Stone Temple Pilots – Stone Temple Pilots


Stone Temple Pilots sont de retour ! Annonce difficilement imaginée, tant l’actualité du groupe semblait logiquement incertaine. Le décès de Scott Weiland suivi de celui de Chester Bennington (dans chaque cas deux ans après leur départ respectif du groupe, mais la symbolique en reste intacte) scella quelque peu le destin de la formation dans les esprits. Et finalement, on les enterra un peu trop tôt.

Intitulé sobrement Stone Temple Pilots, à l’instar de son prédécesseur sorti en 2010, le petit nouveau voit donc arriver en guise de vocaliste Jeff Gutt. Peu connu pour son activité dans le groupe Dry Cell, on aura plus entendu parler du chanteur pour sa participation au télé-crochet The X Factor, ce qui fera évidemment naître quelques réticences. Mais, aussi vite que l’on se rappelle à quel point les jugements concernant Adam Lambert – pour ne citer que lui -, ont été écartés tant en deux secondes le jeune homme fait exploser la sphère Queen de son talent d’interprète, les appréhensions sont balayées dès la première apparition vocale de « Middle Of Nowhere ».

En effet, Jeff Gutt fait sacrément bien le job, et son timbre légèrement éraillé colle parfaitement à la recette Stone Temple Pilots, mélange de rock garage, stoner aux accentuations grunge. Et si le titre d’ouverture donne très bien le la, le reste de la galette n’a pas à pâlir. Sans temps mort ni moment faible, tout l’album s’écoute d’une traite et ravira les fans de la première heure, retrouvant en tous points ce qui a fait le charme et la renommée des frères DeLeo. Les ballades qui concluent les différentes parties ont leur place (« Thought She’d Be Mine » fait beaucoup penser à du Velvet Revolver, rappelant alors ces deux albums surprenants que Scott Weiland avait alors sublimés), le tout est cohérent et laisse une bonne impression.
 

Album, Jeff Gutt, Scott Weiland, Chester bennington, Linkin Park, Velvet Revolver

Sauf que bonne impression ne veut pas dire forte impression. En effet, si Jeff Gutt fait le job, le sentiment qu’on lui a avant tout demandé de mimer les couleurs vocales de Weiland fait que l’on reste en surface. L’efficacité et le plaisir quant à l’écoute des titres ne les rend malheureusement pas iconiques, et au final, c’est plus l’aperçu d’un best-of réarrangé qui persiste dans les mémoires. Et ce que l’on attend d’un album aujourd’hui, surtout quand il s’agit d’un retour, d’une volonté de nouveau départ, ce n’est pas qu’il soit bon, mais qu’il nous transcende. Qu’il soit force de propositions alléchantes quant à un avenir qui nous donne envie de nous y plonger tête baissée. Stone Temple Pilots sera noyé dans la marée de ces milliers d’albums qui sortent continuellement, que l’on écoute avec plaisir mais que l’on abandonne vite au profit de la prochaine sortie, attendant qu’une vraie pépite accroche nos oreilles dont les exigences augmentent.

Mais ne crachons pas sur le travail accompli avec autant de ferveur, tant ce dernier reste plus qu’honnête. En guise de table rase, de présentation d’une nouvelle ère qui sera celle de cette réincarnation, Stone Temple Pilots prouve sans efforts qu’il repart sur des bases solides, avec une détermination évidente vu l’efficacité des morceaux. Et si les véritables pépites sont des objets uniques que l’on attend et sait savourer lorsqu’enfin elles se présentent, les véritables bons albums ne sont pas, quant à eux, si fréquents que cela. Et celui-ci est assurément un de ceux-là.

Sorti le 16 mars 2018 chez Rhino Entertainment

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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