Frank Carter & the Rattlesnakes (+ Demob Happy) au Trabendo (13.03.2018)

Frank Carter aime la France, Frank Carter aime Paris et ce n’est pas une surprise que de le voir repasser par la capitale sur cette nouvelle tournée européenne. Pas de nouvel album à l’horizon mais c’est toujours un plaisir de le retrouver avec les Rattlesnakes dans une salle comme un Trabendo complet. Accompagné de Demob Happy et de Woes, la soirée a tenu toutes ses promesses.

Notre interview de Mr Carter étant programmée pendant le set de Woes, nous ne pourrons voir que la dernière chanson des Anglais. Comme tant de groupes, ils semblent tout faire pour rassembler le plus de clichés du pop-punk possible dans le son comme dans l’attitude et à défaut d’être original ou bon, c’est assez drôle à observer.

Demob Happy

Peu de temps après, Demob Happy s’installe sur scène devant une foule plutôt accueillante. Pendant quarante minutes, les Anglais vont dérouler leur rock simple et direct pour un résultat assez convaincant. Sorte de mix entre son et visuel des années 70 et actuels, le trio met à profit un son parfaitement équilibré. La guitare est distordue façon stoner rock et la reverb est omniprésente sans que cela soit gênant outre mesure. 

Demob Happy, Paris, Trabendo, 2018

Demob Happy ont beau n’être que trois, ils occupent le peu d’espace scénique à leur disposition à la perfection et tous les regards se tournent vers le batteur Tom Armstrong, placé au centre et à la frappe lourde. En plus de la rythmique, le jeune homme est chargé de certaines parties vocales pas faciles et il s’en sort de fort belle manière même si quelques erreurs surviennent ici où là.

Demob Happy, Paris, Trabendo, 2018

De son côté, le bassiste chanteur principal Matthew Marcantonio fait le show avec flegme, remerciant chaleureusement Paris de son accueil entre les titres. Malgré une carrière déjà longue de dix ans, Demob Happy n’avait encore jamais joué ici et c’est désormais chose faite grâce à Frank Carter & the Rattlesnakes. Il faut le souligner, en studio ce n’est pas très convaincant mais les titres joués en live prennent une autre dimension, c’est la marque des groupes à fort potentiel. L’énergie dégagée par la performance parle d’elle-même et les Anglais parviendront même à obtenir un petit moshpit sur la fin, preuve que leur passage par chez nous n’est pas passé inaperçu. Une première fois qui aura sûrement convaincu pas mal de monde.


Frank Carter & the Rattlesnakes

Le public s’est resserré, prêt à assister au show hors-norme promis par Carter et son groupe à chaque concert. Les musiciens le savent et vont vite se mettre au diapason. Sur le premier morceau « Primary Explosive », le son est parfait et l’ambiance déjà explosive dans la fosse. On étouffe tous un peu en se disant que les Anglais auraient mérité une salle plus grande et ça ne va pas s’arranger avec la désormais classique balade du frontman au-dessus de la foule dès le troisième morceau « Juggernauts ».  D’autant que même si le Trabendo est une salle relativement intimiste, la barrière empêche une communion totale. Tant pis, la foule est tout de même électrisée et les Anglais ont intelligemment construit leur setlist pour que l’ambiance ne retombe à aucun moment. Très vite, c’est « Wild Flowers » qui vient de nouveau relancer la machine et l’expérience acquise au fil des tournées se fait sentir tant le rythme du set est maitrisé.

Frank Carter, Frank Carter & the Rattlesnakes, 2018, Paris, Trabendo

Derrière la pile électrique Frank Carter, les musiciens ne sont pas effacés et donnent tout, il y a toujours quelque chose à regarder sur scène. L’ex-Heights Dean Richardson s’en donne à cœur joie, s’offrant lui aussi un aller-retour sur la foule pour jouer « Paradise ». Pour calmer le rythme effréné du concert, Frank prend le temps de longuement discuter avec son public entre les titres, présentant l’histoire de ces derniers ou dissertant sur un aspect de sa vie ou de la scène punk. Lorsqu’un micro gonflable géant lui arrive dessus, il se moque gentiment du coupable en se questionnant sur son besoin d’avoir un ustensile aussi gros. « C’est l’équivalent de ceux qui ont un pick-up au lieu d’une voiture », de quoi faire bien rire toute la salle.

Frank Carter, 2018, Frank Carter & The Rattlesnakes, Trabendo, Paris

On sent tout de même que l’animal est toujours là en Frank, comme lorsqu’il s’agace rapidement de ne pas obtenir le silence pendant son speech d’avant « Loss ». Les titres s’enchaînent, alternant entre les deux albums de la formation et le public semble les connaitre sur le bout des doigts. On en oublierait presque que le groupe n’existe que depuis trois ans lorsqu’on entend « Lullaby » chanté aussi fort par quasiment toute la salle.

Frank Carter & The Rattlesnakes, Dean Richardson, Paris, 2018, Trabendo

Force est de constater que Frank et son groupe ont réussi à redonner un souffle inédit au punk-rock, genre qui en avait sûrement besoin en ce moment. La fin du concert approche et le frontman prend son temps pour nous délivrer son habituel discours contre le terrorisme en préambule de « Paradise ». Forcément, à Paris ce discours à une résonnance très particulière, d’autant que le groupe avait refusé d’annuler sa venue avec The Bronx en 2015 après les évènements du Bataclan. La fanbase des Rattlesnakes a grandi depuis mais nul doute que ceux qui étaient déjà là à l’époque se souviennent encore de ce geste.

Frank Carter, Frank Carter & The Rattlesnakes, 2018, Paris, Trabendo

Pour le rappel, on a droit à un solo de batterie de, seul moment un peu ennuyeux du concert. Ensuite, le groupe revient pour nous finir avec un enchainement de tube dont le féroce « Devil Inside Me », de quoi faire jumper une dernière fois toute la fosse. Cela fait déjà 1h30 que le groupe joue et le set va se terminer sur « I Hate You », Frank laissant le public parisien se charger des paroles de fort belle manière. Il s’offre aussi un dernier bain de foule avant de définitivement nous laisser. Une chose est sûre après ce concert, la musique de Frank Carter & the Rattlesnakes est trop à l’étroit dans ce Trabendo et mérite une scène bien plus grande. Si l’ascension des Anglais se poursuit, ils n’auront aucun problème à en obtenir une lors de leur prochaine venue.

Setlist:
Primary Explosive
Fangs
Juggernaut
Vampires
Wild Flowers
Spray Paint Love
Acid Veins
Loss (Part 2)
God Is My Friend
Jackals
Trouble
Real Life
Paradise

Drum Solo
Snake Eyes
Lullaby
Devil Inside Me
I Hate You

Photos : Gaelle Pitrel – 2018
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