Myles Kennedy – Year Of The Tiger


Il joue dans des groupes depuis trente ans, il a connu la gloire avec Alter Bridge et la consécration avec Slash, pourtant, ce n’est qu’aujourd’hui que sort son premier album solo. Myles Kennedy, puisque c’est bien de lui qu’on parle, dévoile de nouveaux talents avec cet opus semi-acoustique. Mais, avec ou sans électricité, il est toujours aussi bon.

C’est un fait, Myles Kennedy est un chanteur à coffre. Quels que soient ses projets, le frontman a toujours été reconnaissable à la puissance de son organe, idéal pour chanter du hard-rock et du metal. Alors en apprenant qu’il allait balancer un album en partie acoustique, les interrogations étaient nombreuses : sa voix capable de couvrir quatre octaves allait-elle convenir à une musique plus dépouillée et moins rugissante ? Etait-il fait pour jouer de la guitare classique le soir au coin du feu ? Ne risquait-il pas d’effrayer les hiboux autour du campement ?
 

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Autant tuer le suspense tout de suite : sur Year Of The Tiger, sa voix est toujours aussi puissante et maîtrisée qu’à l’accoutumée, et se marie fort bien avec un genre plus folk et rustique. Il le prouve dès le premier morceau éponyme : les arrangements ont beau être calmes, sa voix, reconnaissable dès la première note, un peu écorchée, si singulière, respire la puissance et l’authenticité.
 


Mieux, les arrangements et l’atmosphère plus posée semblent mettre encore plus en valeur sa voix. Son coffre, certes, sur « Blind Faith » ou « Mother ». Mais également les nuances qu’il est capable d’y apporter : sur « Ghost Of Shangri La », « Turning Stones » ou « Haunted by Design », sa voix se fait beaucoup plus fragile – au passage, « Devil on the Wall » évoque, toutes proportions gardées, les tonalités qu’abordent par moments Dave Grohl sur le dernier album des Foo Fighters, Concrete And Gold.

Et s’il se laisse aller à cette fragilité, ce n’est pas un hasard, puisqu’une bonne partie de l’album est consacrée à la mort du chanteur lorsque celui-ci avait quatre ans, un thème qu’il évitait d’évoquer jusque-là dans ses chansons. Sa voix, qui se fait tour à tour écorchée, rugissante, caressante ou éplorée reste dans tous les cas d’une extrême sincérité et n’a semble-t-il jamais été autant à nu.


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Côté compositions, Myles Kennedy ne déçoit pas non plus. Si certains morceaux sonnent comme la version unplugged du heavy rock dont il est coutumier (« Mother », « The Great Beyond »), d’autres sonnent plus folk, voire blues ou country. Mais avec la voix metalleuse de Kennedy, cela donne une espèce hybride de country metal, comme sur « Devil on the Wall », où les arrangements (guitare, mandoline, banjo joués par Kennedy lui-même, accompagné de Zia Uddin à la batterie et Tim Tournier à la basse) sonnent clairement country – avec tout de même un solo de guitare électrique au milieu – quand la voix ramène à Alter Bridge ou à Myles Kennedy And The Conspirators.
 


Cette hybridation est une prise de risque qui s’avère payante. L’équilibre entre des morceaux correspondant exactement à ce qu’on attend du bonhomme et d’autres qui nous emmènent vers des sonorités plus surprenantes de sa part fait la réussite de Year Of The Tiger. Cependant, à y écouter de plus près, si les arrangements et la production sont réussies, ils ne révolutionnent pas le genre pour autant, et l’indulgence aurait peut-être été moindre si la même musique avait été au service d’un chanteur d’un moindre niveau. Mais qu’importe, au final, car un album qui nous donne l’impression d’écouter Myles Kennedy chanter au coin du feu, cela devrait suffire à combler ses admirateurs.

Tracklist
  nouvel album, myles kennedy, hard rock, blues, country, acoustique Year Of The Tiger  3:41 
  The Great Beyond  4:50 
  Blind Faith  4:29 
  Devil On The Wall  3:44 
  Ghost of Shangri La  3:32 
  Turning Stones  3:38 
  Haunted By Design  3:39 
  Mother  3:42 
  Nothing But A Name  5:00 
  Love Can Only Heal  5:33 
  Songbird  4:04 
  One Fine Day  4:50

Sortie chez Napalm Records le 9 mars
 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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