The Flamin’ Groovies – La Maroquinerie 14/09/17

Depuis leur reformation en 2013, The Flamin’ Groovies semblent apprécier notre beau pays et s’y installent chaque année le temps d’une p’tite tournée. A Paris, après le Trabendo et le Petit Bain, c’est donc au tour de la Maroq’ de recevoir ces légendes du garage de Frisco. Et pour une maison fondée en 1965, le moteur tourne encore. Pas de quoi atteindre les excès de vitesse commis par les groupes de garage actuels néanmoins ; Cyril Jordan et Chris Wilson, les deux piliers, sont empreints de la culture west coast et adeptes des soli de gratte…

Selon le bon docteur Muller, blogueur spécialisé dans « la musique du diable, le sexe, la drogue », The Flamin’ Groovies « ont toujours été en dehors de leur temps, en retard ou en avance mais jamais à l’heure« . C’est peut-être pour être en totale osmose avec eux que l’on rate lamentablement Cheap Riot, combo garage montreuilllois qui assurait la première partie… Une défection indépendante de notre volonté, à l’insu de notre plein gré. Mais tout de même une honte pour nous qui nous faisons un point d’honneur à vous causer dans le poste des p’tits jeunes-qui-n’en-veulent… On se rattrapera lors de leur prochain passage à l’Alimentation générale ou à la Méca !

The Flaming Groovies - La Maroquinerie © Eric Champarnaud
© Eric Champarnaud

A groupe de vétérans, public idoine. Ça grisonne sec dans la salle, mais les anciens en remontrent aux jeunes présents par leur ferveur et leurs déhanchements toniques. Le septuagénaire Cyril Jordan arbore lui une coupe de cheveux trop seventies pour être honnête. Pour autant, il porte encore bien le futal de cuir, la chemise flashy et taquine avec maestria sa superbe Ampeg Dan Armstrong Plexi. Son compère Chris Wilson, parisien de cœur, fera l’éloge de l’accueil qui leur est réservé à chacun de leur passage. Ses « Ah… Le public à Paris… » et autres « Merci, trop gentil« , recueillent des viva enthousiastes. Chris Von Sneidern à la basse, tout de blanc vêtu demeurera impérial tout le long du set et Tony Sales, le gamin de la bande, fort efficace à la batterie. 

Après un accordage un peu laborieux, les Flamin’ balancent une cover de Dave Edmunds, « Down down down » qu’ils vont faire bien durer, Jordan se lançant d’entrée dans un solo. Mais ça manque de son selon lui ; il en réclame à l’ingé qui s’exécute aussitôt. C’est parti pour une bonne heure de rock n’roll certifié vintage par un couple d’aficionados faisant manifestement connaissance. « C’est bien hein ? » « Oh oui, et à part ça, t’écoute quoi comme musique ? » « Les Doors. Après, y a plus rien de bien… » Nouvel album oblige – le Fantastic Plastic sorti le 22 septembre dernier chez Severn Records – de nouveaux titres se glissent dans la setlist, tel « What The Hell’s Going » ou « Hungry ». Les exégètes ont sans doute su les reconnaître, pas les jeunes néophytes pour lesquels tout ça ressemble à du rock seventies. Lorsqu’il entame le riff d’intro de leur classique « Teenage head« , Chris Wilson glisse un « you’re must remember this… » qui ne s’adresse manifestement pas à eux, pour la plupart pas nés en 1971. Et d’enfoncer le clou en poursuivant par leurs deux autres tubes « Shake some action » et « Slowdeath ». Pour le rappel, « Let me Rock » ou le changement dans la continuité. Présent sur leur dernier album mais datant de 1973. Les Flamin’ ou comment faire – avec brio – du neuf avec du vieux ! 

Merci à Josstone Traffic pour l’accès à cette soirée et à Eric Champarnaud pour la photo
 



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