Bruce Springsteen à  Bercy (04/07/2012)

99€90 Ah! Un nouveau Beigbeder me direz-vous !!! Nan, c’est le nombre d’euros que j’ai dû lâcher pour voir (ou plutôt apercevoir) le boss à 80 mètres. Là, j’imagine déjà vos réflexions : « Quel abruti, tant de fric pour un concert, c’est dingue, personne ne mérite ça… ». Mais quand on est fan, on est fan (et un peu con aussi). Au moment de passer à la caisse, sur Internet, j’ai eu le clic gauche de validation un peu hésitant mais bon j’ai craqué ! Ca y est j’ai ma place pour aller voir (ou plutôt revoir pour la je ne sais combientième fois) le Boss.

Là, les remords m’envahissent. Putain ! Presque 100 euros pour un concert ! C’est de la folie pure. En plus, chez Springsteen, pas d’artifices… Des musiciens, des amplis et puis c’est tout ! Si vous cherchez de la pyrotechnie à la Rammstein ou des décors à la Iron Maiden, passez votre chemin. Ici, on parle musique, pas spectacle ! Il abuse le Boss ! Puis après, je me raisonne en disant que c’est quand même le seul artiste de ce calibre à être encore capable de pondre des chansons correctes ! Chez les autres gros, les derniers hits remontent à loin. Les Stones n’ont rien sorti de transcendant depuis Start Me Up au début des années 1980. Metallica joue son Black Album de 1991 ! Putain 20 ans ! Donc, voilà pourquoi j’ai payé 100 euros. Pour voir le dernier géant du rock ‘n’ roll encore en activité ! Puis, comme tout bon fan qui se respecte, je me rassure en disant que ce n’est certainement pas le Boss lui-même qui fixe le prix des places et que lui aussi doit en vouloir à sa maison de disque ou à son tourneur pour autoriser des prix aussi exorbitants. Oui, on est vraiment con quand on est fan…

Enfin, oublions la douloureuse pour nous concentrer sur la prestation du patron ! Le Boss pour l’Independance Day à Paris ! Ca c’est une première pour moi ! Dès 21h, Bruce s’y colle et envoie du lourd. Une petite intro « spécial France » avec « La Vie En Rose » à l’accordéon et c’est un déferlement de « singles » du nouvel album mêlés aux chevaux de courses springsteeniens ! La classe internationale ! Soixante-deux balais bien tassés pour le taulier et toujours la même patate. On est bien obligé de se demander à quoi il carbure tant le mec force le respect ! Et au sujet de la setlist, le Boss nous étonne comme à chaque fois : un cocktail de titres dédiés au 4 juillet constitué de « Sandy », « Independence Day »   et « Born In The USA », entre autres, célébreront la déclaration de Thomas Jefferson. Quel pied quand même ce « Born In The USA » ! On a beau dire que c’est pas pro-ricain, tout le contraire, dénoncer sa récupération par Reagan, mais qu’est ce que c’est bon quand le E-Street Band envoie les premières notes et que tout le monde s’époumone avec le groupe ! « Boooooorn In Ze Iouaisssaihaiiii !!!! » !


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Au rayon des nouveautés pour cette tournée, le medley soul est une vraie tuerie emmené par les 17 ou 18 personnes présentes sur scène à ce moment ! Ce soir, Patti Scialfa (Madame Springsteen) fait partie de la fête. C’est musicalement proche de la perfection. Ce type est capable de fédérer (comme Roger) une foule en quelques secondes et la fait passer par tout un tas de moment intenses : du rock ‘n’ roll quasiment tout le temps, de l’émotion avec « The River » chantée par le public, du respect notamment sur une terrible version de « My City Of Ruins » qui vous prend aux tripes tellement elle monte en puissance.

Le Boss ne s’appelle pas comme ça pour rien. Plus je le vois et plus je me dis qu’il mérite son titre. Plus de quarante ans de carrière et toujours la même foi pour ce qu’il fait. Un mec riche et humain : l’exemple même du type qui a tout pour lui et qu’on n’arrive pas à jalouser tellement il est sympa. Sur « Waiting On A Sunny Day », il fait monter une jeune fille de 10 ans qui chante (très faux mais c’était drôle) avec lui et qui aura des grands souvenirs pour toute sa vie… Chez Springsteen, le grand jeu, c’est de venir avec son bout de carton avec un titre marqué en espérant que le chanteur, lors d’un de ses nombreux passages dans le public, le ramassera et l’interprétera. A Paris, une femme arborait fièrement un carton avec l’inscription «  Bruce, will you dance with my Mom ? ». Le patron, intrigué, s’approche et demande à ce que la mère en question monte sur scène. Et hop, un petit slow sur scène pour Mamie sur « Dancing In The Dark » ! C’est pas la classe ça ! Plusieurs milliers de concerts et le mec à toujours la foi pour faire des conneries de ce genre ! C’est dingue !


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A ce moment on en était déjà à presque 3 heures de concerts ! Les parisiens néophytes commençaient à craindre pour le dernier métro : les inconscients ! Même quand le Boss est fatigué, c’est au moins 3h de show ! Et ce soir, il est en forme ! Pas moins de 30 titres seront joués ! La fin est totalement épique ! « Tenth Avenue Freeze Out » en forme d’ode au défunt Clarence ou Bruce porté par le public nous fait écouter un solo de Jake le neveu en balançant des images de concert de Clarence en fond… Quelle émotion ! Toutes les lumières de la salle sont allumées ! C’est énorme ! On fini sur une American Land à fond ou le groupe quitte la scène en laissant le public presque plus fatigué que lui semble t-il tellement il a été submergé part une vague de rock n roll ! Bruce est vraiment le plus grand !

Pour ceux qui supputeraient que le concert était exceptionnel parce qu’il s’agissait d’un bon soir, je répondrai seulement que le lendemain le show a duré 3h40. Trente et un titres ont été joués dont quatorze ne figuraient pas dans la setlist de la veille. Alors, c’est qui le Boss ?



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