Slim Paul – Dead Already

Le blueman toulousain Slim Paul sort ce jour son premier album, Dead Already (Red Line / PIAS). Après avoir passé 7 ans sur les routes avec son acolyte des platines Antibio dans Scarecrow, le groupe blues/hip hop, le grand gars mince prend désormais son pied seul, pour un Blues aux racines du genre, malaxé dans une grosse touche de Rock. 

Du Blues en 2018, la belle affaire… Pour quoi faire ? Car il aime ça pardi, ça s’entend et c’est bien suffisant. Et car ce grand genre, père de nos styles fétiches ne tirera jamais sa révérence. On aura toujours envie de pleurer son espoir gélé dans les affres du quotidien, et les mecs comme Slim Paul sont là pour nous soulager le peine sinon la perpétuer dans une tristesse joyeuse. Car c’est aussi ça le Blues, l’antinomie. Et dans ce Dead Already, il est évidemment question de désespoir puisque nous sommes tous déjà mort, encore faut-il mettre cela en forme et nous rendre la vie plus douce le temps d’une douzaine de morceaux.

Comme un pied-de-nez, sinon un clin d’oeil à son ex compère de Scarecrow, l’album débute par du human beatbox. Passée cette entrée en matière fermant la page hiphopienne, Slim Paul, armé de sa guitare et d’un accompagnement de batterie et d’autres instru passagers, couvrira un large spectre blues : des ballades sombres et torrides (« Long Gone », « Come and Play »), de rock n’ roll des familles comme « Beauty n The Beast », jusqu’au gros blues rock empli de riffs ravageurs de guitare fuzzée (« Same Mornin »). D’une belle voix rauque, Slim chante les tourments avec style et entrain comme sur le jouissif « Let Me In » rappelant la Soul des années 60. Slim Paul remonte le courant du fleuve boueux blues jusqu’aux rythmes puissants 70’s avec aisance.

La production est nette et précise, manquant même du grain lié au style, masterisé aux Etats-Unis par Chris Gueringher (Madonna, Shakira, Rihanna, Lady Gaga etc..), mais le toucher de Slim à la guitare que ce soit en picking (« Nola Song » sur lequel il est accompagné de cuivres), en plaqué (« Same Mornin ») ou en soli blues rock (« Lady Sorrow ») ressort encore mieux et montre l’exigence et la maîtrise du garçon avec sa 6-cordes.

Un faux premier album pour Slim Paul, déjà auteur de 2 EP et de productions avec Scarecrow, mais une belle réussite rapportée d’un voyage américain. En 12 titres, le bluesman revient sur 90 ans de musique dans les grandes lignes de la musique noire américaine. Qu’il soit de Toulouse ou de la Nouvelle-Orléans, peu importe, le Blues est en lui.

Sortie le 13 avril chez Red Line / PIAS

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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