Finale du Tremplin Jeunes Talents du Sziget Festival

Le Sziget festival (du 6 au 13 Août à Budapest) avait choisi la fête de la musique comme occasion rêvée pour organiser la finale de son Tremplin Jeunes Talents en partenariat avec Les Echos de la fête. Le 21 juin dernier, 5 groupes se sont donc affrontés sur l’accueillante scène de la Bellevilloise avec pour objectif de gagner leur place sur la scène du célèbre festival.

 

Sziget, Finale du tremplin

Ces groupes ( à savoir: Mary Has A Gun, Teleferik, The Shafty Brothers,Tahin et The Stereotypical Working Class) ont tout donné sur scène afin de convaincre le jury composé notamment de journalistes, organisateurs du Sziget et de représentants de la fête de la musique. Et force est de constater que la compétition s’est avérée très serrée, vue ”¨la qualité proposée par chacun d’entre eux.

Ce sont les lyonnais de The Stereotypical Working Class qui ont remporté cette finale du tremplin Sziget France. Voici donc quelques questions qui leur ont été posées sur le vif, tout juste après l’annonce des résultats.

Mais avant cela je tiens à remercier chaleureusement Anita Földes, la responsable des relations presse des pays francophones pour sa gentillesse et son professionnalisme, ainsi que tous les organisateurs de la soirée.

Et mention spéciale à la troupe hongroise: le D7 Blast, composée de 2 DJ et un 1 MC : Dj Jutasi /Goulasch Exotica/, Dj Pozsi /Analog Cuvee/ et Mc Hipernomad, des artistes se nourrissant musicalement des rues du bouillonant 7iéme arrondissement de Budapest et gravitant dans l'univers des musiques du monde qui ont rendu les changement de sets absolument imperceptibles (ils ont joué à chaque fois) et ont fait une superbe prestation pendant les délibérations du jury, avec leur mélange si savoureux de musiques traditionnelles et électroniques.

Dj Pozsi-Suhancos Mashup Mixtape by D7 Blast

Entrevue avec The Stereotypical Working Class, gagnants du tremplin Jeunes Talents du Sziget:

Nastia: Pour vous, qui venez de gagner la finale du tremplin Sziget, Le Sziget c’était un rêve?

TSWC: - Oui, pour nous c’était un rêve, c’est le festival qu’on connait qui est le plus gros, où il y a les groupes les plus énormes et où il y a le plus de monde. Et puis, l’île, le côté Budapest... Christophe y est allé l’année dernière

- Oui, je l’ai vécu en tant que spectateur et c’est vraiment le plus beau festoche que j’ai fait. C’est vraiment le truc terrible... avec les yeux de gamins d'un spectateur... Mais là, sur scène c’est inimaginable. C’est vraiment... The dream!

 


N.: Comment vous est venue l’idée de participer à ce tremplin?

TSWC: On ne s’était jamais inscrit sur des tremplins comme ça, on n’en avait pas l’habitude. Et puis il y a quelques groupes que l’on connaissait qui s’y sont inscits. On s’est dit «pourquoi pas nous ?». On a eu la chance de retenir l’attention du jury à Lyon. Par la suite on a eu aussi quelques votes et quand on a joué à Lyon on a été retenu. Alors on a commencé à y croire. Ce soir on a essayé de faire au mieux... et voilà quoi !  Je t’avoue qu’on n’y croyait pas forcément, mais on s’est dit «c’est dommage de ne pas le faire, on verra bien jusqu’où on va» et nous voilà ici ! On vient d’apprendre qu’on a gagné ! Pour nous c’est Noël : on a ouvert un cadeau , un cadeau qu’on n’espérait pas avoir. Ca fait un peu cet effet.

N.: Alors, justement, comment ça s’est passé pour vous ce soir? Comment avez-vous vécu le concert et comment avez-vous trouvé l’ambiance?

TSWC:  Déjà; avant le concert d’aujourd’hui il y avait la demi finale où on n’était pas spécialement sûrs de passer. La première surprise a été de se dire «on va jouer à Paris !». Premier plaisir ! A chaque fois qu’on vient ici, il y a des gens qui nous attendent un petit peu et on est chaque fois surpris de voir qu’il y a tant de gens qui nous aiment dans la capitale. ”¨Là c’était sur un système de jury, c’était vraiment différent. Je pense qu’on est venu avec un peu de pression en se disant «il y a quand même un gros truc au boût», une carotte qui donne envie de courir, quoi ! Et sur un petit set d’une demi-heure comme ça on donne tout, je pense qu’on l’a vu à ma transpiration? (rires)
On  s'est dit en sortant de scène «bah si c’est pas nous, c’est pas grave, on aura tout donné» on n’avait pas de regrets. Il y avait de très bons groupes ce soir. On n’a jamais vu Mary Has A Gun en concert (un autre groupe ayant joué ce soir ndrl) on a trouvé ça très bien. On n’avait jamais vu les autres groupes non plus et je pense que la finale a été cohérente, il y avait beaucoup de styles différents de musique représentés. Notre style n’étant pas forcément celui qui plait le plus on s’est dit «c’est peut-être pas nous qui passerons  ce soir. Bah tant pis, on y va!» et là wouah!  Quand t’entends ton nom tu te dis qu’ils se sont trompés. Il arrivait déjà pas à le dire, Lionel (NDLR : Lionel Corlay, représentant du Tremplin Sziget France). Là ils se sont trompés (rires).

N.: Pouvez-vous présenter votre groupe aux lecteurs qui ne le connaissent pas forcément?

TSWC: On est 4 et ça fait 12 ans qu’on fait de la musique ensemble. On est tous des passionnés jusqu’à la moëlle de musique. On est deux frères et eux (les deux autres) font partie de la famille. On a tout vécu ensemble, on a fait les quatre cent coups ensemble. Là c’est un truc fou qui nous arrive encore et on va vivre ça à fond !
On est des Lyonnais, on fait du rock comme des américains (du rock américain donc !). On essaye tout du moins, puisqu’on n’écoute que ce style là : les Foo Fighters par exemple, c’est un groupe qui nous inspire vraiment. On espère représenter dignement la France au Sziget, avec le maximum de plaisir.
Et puis on se connait depuis qu’on est gamins, c’est donc en quelque sorte une histoire de famille. On a toujours su se trouver aussi bien musicalement qu’amicalement, on a su se compléter. TSWC existe depuis 1999 et c’est du rock de frangins!

On tient vraiment à remercier les gens de l’orga, tous les gens qui ont fait en sorte qu’on soit là aujourd'hui. Tous ceux qui ont voté pour nous sur le net, tous ceux qui sont venu au concert à Lyon, tous ceux qui sont aussi venu ce soir, les membres du jury, tous ceux qui ont réagi dans le public. Ça fait 12 ans qu’on est là, on continue et il se passe toujours des choses et ça fait plaisir.
Sur la scène régionale, avec le coeur brisé, on était en concurrence avec certains de nos meilleurs potes : Fake Oddity. On a joué avec eux et on l’a emporté. Maintenant c’est nous qui sommes à Paris, on leur a promis que l’on gagnerait pour eux , alors on leur fait cette dédicace. Écoutez les c’est vraiment bien!

 

The Stereotypical Working Class

Entrevue avec András Berta,  directeur des relations internationales du Sziget Festival

N.: Le Sziget Festival (Sziget = île en hongrois) fête cette année sa vingtième édition. Peux-tu nous parler rapidement des origines de ce qui s'appelait alors Diáksziget (= "l'île des étudiants") ?

A.B.:  Donc, remontons en 1993 – l’année où le Sziget a eu lieu pour la première fois. À cette époque, comme tu l’a justement remarquée, il s’appelait Diáksziget («l’île des étudiants» en hongrois). À l’origine le but de tout cela était de faire un hommage pour le 25ème anniversaire du Woodstock. Cette idée est venue à l’esprit de quelques jeunes gens, d’ailleurs l’un de ces jeunes gens est toujours mon patron, c’est le fondateur du Sziget. Il voulait essayer de créer une atmosphère de type Woodstock en Europe de l’Est. Tu sais, on a eu ce changement de gouvernement, ce changement de système après l’ère socialiste et tout le monde s’est soudainement senti très libre et des idées ont commencé à émerger de toute part. Le Sziget était une de ces idées, on a essayé de la mettre en place et ça a été un succès immédiat. Donc la première édition était appelée «l’île des étudiants». En 1994 ça a aussi été appelé «Euro Woodstock» parce que tout était fait en sorte pour que ça soit comme un Woodstock européen. Et puis le festival a grandi encore et encore, le nom a changé au moment où l’on a eu un grand sponsor, mais l’esprit est toujours resté le même. Le festival s’est juste agrandi de plus en plus et a eu tendance à devenir de plus en plus international. Le premier «Diáksziget» comprenait en majorité des groupes hongrois. Et puis de plus en plus de fans de festivals étrangers se sont intéressés au Sziget , il nous a donc fallu apporter quelques plus grand noms à la programmation. Dès la deuxième édition on a eu quelques grands noms programmés. Et puis peu à peu ça a fini par devenir un grand festival international, comme c'est le cas aujourd'hui.
 

Sziget Festival 2012 : à  Budapest, bien sûr !

N.: Après avoir reçu la distinction de "Meilleur Grand Festival européen", le Sziget a reçu, ce qu'on pourrait appeler un hommage de Michael Eavis, fondateur du célèbre Glastonbury Festival. On lui demandait (dans NME) quel festival il conseillait cette année, sachant que le Glastonbury fait une pause en 2012. Il a répondu "Ils devraient aller en Hongrie. Au Sziget Festival. J'aime ça". Beaucoup d'attentes et donc certainement beaucoup de pression pour cette 20è édition ?

A.B.:  Je n'appellerai pas ça de la pression, c’est plutôt un sentiment agréable d’entendre cela. Quand nous avons gagné cette récompense en janvier dernier, toute la cérémonie s’est déroulée aux Pays Bas. Il y avait beaucoup de catégories comme «le meilleur petit festival» , «le meilleur festival de taille moyenne» et beaucoup d’autres. Mais les deux principales étaient: "Le meilleur grand festival européen" («Best Major European Festival») que nous avons remportés, et le prix d’excellence à vie ( «YOUROPE Lifetime Achievement Award» ) remporté par Michael Eavis.

Nous étions assis à des tables voisines ce soir là, et il était très content au moment où il a entendu que nous avons remporté cette nomination. Et nous avons juste senti cette sympathie entre nos deux événements.
Bien sûr c’est simple pour lui de dire qu’il serait heureux que les gens aillent au Sziget, parce qu’il n’y a pas de Glastonbury. Il est bien sûr libre de dire ce qu’il pense. Mais en réalité ce qui fait de cette déclaration un événement important est le fait qu’il sera présent au Sziget cette année, c’est maintenant un fait certain : il a déjà demandé ses billets et tout le reste. Donc il va venir et voir tout ça de ses propres yeux et nous en sommes très heureux et honorés.
Je pense qu’il n’y a pas un si grand nombre de grand de festivals. Je pense qu’on devrait considérer le Glastonbury comme le prototype des grands festivals européens. Si l’on considère le Woodstock comme le prototype de tous les festivals, le Glastonbury est le prototype des festivals européens.
On ne le ressens donc  pas  du tout comme un coup de pression supplémentaire mais comme un honneur et cela nous réjouit davantage.

N.: Plus qu'un festival de musique, le Sziget est une "ville dans la ville" entièrement dédiée à la fête. On y pratique un nombre d'activités hallucinant (saut à l'élastique, poterie, théâtre de rue...). Des nouveautés pour 2012 ?

A.B.: Il va y en avoir,  toute la question est si je suis en pouvoir de dévoiler toutes les surprises qui se préparent pour cette année, et je ne le suis évidemment pas. Une chose est certaine: le Sziget a changé l’emplacement de nombreux sites. Donc si vous êtes un habitué du Sziget et que vous connaissiez le plan du site par coeur, vous devrez le réapprendre, puisqu’un grand nombre de scènes a bougé. On a essayé de rendre tout ça plus compact, donc vous aurez moins de marche à faire pour vous rendre devant les scènes. Bien sûr, c‘est toujours un grand challenge de ne pas avoir tous ces sons qui se mélangent, il a donc fallu s’assurer que chaque scène est bien isolée en termes de bruit. Et je pense que nos gars ont fait du très bon boulot cette année. Donc tout va être mieux regroupé. Les scènes internationales principaless sont plus proches l’une de l’autre par exemple; ça change par rapport à la scène principale hongroise et de la scène de world music. Cela signifie qu’il sera plus simple de trouver vos groupes préférés, mais aussi de tomber sur des groupes dont vous n’avez jamais entendu parler car c’est aussi un point important du Sziget: généralement vous venez juste pour quelques groupes  et passez le reste du festival à vagabonder de scène en scène. Comme on dit, le Sziget est un bon endroit pour se perdre, vous ne vous souciez pas de ce pourquoi vous êtes venus là, mais vous comprenez juste que vous passez un bon moment. Les nouveauté concernent donc principalement le site, mais il y aura aussi de belles surprises en rapport au 20ème anniversaire. Ce que nous avons déjà signalés dans notre dossier de presse est que cette année tout ça va être plus grand et avec plus de nouveautés et nous essayons simplement de faire en sorte que cela ne ressemble pas à un événement nostalgique, on veut s’assurer que le Sziget montre de nouvelles orientations.

N.: Donc pour le reste il faudrait qu’on attende encore un peu et que l’on vienne voir ça de ne propres yeux?

A.B.: Oui, c’est exactement ça! (rires)`
 

Sziget Festival : ambiance !

N.: Depuis très longtemps, le Sziget entretient des rapports particuliers avec la France. Jusqu'à créer un camping francophone en 2011. La scène francophone est également très présente et ce tremplin est une étape de plus qui montre la volonté du fest de promouvoir les nouveaux talents français. Raisons de cet engouement ?

A.B.:  Je ne dirai pas que c’est un engouement du festival pour la France, mais plutôt celui de la France pour le festival. Mais il n’y a pas seulement un camping Français il y a aussi un restaurant français, puis un camping italien avec un restaurant italien et même une scène italienne. Et puis nous avons aussi une scène hollandaise. En fait il semble que les hollandais ne souhaitent pas loger dans un camping qui leur serait dédié, donc il est bien de voir toutes ces culture se mélanger car il s’agit pour nous d’essayer de garder cela comme une sorte de ville mondiale.

Nous pensons que c’est aussi international que cela peut l’être. L’année dernière il y a eu environ 64 nationalités représentées par les festivaliers, je pense qu’on ne peut trouver ce genre d’internationalité nulle part ailleurs. Mais d’un autre côté nous devons nous assurer que les gens se sentent bien.

Quant à cette idée du camping francophone, elle est venue de la France elle-même. Peut-être la raison sous jacente est que tous les français ne parlent pas forcément l’anglais aussi bien que les hongrois ne le parlent. Ce n’est donc pas une critique mais un simple constat, et c’est la même chose pour l’Italie. Donc ils se sentent plus en confiance en ayant leur propre camping, des personnes qui parlent la même langue autour d’eux, et ils explorent bien sûr eux aussi cette ville mondiale. Mais ils sont heureux d’avoir un endroit sur où rentrer. Il y a donc les gens de certains pays qui pensent ainsi, et puis certains autres comme les hollondais qui préfèrent se mélanger au reste de la population. Cela doit dépendre des cultures et des habitudes de chacun.

Mais je pense aussi que cela ajoute de la saveur au Sziget car si vous avez un restaurant français, ou italien, vous pouvez être sur qu’il y aura toujours un tas de curieux qui viendront y faire un tour, et cela finira certainement par être une sorte de mise en valeur de la culture française au beau milieu d’un festival hongrois.
Tout cela est une question d’ouverture et je trouve cela assez amusant.

N.: Et cela ne peut se passer qu’ici, je suppose

A.B.:  Celà vient du fait que nous nous trouvons en Europe centrale. Je pense que l’on ne peut pas placer ailleurs un festival qui attirerait autant de nationalités différentes. Bien sûr c’est un bon festival, ce n’est évidemment pas moi qui vais dire le contraire (rires), ça fait partie de mon boulot, mais le lieu est vraiment bien lui aussi pour cette ambiance de grandes rencontres.

N.: Budapest est une ville très prisée par les touristes du monde entier. En plus de l'affiche et du caractère du festival, cela explique probablement aussi le succès de celui-ci. J'ai vu que beaucoup de choses ont été mises en place pour valoriser la ville (partenariats avec des SPAs, réseaux de transports, "city pass" etc.). Peux-tu nous parler un peu de cela ?

A.B.:  Et bien, la première chose qui me vient à l’esprit est que nous avions fait une grande enquête par le biais de Sziget France, et il s’est avéré qu’un très grand pourcentage de ceux qui ont répondu n’étaient pas au courant que le festival se passait à Budapest. Ce qui est un peu comme... «ok, un des points les plus attractifs du festival est qu’il ait lieux dans une grande capitale. Un grand festival dans une grande ville, mais un bon nombre des personnes n’est pas au courant de cela».
Donc bien sûr nous essayons de faire pas mal de communication autour de cela, un peu plus que ces dernières années, juste pour s’assurer que les gens soient conscient que ce n’est pas juste un festival, mais une sorte de pack festival/vacances. Avec notamment ce City Pass que tu a mentionné, Ils ont la possibilité de passer toutes leurs matinées, voir les débuts d’après midi en ville à visiter les musées, avec toutes ces possibilités de transports en commun, et non rester enfermés sur les lieux du festival.
Je vais évidemment pas dire que les gens sont coincés au Sziget, puisqu’il est lui même une sorte de petite ville dans laquelle il y a tout ce dont on pourrait avoir besoin, mais  nous aimerions qu’ils aient la possibilité d’explorer tous les environs parce qu’il y a beaucoup de choses à voir. Et ce qui est aussi chouette avec le public du Sziget, c’est qu’il n’est pas tourné seulement vers la musique mais s'intéresse aussi à de nombreuses autres choses. Et comme tu le sais certainement, le Sziget n’est pas seulement un festival de musique mais aussi un festival très artistique en soi, nous essayons de soigner cet aspect car selon moi cela apporte vraiment quelque chose en plus au Sziget, et le rend par là peut-être plus intéressant que d’autres festivals.
Parce qu’en allant à quelques autres festivals je me rends compte qu’il y a 3-4 scènes, quelques pubs et de très bons groupes, mais à part cela il ny a pas cet esprit que l’on trouve au Sziget. Et je pense que cet esprit est crée par toutes ces petites scènes, tous ces lieux artistiques et aussi par le fait que vous avez la possibilité de vivre sur place et d’être une partie à part entière de cette atmosphère de la ville. Et même si vous ne le faites pas, vous sentez la liberté et cela rend les choses tellement meilleures!

N.: Comment en résumerais-tu l'affiche de cette année... sans citer les 400 groupes  ?!

A.B.: Je vais évidemment jamais réussir à me remémorer tous les groupes à l’affiche! Il y a une très grande liste de têtes d’affiche (rires).
Vous connaissez déjà certainement les grosses têtes d’affiche. il faut dire qu’on a toujours envie d’avoir de belles têtes d’affiche, mais souvent le prix a payer lorsqu’on est un festival de la mi-aout est que cette période n’est pas une période de tournée pour les plus grands groupes. Pour le Sziget il est toujours difficile de trouver des groupes de tête d'affiche qui continuent à tourner en cette période.

Je pense que nous verrons de très belles prestations : des têtes d’affiche comme The Killers, je pense que Korn nous donnera quelque chose de craquant aussi, Placebo c’est toujours bien, et bien sûr tous les groupes qui partagent les tête d’affiche, mais aussi les groupes de fin d’après-midi/début de soirée qui sont vraiment intéressants à découvrir car, comme je l’ai dit plus tôt, au Sziget on se perd  et on se dit «wow, ça sonne bien, c’est quoi ce groupe?». C’est donc une bonne manière de rencontrer ses futurs groupes favoris, et ça fait partie de la mission... Donc j’ai envie de dire: ayez votre programme de grands groupes à voir, et pour le reste gardez les yeux bien ouverts. C’est le cas aussi pour la scène des musiques du monde, car il y a vraiment de bonnes surprises, mais aussi la scène européenne où se produira le gagnant de ce soir. C’est un bon moyen de découvrir de futures stars qui se produisent déjà, vous n’avez pas d’appréhension à avoir, ils sont tous professionnels, ils sont juste jeunes et ils ont vraiment à coeur de montrer ce qu’ils valent.

N.: Quelques mots pour conclure ?

A.B.: Quoi dire, quoi dire? Le 20eme Sziget  tout est dit là. Le meilleur grand festival de l’Europe, un endroit conçu pour y vivre... Nous voulons simplement faire en sorte qu’il y ait de bonnes nouvelles venant de Hongrie. Nous sommes conscients que parfois notre gouvernement ne produit pas les meilleures têtes, même si je n’ai pas envie d’aborder la politique, ni de dire ce qui est bien et ce qui ne l’est pas, qui a raison et qui a tort. Le but du Sziget n’est pas politique et n'est certainement pas de diviser les gens mais, au contraire, de les rassembler et d'essayer de leur faire passer un bon moment ensemble. Ça s’est passé ainsi les 19 éditions précédentes et ça sera le cas cette année encore.

Et pour conclure (car il était très tard) quelques questions à  András Derdák responsable de développement et programmation du festival en France

Nastia: C'est la première fois que le Sziget organise ainsi un tremplin francophone. Ton sentiment sur les résultats de l'opération ?

András Derdák : Bah c’est génial !(rires)

Je n’aurais jamais imaginé qu’il y avait autant de groupes français qui avaient envie de venir jouer au Sziget. On a reçu plus de 200 dossiers, puis on a fait une pré-sélection par les internautes, une demi-finale et cette finale ici, à Paris, pour la fête de la musique avec un jury. Ça s’est super bien passé.

N.: Cet intérêt du Sziget pour les francophones ne date pas d'hier (artistes francophones à l'affiche, "French Camping" depuis 2011, site web dédié...) Est-ce pour répondre à une demande croissante du public français ?

A.D.: Comme c’est la 20eme année du Sziget (pas le 20ème anniversaire, ça, ça sera l’année prochaine) on a voulu se concentrer sur les demandes des festivaliers. On a fait le tremplin des jeunes talents, mais, à côté de ça, on a aussi fait des choix de professionnels demandés par le public. Par exemple, Shaka Ponk a été le groupe le plus demandé sur Sziget France et sera à l'affiche.

N.: Etait-ce important pour vous de vous associer, lors de ce tremplin, aux "échos de la fête" (les échos de la fête : évènement annuel qui met en lumière le réseau international de "La Fête de la Musique") ?

A.D.: Ça c’est en quelque sorte une histoire personnelle si tu veux . À  Budapest ,déjà après 1995, on a commencé à organiser la fête de la musique comme ça se fait ici en France,  mais c’était pas tout à fait pareil puisqu’il n’y avait pas déjà cette tradition. Mais pour moi, personnellement, c’est toujours important. J’ai passé 5 ans à Paris, on a toujours fait la fête de la musique et on a présenté une scène hongroise, et je continue. Donc pour moi c’est une tradition.

N.: Quel est ton sentiment sur la soirée d’aujourd’hui?

A.D.:Tout d’abord, c’est cool de travailler dans de telles conditions : avec des lieux qui travaillent bien et qui marchent bien comme ici à la Bellevilloise dont l'équipe est vraiment super. La fête de la musique, et tout le bureau de la fête de la musique sont géniaux. C’est ici qu’était ce soir le centre de la fête de la musique, car chaque image qui était prise aujourd’hui dans toute la France était centralisée ici et projetée sur les écrans à côté de le scène. Donc c’était vraiment national et international .

N.: Et que penses tu du résultat de la finale?

”¨A.D.: J’en suis tout à fait content.

Un remerciement tout particulier à Hacheff, pour l'aide à la préparation de ces interviews 🙂

Retrouvez toutes les informations sur le Sziget Festival sur Szigetfestival.fr
 

Le Sziget Festival du 6 au 13 Août à  Budapest



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