Superbus – Sunset


« Partir en Californie pour ce disque me semblait une évidence », affirme Jenn. Après avoir soufflé ses dix bougies, Superbus avait envie de changement et de fraicheur. Avec le producteur américain Billy Bush aux commandes, le groupe vient d’accoucher d’un cinquième album du nom de Sunset. Opus ne manquant pas de nous montrer une fois de plus à quel point les complices ont toujours su évoluer et se renouveler. L’amour et les relations restant leurs thèmes de prédilection.

 

‘’All Alone’’, aux résonnances eighties, a été le premier titre extrait de cette galette. Il a fait plutôt peur. La voix de Jenn est fantomatique et le morceau se traine. Ce n’est pas mieux avec ‘’A la chaîne’’ qui ne décolle pas non plus. Cela s’améliore avec ‘’Smith n Wesson’’. Le morceau est rythmé en douceur. Le genre de chanson qu’on jouerait en se promenant au milieu d’un chemin de cailloux, guitare à la main, le soleil couchant dans le dos.

Les guitares rockabilly résonnent sur ‘’Mini’’. Jenn a retrouvé sa vivacité. Un excellent morceau fidèle au Superbus des débuts. L’électro-rock ‘’L’Annonce’’, sexy et cadencé, pourra faire tourner la tête en boite de nuit. ‘’Whisper’’ est entrainante avec un très court et très bon solo hard-rock joué par Richie Sambora, guitariste de Bon Jovi. Le fantaisiste ‘’Calling You’’ rappelle les Blues Brothers et pourrait être joué par un après-midi ensoleillé sur le piano d'un bar américain.

Il est dur de porter un intérêt quelconque à ‘’Mrs Better’’. Il y a un manque d’originalité et le titre passe à la trappe. Mais on retrouve ensuite des guitares tantôt lourdes, tantôt psychés sur le très bon ‘’Get Real’’.

Jenn dit avoir eu une révélation en découvrant sur scène Marco Kamaras et s’est dit qu’il serait l’homme idéal pour un duo. On a le droit de ne pas être du même avis quand on entend ‘’Duo’’. Lequel des deux a forcé l’autre à composer cette étrange et robotique chanson ? Mystère…Quant à ‘’L’été n’est pas loin’’, c’est un morceau planant qu’on aimerait écouter allongé sous un palmier, une légère brise sur le visage. La guitare seventies très américaine nous transporte totalement.

Il existe une édition limitée de cet album sur laquelle trois titres supplémentaires ont été ajoutés. ‘’La Cible’’ est explosive, limite punk. ‘’Baisse Ton Froc’’ est rock’n roll, déjanté et rappelle la bonne époque de Pop’n Gum. L’opus se clôt avec la reprise  des Buggles, ''Video Killed The Radio Star''. Superbus y ajoute du synthé et un côté kitsh et rétro, mais ce n’est pas une reprise qu'on retiendra.

Sans aucun doute, le groupe s’est éclaté lors de l’enregistrement de cet album. On sent tout le travail. Peut-être trop de travail. Sur la voix de Jenn par exemple : elle manque parfois d’authenticité. Cette galette a une odeur de plage californienne. Elle nous fait voyager sur les routes des USA. L’album est varié, à la sauce Superbus, et rend hommage à la culture américaine. Le groupe est bien loin du bon vieux rock’n roll fou des débuts. Les nostalgiques de cette époque vont être globalement déçus. Disons que Lova Lova était un aperçu de ce qui allait venir après. Mais ce n’est pas un album si décevant une fois que l’on s’est fait une raison. Il y a quelques morceaux par-ci par-là valant le détour. Une chose est sûr, rien qu'avec sa jolie pochette, cet album ne donne vraiment pas envie de dire adieu au mois d'août.

 

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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