Royal Blood – How Did We Get So Dark?

Si vous n’habitez pas dans une grotte sans wifi, vous avez sûrement déjà entendu parler de Royal Blood, ce fameux duo basse / batterie tout droit venu de Brighton. En 2014, le groupe sortait son premier album éponyme, et déjà, il était acclamé par la critique et par Arctic Monkeys et Jimmy Page, entre autres. Dans le genre, Royal Blood a fait office de bombe dans la scène rock alternative et on comprend vite pourquoi. Quelle lourde tâche de succéder à un tel album. Vont-ils réussir à se renouveler? Vont-ils réussir à ne pas copier le premier album? Réponse maintenant.

Le problème des groupes qui percent trop vite (parce que, oui, quand on programme des concerts dans les plus grandes salles d’Europe avec un seul album, on peut estimer qu’on a percé), c’est qu’ils ont tendance à se reposer sur leurs lauriers. Heureusement, ce n’est pas toujours le cas, et pas non plus celui de Royal Blood. Difficile, quand on est limité à une basse et une batterie, de réussir à faire autre chose que ce qu’on sait déjà faire. Embaucher un guitariste ? Que nenni. Alors, que les détracteurs des anglais se ravisent, le groupe est capable d’innover tout en gardant sa marque de fabrique.

On ne change pas une équipe qui gagne, et c’est donc avec le même producteur que cet album a été conçu, à savoir Tom Dalgety (Ghost, Simple Minds, Pixies…). Royal Blood semblent d’ailleurs créer une alchimie plutôt convaincante avec ce dernier. Dans la production, pas grand chose ne change à première écoute. Le premier single étant «Where Are You Now», tiré de la série Vinyl. On prend peur et on peut légitimement appréhender le reste. Mais évidemment, «Lights Out», véritable premier extrait, vient nous rassurer et est à l’image du reste : concis, efficace et même nouveau pour les 2 compères. On retrouve la voix originale de Mike Kerr, mais on découvre aussi d’autres facettes : un solo de basse (une première pour eux) palpitant et des choeurs féminins.

Royal Blood évoluent dans un style orienté garage rock, avec des influences tantôt blues, tantôt power pop, ou les 2 mélangées. On avait l’habitude des enchainements ‘chanson calme’ puis ‘chanson qui envoie’. Ici, il semblerait le groupe se soit un peu calmé dans les morceaux rock à riffs qui déchirent. En effet, rien ne sonne comme un bon «Ten Tonne Skeleton» ou «Come On Over». A la place d’envoyer les décibels avec une basse qui hurle, Royal Blood ont préféré faire dans le plus décontracté. Mais ce n’est pas moins bon, au contraire. On plonge tête la première avec la piste d’intro éponyme et sa rythmique crescendo, avant de découvrir un morceau plus décalé : «I Only Lie When I Love You» (Mike et son vocodeur, une véritable histoire d’amour). 

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Crédits : BeBox Music

Il est un peu déconcertant de se retrouver avec un album comme HDWGSD? lorsque l’on a été habitué à quelque chose qui pète un peu plus. Cependant, la prise de risques est remarquable puisque Mike Kerr et Ben Thatcher ont implanté des éléments électro, et des synthés. Le groupe s’autorise donc des petits refrains funk («She’s Creeping») et des passages à la Twenty One Pilots («Hole In Your Heart»). Et si Mike fait incontestablement des choses divines à la basse (on entend souvent des «Mais comment ce mec obtient ce son avec seulement une basse?»), son ami Ben Thatcher n’est pas en reste avec sa grande dextérité et bénéficie lui aussi de solos aussi dynamiques que sympathiques.

L’ambiance générale est, soulignons-le, bien travaillée et Royal Blood nous emmènent dans leur univers blues / garage rock inspiré des années 70, mais avec un brin de modernité. L’utilisation de claviers est modérée et le tout offre un album bien aéré et très bien rythmé. Certes, on aurait peut-être préféré des titres plus accrocheurs et des riffs plus marqués, mais l’intensité dans les 10 petits morceaux se fait ressentir de par la production excellente de Tom Dalgety.

Sortie le 16 juin chez Warner Music
 

Tracklist :

How Did We Get So Dark?
Lights Out
I Only Lie When I Love You
She’s Creeping
Look Like You Know
Where Are You Now?
Don’t Tell
Hook, Line & Sinker
Hole In Your Heart
Sleep

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NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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