes ces caméras ?
- Ah, on fait un DVD, on ne t'avait pas dit ?
- Non, je ne savais pas. Bon, allons-y gaiement !

LGR :
Ce live a été enregistré dans des circonstances toutes particulières, juste après les attentats du 13 novembre. Un concert forcément très particulier, non ?

Kemar :
Oui, c'est ça. Que ce soit à travers le discours de Shanka au début du concert, que ce soit au milieu des morceaux, que ce soit à la fin quand les gens de Charlie Hebdo sont montés sur scène... C'est tellement peu de chose... C'est tellement peu de chose...
Et tu vois, on n'a pas compris pourquoi, autour de nous, à part quelques-uns, que ce soit nos potes de Mass Hysteria, que ce soit les Tagada Jones, pourquoi il n'y avait tellement peu de choses, pourquoi le monde de la musique est resté muet.
Qand il y a eu les histoires de sans-papiers, ou d'autres mouvements pour lesquels les gens se sont beaucoup mobilisés, il y a eu des concerts. Il y a eu des gros concerts pour dénoncer tout ça. Mais là, qu'est-ce qu'il y a eu comme gros concerts, avec des grosses têtes d'affiche, pour défendre la liberté d'expression, pour défendre la dignité, par rapport à tout ce qui s'était passé ? Que dalle. La musique reste confinée dans son petit confort, pas prendre de risque. Il y aurait dû avoir un concert, je sais pas, avec 50 000 personnes, pour dénoncer tout ça. Et rien. Et tu vois, quand avec Tagada on décide de faire quelques dates ensemble, c'est ça. C'est le truc qu'on peut faire. Et on le fait.

Interview Croisée, Du Bruit Dans l'Hexagone, Tagada Jones, No One Is Innocent, Tournée, 2017
Crédit photo : Grégory Leruste

LGR :
Côté actu, Tagada Jones au Top 50 ?

Niko :
Oui ! Belle surprise ! On a fini la tournée du Bal des Enragés le 24 octobre, et le 26 on rentrait en studio. Direct, comme ça, pas de répit ! On a pu se poser un peu, mais pas trop. Les dates ont repris début mars, on était content de reprendre la route.
Les premières dates se sont super-archi-bien passées, des salles pleines, une ambiance du feu de dieu, les gens connaissent déjà toutes les paroles, l'accueil est génial.
Et le top 50... C'est dingue ! C'est très surprenant, on ne s'attendait pas à un tel engouement. Je comparais notre carrière à pein de petits cailloux qu'on a posé les uns à côté des autres, et tous ces petits cailloux ont fait une petite montagne. Un grand merci à tous les gens qui nous suivent.

LGR :
Et No One Is Innocent, bientôt un nouvel album?

Kemar :
Oui, on est en train d'écrire en ce moment. On a commencé il y a 5-6 mois à sortir nos premières idées pour le prochain album, et on est plutôt confiant. Toujours aussi brut, voire par moments encore plus direct qu'on a été auparavant. On est tellement réceptif à cette angoisse qui ronge notre pays qu'on s'endurcit encore plus. Je pense que c'est assez naturel.

LGR :
En conclusion, un beau mois d'avril que vous nous promettez alors...

Kemar :
Oui, c'est ça ! Malgré tous ces thèmes qu'on propose, avant tout, on est là pour donner de la joie, on est là pour donner de l'enthousiasme.
C'est ça la musique. Plutôt que de faire de la politique, c'est la musique qui nous drive, qui donne aussi du bonheur au gens. Il ne faut pas croire que tous les gens qui viennent nous voir ne viennent que par rapport à nos textes. Ils viennent par rapport à une pulse musicale qui les branche. Et c'est surtout ça.

Merci à Kemar et Niko pour leur disponibilité.

Les dates de la tournée :

Interview Croisée, Du Bruit Dans l'Hexagone, Tagada Jones, No One Is Innocent, Tournée, 2017
 



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