Festival les Nuits de l’Alligator 2018 – 5/02

Lundi dernier, Deva Mahal était la seule femme de la première Nuit de l’Alligator. On inverse la tendance ce soir à la Maroquinerie. Trois groupes emmenés par de very strong frontwomen ! La parisienne Eugénie Alquezar, patronne de Hot Pants Touring & booking et leadeuse de Parlor Snakes qui ouvrent le bal. Les garageuses américaines Margaret Garrett et Tara McManus qui se cachent avec humour derrière Mr Airplane Man. Et Jen Cloher, figure de la scène indé australienne, mais surtout grande militante du droit des femmes. La gente masculine allait-elle se sentir personna non grata… Rien à craindre, Messieurs ! S’il faut en croire Jen Cloher et son manifeste à l’attention des machos de l’industrie musicale récemment posté sur Facebook, dans lequel elle soulignait « qu’il y a une différence entre détester les hommes et détester la misogynie, tous les hommes qui sont nos alliés sont bienvenus à nos concerts… » Message reçu au vu du nombre de barbus de tout âge ce soir là ! 

On ne va pas vous refaire le coup des pauv’ musicos qui débutent devant un parterre réduit… Certes, la Maroq n’est pas full lorsque les Parlor Snakes font leur apparition. Mais le combo américano parigot ne semble pas s’en émouvoir ; chanteuse comme guitariste sont en pays de connaissance. En 2012, ils y ouvraient déjà le bal pour les Jim Jones Revue. Et outre les fidèles blueswomen et bluesmen déjà présents le 30 janvier, des fans du groupe parisien sont venus en soutien. L’un deux déclare littéralement sa flamme à Eugénie, la chanteuse et clavier. Blouson de cuir façon perf’ sur chemisier blanc, jean fusélé et escarpins rouge flash… Il faut avouer qu’elle a du chien la rousse meneuse de Parlor Snakes, comme on dit à Paname. Peter K le ténebreux new-yorkais, donne lui aussi dans la pose glamour rock n’roll. Pas de méprise, les parisiens sont tout, sauf des poseurs. Portés par la voix puissante d’Eugénie qui sait se faire caressante dans les aiguës, ils ne sont qu’énergie et sincérité sur scène.

Parlor Snakes - La Maroquinerie - © F. Rapido
Photos © Franck Rapido 

Sur le troisième morceau qui sonne très blues rock, ça frétille dans les premiers rangs. Danilo les taquinera de sa basse sur le suivant, avec un bel effet de disto en intro. Eugénie tombe le perf et nous gratifie de beaux effets de chevelure, tout en pianotant sur son clavier. Elle ne le maltraite pas autant que Nichole Laurenne des Darts son farfiza, mais ne le ménage pas pour autant ! À l’instar de Paul le petit nouveau à la batterie, véritable pile électrique. Quand vient le moment du dernier pour la route, c’est lui qui se retrouve à mener le jeu. « Quelle vitesse vous voulez ?« . « Vite ! » lui répond Eugénie. Voilà tout est dit en seul mot, Parlor Snakes « ce n’est pas du garage, ce n’est pas de la pop, ce n’est pas du punk… » C’est vite ! Et lascif comme ils le précisent sur leur page Facebook, pour les envolées psyché qui rappellent furieusement les Doors sans doute…

Les deux bostonniennes Margaret Garrett et Tara McManus – aka Mr Airplane man – font leurs balances devant nous. Plus décontractées tu meurs… Margaret nous fait des coucous en accordant sa gibson, tandis que Tara teste sa batterie. C’est leur « first time in Paris », Margaret toute de transparence vêtue en parait tout émue. Mais ne rate pas pour autant leur entrée avec un « Red light » bien pêchu. « Asked for water » qui suit ralentit un brin, mais le son demeure bien trash, tout droit sorti du garage. Un peu trop encrassé d’ailleurs, mais en même temps, il faut éviter de se coller aux amplis… Tout au long de leur set, Mr Airplane man oscille entre blues garage, limite punk – « Shades of blue » – comme jazzy – « wait for your love » – (grâce aux drums de Tara). Celle-ci prend même le clavier tout en jouant des baguettes. L’ampli guitare de Margaret se met à craquer horriblement. Tellement qu’elle doit s’interrompre de jouer… L’équipe technique ne se précipite pas vraiment pour l’aider. C’est finalement sur un ampli du groupe de Jen Cloher que Margaret finira le set. Tandis que Tara s’excusait platement pour cet incident, elle se branche à nouveau et empoigne son bottle neck pour nous envoyer une petite merveille « Black cat bone ».

L’australienne Jen Cloher, « fer de lance de la scène DIY de Melbourne » semble très attendue par les connaisseurs. Quand elle parait sur scène, nous sommes quelques uns à lui trouver des faux-airs de Chrissie Hynde, une autre rockeuse à la forte personnalité. Chevelure noire corbeau, visage fin et silhouette longiligne… Il y a quelque chose, mais l’attitude devant le micro se veut moins rock n’roll, plus posée. La vêture également… Deux autres femmes l’entourent, sa compagne Courtney Barrett à la guitare et Jen Sholakis à la batterie. Bones Sloanes joue les minorités masculines à la basse. Elles/il commencent tout doux, avec « Regional echo ». Un rock cool, sur lequel Courtney Barrett fait déjà preuve d’une superbe dextérité. Jen Cloher nous salue. Contrairement aux M. Airplane Man, ce n’est pas sa première fois à Paname. Des chanceux ont pu la voir en septembre dernier à l’Olympic café. Il nous faudra « patienter » jusqu’au troisième titre « Sensory memory » pour que la mélodie se fasse plus blues que rock velvetien. L’intro de Bones Sloanes et le beau solo de Courtney Barrett sur « Shoegazers » nous réveille un peu. Jen Cloher délaisse sa guitare pour « Great australien bite », coup de chapeau à ses collègues artistes contraints de s’exiler. La passion et l’énergie que déploie cette « strong woman » achève de nous convaincre. A l’instar de son duo avec Courtney Barrett sur « Fear is like a forrest« . Et de son final bien speed – « Name in lights » qui la voit crier avec conviction !

Un grand merci à Isabelle Béranger des Nuits et à Franck Rapido pour la couverture vidéo !
 



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements