Raymonde Howard – S.W.E.A.T

Certains disques savent se passer d'explications. On les écoute, on les remet, et on les aime sans jamais se demander pourquoi. Nous allons pourtant nous en tenir à notre rôle et nous y risquer !

Mettre l'album de Raymonde Howard, c'est de par son format l'assurance d'y replonger au moins deux fois d'affilée. Mais la durée n'explique pas tout. L'urgence avec laquelle elle plie ses titres distord le temps lui-même. Adam Green avait cette manie de développer des idées fortes sur chaque titre mais de se refuser obstinément à les remâcher. On retrouve chez Raymonde Howard cette même manière de ne pas tergiverser, de s'en tenir à la pureté de l'uppercut originel.

Au niveau sonore S.W.E.A.T s'oxyde sur la longueur en se saturant.
Bien sûr un titre comme "Submarine" fera remonter le souvenirs des matrones des 90's. Il faut dire que les premiers Cat Power et PJ Harvey tiennent presque du paradigme.
Si la toile de fond doit être évoquée (on grandit tous dans un contexte), le nouvel album de Raymonde Howard apparaît plus comme le contemporain des disques les plus barrés de Scout Niblett ou de la reine absolue Kristin Hersch.

Aussi, nous avons voulu nous en tenir à son intention et rester nous-mêmes concis et efficaces.
S.W.E.A.T est cet album qui ne vous lâchera pas, qui aura plusieurs écoutes. Parfois profondes, parfois fugaces, car sa musique est un jeu de miroir entre fausse légèreté et véritable proposition.
Le disque génère sa propre boucle, si bien qu'à son écoute nous ne savions parfois plus s'il avait repris ou continué.

Aussi étrange qu'il paraisse, c'est bien là un compliment, puisque S.W.E.A.T réussi d'une façon pernicieuse à vous extraire de ce que vous faîtes, à brouiller les pistes sous l'apparence de la simplicité, à habiller sa complexité d'une façon si accessible qu'elle en devient infectieuse.

C'est la goutte de sueur qui se fait passer pour une larme. C'est la névrose répétitive qui s'empare de plusieurs genres, vous invitant à sauter sur place pendant moins de deux minutes ("Staring at the moon") ou à vous donner un coup de blues sur un "Crumbs" pourtant bien plus lumineux que ne le laisse croire son début. De toute évidence, elle s'amuse beaucoup à se jouer de nous, nous fais suer à nous faire croire. Si bien qu'on entre volontiers dans cette danse aussi intense qu'elle est courte et multiple.

Raymonde Howard, 2017, SWEAT, Riot girl

Raymonde Howard sculpte son identité, et nulle doute qu'elle est en train de devenir à son tour une référence dont on se servira pour comprendre certains des disques qui nous arriverons à l'avenir.

Sortie le 9 juin en digipack chez We are unique records, et en vinyle chez Specific Recordings

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NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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