Idles – Joy as an Act of Resistance

Impatient? Oui, clairement! Il faut dire que depuis Brutalism, en 2017, et une série de concerts aussi furieux que débridés, le quintette de bristol, Idles, a révolutionné le genre. Aussi le nouvel album, Joy As An Act Of resistance, est le virage à ne pas rater pour un groupe qui réussit tout.

Joy As An Act Of Resistance. Littérallement, la joie comme un acte de résistance. Joe Talbot et sa bande viennent de commettre leur second album, après le très remarqué Brutalism, en 2017. Un renouveau Punk, un bain de jouvence pour un style toujours actuel mais qui a perdu (un peu?) de sa colère initiale.

Ici, on retourne aux bases, à l’essentiel. Ou presque. Idles, c’est un son brutal, sauvage, animal, organique. Pas de fioriture inutile, tout est à l’essentiel. Une section rythmique qui déboîte, deux guitaristes qui ne sont pas là pour enfiler des perles, et un chanteur à la voix cassée comme il faut. Les ingrédients sont là, la mayonnaise monte. Vite. Et fort. Mais si usicalement on est dans l’énergie et dans l’urgence Punk, les paroles sont loin du No Future. Idles ne revendique rien que de l’amour. L’amour de son prochain, de ses proches, de ses voisins, des nouveaux arrivants, de tout ce qui est fait de peau, d’air et de chair, tel que le décrit Joe Talbot dans « Danny Nedelko »:

« He’s made of bones, he’s made of blood, He’s made of flesh, he’s made of love, He’s made of you, he’s made of me. Unity!« 

Idles, c’est une certaine image de l’Angleterre. Celle de la middle-class, celle qui travaille sans savoir pourquoi, sans but, sans espoir. On y retrouve l’ennui et tous les excès qui en découlent. La vie n’a pas été tendre avec les Idles, mais ceux-ci, au lieu de se replier sur eux-même, pressent le tout, et en extraient un album à la fois très sombre dans les musiques, et très interrogatif sur le monde, la société, ces modes de pensée unique. Ecoute « Samaritans », penche-toi sur les paroles (tu les trouveras facilement sur la toile..), et tu verras toutes les interrogations derrière la masculinité portée comme un étendard, qui ne laisse pas la place aux pleurs et à la sensibilité.

Chaque titre a sa personalité propre. Douze titres, 42 minutes. Une constante : un son massif. La voix parfois traînante, parfois à la limite, ne retire rien à l’énergie de l’ensemble, bien au contraire. Joy As An Act Of Resistance fait partie sans nul doute des albums qui vont compter dans l’histoire du Rock. Parce que sans concessions, parce que d’une pureté d’intention évidente, Idles réinvente le Punk, recrée un univers à la fois sombre et humaniste, universel, sur fond de Rock’n’Roll mal léché, avec un arrière-goût de caniveau, mais avec une qualité musicale de dingue, comme dirait Jean Frappas. Un son brutal, d’une efficacité redoutable, une machine qui t’envoie péter les plombs aux 4 coins du salon. À ne pas écouter le soir où mamie Georgette est à la maison, sauf à vouloir avancer la date de l’héritage! Idles, ça déboite sévère, même sur album!

Un bonheur n’arrivant jamais seul, Idles annonce une tournée en France très prochainement. Il est vrai que leurs venues ne sont pas non plus rares. Les chanceux qui ont pu assister au démontage en règle du Trabendo s’en souviennent encore, Idles sur scène est une tornade qu’il ne faut pas rater. Idles se paiera ainsi le Bataclan le 3 décembre prochain, mais ira également bruler les planches en région. Les dates annoncées sont ici:

30 Octobre – L’Aéronef, Lille
23 Novembre, Epicerie Moderne, Lyon
24 Novembre, Rock School Barbey, Bordeaux
1 Décembre, Connexion Live, Toulouse
3 Décembre, Le Bataclan Paris

Pour plus d’information, il y a le site du groupe, et sa page facebook.

Punk, Bristol, Brutalism, Joe Talbot, Rock, Nouvel album, 2018

 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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