Lollapalooza 2018, jour 2 (22 juillet) : Gorillaz, The Killers, Noel Gallagher, Stereophonics….

Fin du week-end à l’hippodrome de Longchamp. Entre les restrictions photographiques encore plus importantes que la veille et les soupçons d’intoxication alimentaire, la journée n’aura pas été de tout repos, mais fort heureusement, les concerts réservaient quelques surprises réjouissantes.

 

Catfish And The Bottlemen
Main Stage 2, 14h30


En ce début d’après-midi, ce sont les Britanniques de Catfish And The Bottlemen qui officient sur la Main Stage 2. Inutile d’espérer des photos de ce concert : les Killers, qui ferment le bal sur cette scène, ont mis en place des canons à confettis qui interdisent aux photographes l’accès au centre de la fosse toute la journée.

Le chanteur Van Mccann se démarque par une voix éraillée assez prenante, au service d’un rock lorgnant sur le blues, voire parfois sur le hardrock. Ce n’est pas extrêmement original mais c’est très bien exécuté, et le groupe est une parfaite mise en jambe. Il propose des morceaux énergiques comme « Homesick » ou « Kathlen », certains possédant d’ailleurs un rythme plus cadencés comme le très sympathique « Cocoon », ou plus midtempo comme « Seven », agréable mais plus anecdotique.
 

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La tension monte plus ou moins avant le début des concerts


Catfish And The Bottlemen n’hésite pas à s’engouffrer dans certains clichés du rock, que ce soit musicalement ou esthétiquement – le chanteur arbore une coupe au bol interdite par la fashion police depuis 20 ans, et le bassiste Benji Blakeway possède l’uniforme complet vêtements noirs / cheveux longs / perfecto, mais cela n’a guère d’importance, leur énergie est authentique et communicative.

La fosse est plutôt remplie pour cet horaire encore prématuré, et les premiers rangs s’agitent énergiquement, une partie reprenant en chœur les refrains. Si le groupe ne révolutionne pas l’indie rock, il connaît en revanche bien son affaire sur scène et aura proposé une prestation très plaisante.

Setlist
•  Homesick
•  Kathleen
•  Soundcheck
•  Pacifier
•  Twice
•  Fallout
•  Fluctuate
•  7
•  Cocoon
•  Tyrants

 

Troyboi
Perry’s Stage, 15h30


À Lollapalooza, une scène entière est réservée à l’electro et aux DJ sets, la Perry Stage, du nom de Perry Farrell, fondateur du festival aux Etats-Unis et chanteur de Jane’s Addiction à ses heures perdues. Cet après-midi, s’y produit entre autres le DJ britannique Troyboi. Sous la tente, la lumière est plus tamisée que devant les scènes, mais pas suffisamment pour rendre complètement l’ambiance de boite de nuit. Qu’importe, le public est à fond, se déhanche, saute partout, et enchaîne les chorégraphies aussi personnelles qu’hasardeuses, qui vont du plus esthétique au plus loufoque.
 

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La Perry’s Stage, dédiée aux sets electro


L’artiste a une vraie dimension visuelle. Des murs d’écran entourent la scène et permettent la diffusion de visuels aussi psychédéliques qu’hypnotiques. L’homme lui-même s’agite dans tous les sens, harangue la foule, chante parfois, se promène d’un bout à l’autre de la scène (magie des bandes qui font une partie du travail toutes seules). Il accueille même des invités, visiblement plus là pour prendre du bon temps et des selfies qu’autre chose.
 

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Et le bar adjacent, parce que remuer dans tous les sens, ça donne soif


Musicalement, c’est du gros electro avec des basses très lourdes mises en avant, le genre idéal pour entrer en transe. Si certains spectateurs sont dans un état léthargiques, d’autres enchaînent les pogos – mention spéciale à ceux arborant un masque du Pape. Au final, un mix efficace pour se défouler, même s’il vaut probablement mieux être un spécialiste du genre pour pleinement l’apprécier.


 

Stereophonics
Main Stage 1, 17h30


Stereophonics est la grande exception de ce dimanche, puisque c’est quasiment le seul groupe que nous pourrons photographier de la journée. Pourtant, les Gallois ne font pas montre d’une grande folie visuelle : si le chanteur Kelly Jones a toujours des airs de jeune premier à 44 ans, il joue la carte de la sobriété en tee-shirt et jean noir, comme ses camarades, seul le batteur Jamie Morrison apportant un peu de couleur. La mise en scène, quant à elle, se compose uniquement d’un backdrop aux couleurs du dernier album en date, Scream Above The Sounds.
 

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Et le début du concert manque également de couleur : le groupe joue bien et montre un minimum d’envie d’être là, mais en plus de ne pas être très causant – le chanteur ne décroche pas un mot sur les premières chansons – il ne déborde pas de charisme, et reste très statique sur les premiers morceaux. Le public est d’ailleurs lui aussi dans l’ensemble très (trop ?) calme.
 

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Les Gallois s’y sont toujours entendus pour composer des mélodies rock efficaces, ce qui sauve le début du concert, mais les garçons sont un peu trop sages dans leur posture et leur interprétation pour rendre ces premières minutes passionnantes. Ils gagnent cependant doucement en conviction au fil des morceaux, et si « C’est la vie » et « Caught by the Wind » sont expédiées, certes de manière efficace, la scène se réveille peu à peu sur « A Thousand Trees », où Kelly Jones adresse ses deux premiers mots au public – « Thank You » !
 

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Mais c’est sur « Superman » que le quintette s’énerve enfin : le son devient plus lourd, le groupe a visiblement fini de s’échauffer et envie de passer aux choses sérieuses, même le chanteur, pas connu pour sa puissance vocale, semble gagner en voix. L’envie du groupe est enfin vraiment visible, les musiciens se font moins statiques, Jamie Morrison se déchaîne plus derrière ses fûts, et le bassiste Richard Jones jamme avec Kelly Jones en outro du morceau, donnant plus de vie à leur prestation. Le chanteur se met à communiquer nettement plus avec le public, présentant les chansons, faisant réagir le public, et félicitant comme tant d’autres avant lui la France pour sa victoire en foot – à croire que ce sont les spectateurs de Lollapalooza qui étaient sur le terrain.
 

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Le reste du concert va suivre le même chemin, même si toutes les chansons ne sont pas du même niveau, certaines en mid tempo ralentissant le rythme, ce qui reste risqué sur un set d’une heure. Non pas que leurs chansons plus lentes soient mal faites : « All In One Light », bien que pas très originale, est jolie et assez émotionnelle, et donne l’occasion au batteur de se servir de ses percussions électroniques. « San Francisco », avec sa guitare sèche et ses chœurs, passe très bien en live. « Maybe Tomorrow » est une de leurs chansons leurs plus connues – mais l’interprétation d’aujourd’hui n’est pas décoiffante. Mais maintenant que nos Gallois sont réveillés, on aurait préféré profiter de leurs morceaux plus dynamiques.
 

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Heureusement, Stereophonics finit par revenir à des morceaux plus énergiques, avec par exemple « The Bartender and the Thief » qui montre que le groupe est capable de produire des morceaux énervés dans la plus pure tradition rock’n’roll – avec quelques mesures de « Ace of Spades » en prime. « Sunny », quant à elle, commence comme une énième ballade, avec Kelly Jones au piano, pour révéler ensuite une âme plus soul, passer par une phase plus progressive grâce à des claviers très bien utilisés, et finir comme un morceau ultra électrisant, où les musiciens se déchaînent, Jones et Adam Zindani s’en donnant à cœur joie à la guitare, avant que le premier finisse par faire rugir sa guitare électrique le pied sur le clavier.
 

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Si la prestation des Gallois aux dix albums et 21 ans d’existence n’a pas été la plus mémorable du festival, elle s’avère tout de même plus qu’appréciable, gagnant en densité au fil du set. Il est dommage que le groupe ait trop mis l’accent sur ses hymnes pop rock au détriment de morceaux plus lourds (lourdeur certes relative comparée à d’autres groupes), mais on pense Stereophonics  capable de plus de fureur dans ses performances – à guetter lors de ses prochains passages en salles.
 

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Setlist
•  C’est La Vie
•  Caught by the Wind
•  A Thousand Trees
•  Superman
•  I Wanna Get Lost With You
•  All in One Night
•  Have a Nice Day
•  Maybe Tomorrow
•  Sunny
•  Mr and Mrs Smith
•  The Bartender and the Thief
•  Dakota

Noel Gallagher’s High Flying Band
Main Stage 2, 18h30


Noel Gallagher, légende vivante ou guitariste bougon surcoté ? Sûrement un peu des deux, mais Oasis a occupé une place tellement à part dans la britpop des années 90 que voir le frangin Gallagher en concert est forcément une curiosité.

Il y a en toute logique du monde devant la scène, même si la fosse n’est pas pleine, mais également devant, puisqu’outre Gallagher himself, Noel Gallagher’s High Flying Band se compose en live de huit musiciens et deux choristes. Sur scène trône un magnifique drapeau de Manchester City, histoire de rappeler les origines mancuniennes de monsieur et son attachement au club un temps prolo de sa ville.

Avec trois albums à son actif, le groupe d’un des hommes les plus prétentieux de son époque – même Kanye West a du mal à atteindre son niveau – ne devrait pas avoir de mal à assurer une heure de show sans pression. Visiblement, le frère de Liam n’est pas tout à fait de cet avis.

Le show commence avec « Fort Knox », issue du dernier album en date des High Flying Birds, Who Built The Moon ? (on est prêts à parier que la réponse est Noel Gallagher, mais c’est un autre sujet…). Des chœurs entrainants, de grandes nappes de claviers, un trio de cuivre flambants, une voix féminine qui apporte un peu d’originalité dans la discographie de Gallagher, inutile de chipoter, c’est un très bon morceau de pop, accrocheur, fédérateur, et en même temps plus pyschédélique que ce à quoi Noel nous a habitués.

Suivent quatre autres morceaux, deux du dernier album, et un de chaque album précédent. « Holy Mountain » est un morceau de bon rock au rythme enlevé avec ce qu’il faut de guitares et de basse vrombissante. Les titres suivants sont efficaces également, mais plus anecdotiques. Le public assiste donc à un bon début de concert, même si, n’en déplaise à Noel, les chansons et l’interprétation ne donnent pas non plus l’impression qu’il ait révolutionné le rock.
 

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Ces dames pourraient peut-être enseigner la joie de vivre au frangin Gallagher


Les musiciens ne sont pas des plus expressifs, mais ils semblent concentrés sur ce qu’ils font et plutôt heureux de jouer ensemble. En ce qui concerne le meneur, on aurait plutôt tendance à dire qu’il apprécie lui aussi le moment, mais il est difficile d’en être certain, puisqu’il paraît qu’il ne change d’expression que quand il se coince les parties dans une porte – allégation impossible à vérifier, il n’y a pas de porte sur les scènes de Lollapalooza. Quant au public, il réserve dans l’ensemble un bon accueil au groupe, sans que ce ne soit non plus la folie furieuse.

Mais à la fin du cinquième morceau, Noel craque. Il oublie que depuis huit ans, il a son groupe à lui qui crée des morceaux originaux, et il le transforme en cover band de lui-même en replongeant dans l’addiction Oasis. Dès lors, ce sont essentiellement des reprises de l’ancien groupe de britpop que les Oiseaux de haut vol vont enchaîner : « Little by Little », « Whatever », « Half the World away »…
 

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Et dans toutes ces reprises, Lollapalooza n’aura même pas eu Champagne Supernova !


Sombrer dans la nostalgie va rendre Gallagher un peu plus communicatif avec le public, même si ses interventions se limitent pour la plupart à remercier la foule et lui demander comment elle va. Sur « Don’t Look Back in Anger » et « Wonderwall », les spectateurs s’agitent, brandissent leurs téléphones portables et chantent à l’unisson.

En guise de conclusion, les cuivres font entendre l’introduction de « La Marseillaise », mais c’est celle qui préfigure « All You Need Is Love » des Beatles, jouée en ultime chanson. Il est dommage que Noel Gallagher n’ait pas donné plus de place aux chansons des High Flying Birds, efficaces en concert, mais ce show est en fait une bonne synthèse du bonhomme : si son présent est celui de chanteur des High Flying Birds, il reste plongé dans son passé de guitariste d’Oasis, et dans ses rêves de ressusciter les Beatles.
 

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Est-ce la vue de cette Tour Eiffel miniature qui a inspiré sa dernière reprise à Noel ?


Setlist
•  Fort Knox
•  Holy Mountain
•  It’s a Beautiful World
•  In the Heat of the Moment
•  Dream On
•  Little by Little (reprise d’Oasis)
•  Whatever (reprise d’Oasis)
•  She Taught Me How to Fly
•  Half the World Away (reprise d’Oasis)
•  Wonderwall  (reprise d’Oasis)
•  AKA… What a Life!
•  Don’t Look Back in Anger  (reprise d’Oasis)
•  All You Need Is Love (reprise des Beatles )
 


The Killers
Main Stage , 20h30


Entre deux poids lourds du rock, Nekfeu est venu rassembler les fans de rap devant la Main Stage 1 pendant une heure. De loin, il a l’air de mettre sacrément l’ambiance, à tel point qu’il en oublie l’heure et déborde de son créneau. Les fans des Killers, massés devant la Main Stage 2, se mettent à huer le rappeur français pour le faire partir. Réaction peut-être excessive, après tout, ce n’est pas le premier retard du week-end. Mais cela s’éternise, les supporters des Américains ne sont pas contents, et le groupe non plus. Alors que Nekfeu est toujours sur scène, Brandon Flowers et ses copains font irruption sur scène. Le chanteur, tout sourire, salue la foule, et le guitariste additionnel Ted Sablay balance le riff de « Mr Brightside ». C’est la confusion dans la fosse : une partie des gens continue de huer le rappeur des Alpes-Maritimes, qui n’est toujours pas décidé à partir, tandis que l’autre applaudit bruyamment les Las Vegans pour leur coup de force.
 

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Au loin, la scène de laquelle Nekfeu ne voulait plus partir


Clairement, le membre du S-Crew a mis The Killers de mauvais poil, et on sent qu’ils ont envie d’en découdre. Résultat, la chanson, qui est à la base un hymne pop rock entêtant, gagne une force de frappe irrépressible, Ronnie Vannucci Jr martèle sauvagement sa batterie, Dave Keuning et Mark Stoermer plaquent leurs accords avec véhémence, et Brandon Flowers scande les paroles d’un air vindicatif.

L’entrée en matière est une pure déflagration d’énergie, et pour ceux qui ne voyaient en The Killers qu’un groupe pop rock un peu mou, c’est une franche surprise. Nekfeu essaye de continuer de son côté, se refait huer à la fin de « Mr Brightside », et finit par mettre les voiles.

The Killers, eux, gardent la gnaque, et enchaînent sur « The Man », un titre au groove assez disco, durant lequel la basse de Stoermer se taille la part du lion. Le morceau aurait pu être plat, mais le groupe y met tellement de conviction, aidé par un trio de chœurs féminin, et l’énergie de Flowers est tellement communicative, que la chanson déclenche des déhanchements irrépressibles.
 

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La place des associations aime les décorations bariolées dans le ciel, comme The Killers, mais contrairement aux Américains, cela ne restreint pas la prise de photos sur site


Retour aux classiques avec « Somebody Told Me ». Sous l’impulsion du groupe qui se déchaîne, l’hymne pop rock un peu lisse du début des années 2000 deviendrait presque une furie punk. Ronnie Vannucci Jr est particulièrement survolté derrière ses fûts, malheureusement sa batterie souffre de problèmes de son une bonne partie du show, créant des vibrations assez pénibles dans une partie de la foule.

Le groupe a veillé à équilibrer sa setlist, avec au moins deux titres de chacun de ses cinq albums, mais c’est son tout premier, Hot Fuss, sorti en 2004, qui est le plus mis en avant avec cinq titres joués. Les chansons ne sont pas toutes du même niveau, certaines sonnent assez platement (« Shot in the Night »), mais le groupe a suffisamment de détermination ce soir pour que tous les morceaux passent relativement bien sur scène.
 

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En arrière plan, la Main Stage 2 va bientôt se couvrir de confettis


Après un début aussi haut en couleurs, le public est aux anges et sautille allègrement. Le leader parle un peu entre les morceaux, mais se concentre surtout sur la musique. Pour créer plus d’animation, le groupe bombarde par plusieurs fois les spectateurs de confettis bleus et roses. D’accord, c’est sympa, mais vu la performance du groupe ce soir, l’artifice n’était pas vraiment indispensable, et surtout, on n’est pas certain que cela valait le coup de nous priver de photo tout l’après-midi. Le groupe fait aussi monter un spectateur pour jouer de la batterie sur « For Reasons Unknown », ce n’est pas extraordinaire, mais cela fait toujours son effet.
 

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Le festival a accueilli des spectateurs du monde entier, comme ici la Nouvelle-Zélande. Le rapport avec The Killers ? Aucun, pourquoi ?


Le concert touche à sa fin, et The Killers terminent avec « Mr Brightside », puisqu’elle était originellement prévue pour la fin et non le début du concert. Si elle n’est pas mal jouée, la fougue et la détermination du groupe était telle lors de leur attaque que cette seconde version apparaît fade en comparaison. Mais le quartette a livré une très bonne performance, qu’on n’aurait pas forcément imaginée d’eux au vu de leur discographie. On se pose donc la question en toute mauvaise foi : pour que les Killers mettent le feu sur scène, faut-il systématiquement leur adjoindre Nekfeu en première partie ?
 

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Pour aider les groupes à préparer leur retour, on leur indique la distance jusqu’à Chicago. Certes, The Killers sont de Las Vegas, mais ils doivent pouvoir trouver une correspondance depuis l’Illinois.


Setlist
•  Mr. Brightside (non prévu sur la setlist de base)
•  The Man
•  Somebody Told Me
•  Spaceman
•  The Way It Was
•  Shot at the Night
•  Run for Cover
•  Smile Like You Mean It
•  For Reasons Unknown 
•  Runaways
•  Read My Mind
•  All These Things That I’ve Done
•  When You Were Young
•  Human
•  Mr. Brightside

 

Gorillaz
Main Stage 1, 22h


Pour finir en beauté le week-end, Lollapalooza a programmé Gorillaz – toujours sans photo, pourquoi perdre les bonnes habitudes ? L’affluence est réelle, même si elle est moins massive que pour Depeche Mode la veille. Faut-il y voir une conséquence de la supposée intoxication à l’eau dont auraient été victimes certains festivaliers ? Le festival a démenti, mais nombreux se sont plaints sur les réseaux sociaux d’avoir été malades après avoir bu de l’eau sur le site – il faut dire que le samedi, il n’y avait aucun point d’eau potable, et qu’un pauvre accès à l’eau potable avait été installé en urgence le dimanche.

Quoi qu’il en soit, sur scène, l’affluence sera à son apogée pour ce dernier concert. Car en live, Gorillaz, ce sont sept musiciens, pas moins de huit choristes, et une flopée d’invités, même s’ils n’atteignent probablement pas leur record en la matière ce soir – il y en aura tout de même pas loin de dix.
 

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« Mix music, match people », le slogan parfait pour Gorillaz ?


Le groupe débarque sous les nuages de fumée verte, et après avoir salué le public, se lance sur « M1A1 », extraite de leur tout premier album Gorillaz, pour une version particulièrement électrique, avant d’enchaîner sur un « Tranz » puissant et hypnotique, où la basse résonne plus que jamais.

La première partie du concert est d’ailleurs très rock, avec un son beaucoup plus lourd que sur CD. Il faut dire qu’à 15 sur scène, il y a de quoi faire. Les musiciens sont très en forme, Damon Albarn est habité par son chant, Jeff Wootton multiplie les va-et-vient le long de la scène avec sa guitare, et Seye Adelekan danse littéralement autour de sa basse – il bat d’ailleurs largement  Albarn point de vue charisme et présence scénique sur l’ensemble du show. Les huit choristes occupent l’espace vocal sans le saturer, et l’ensemble des musiciens arrive globalement à se faire entendre.
           
Comme on est avec Gorillaz, le show est maîtrisé aussi bien musicalement que visuellement. La scénographie du groupe offre des lumières assez impressionnantes, qui partent dans les verts ou les rouges. Les écrans voient alterner des motifs abstraits, des saynètes plus ou moins oniriques, et souvent, les clips du groupe. C’est beau, mais venant d’une formation qui a mis à ce point l’esthétisme au centre de son projet, c’est le moins qu’on puisse attendre. En dépit du nombre impressionnant de protagonistes sur scène, ce qu’il se passe sur les écrans est parfois plus hypnotisant, de sorte que l’on perd facilement de vue le monde réel. Il faut dire que les clips ont beau être connus, ils sont tellement travaillés qu’on les regarde à chaque fois comme une vraie série télé avec son fil conducteur et ses multiples rebondissements.
 

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De nouveaux personnages dans l’univers de Gorillaz ? (Spoiler : non. Rassurés ?)


En 90 minutes, le groupe passe en revue ses cinq albums, avec une légère prédilection pour son tout dernier album, The Now Now, paru cette année, et son deuxième, Demon Days, qui date de 2005. Après une partie assez rock, où Adelekan et Wootton s’en donnent à cœur joie, le spectacle bascule sur un passage beaucoup plus calme qui met en valeur la facette plus hip-hop mais aussi soul du groupe, notamment grâce aux chœurs très travaillés. Même si les morceaux pris individuellement sont très bons, à trop ralentir le rythme, la bande à 2D et Murdoc finit un peu par nous endormir.

Fort heureusement, l’arrivée du premier invité, Peven Everett, sur « Strobelite », entreprend de réveiller la foule pour un passage très funky. A partir de ce moment, le groupe accueille un invité par chanson, et enchaîne ses morceaux les plus dansants, funks ou electros, transformant la fosse en boîte de nuit à ciel ouvert. L’ambiance ne dépareillerait pas sur la Perry’s Stage, mais elle aurait été trop petite pour accueillir tous les artistes du concert… Malheureusement, Lollapalooza n’aura droit à Snoop Dogg que sur les écrans géants, mais l’ambiance est trop euphorisante pour vraiment s’en soucier.
 


Retour ensuite aux grands classiques avec ‘Feel Good Inc.’, avant d’avoir droit à cinq chansons pour le rappel, dont ‘Kids with Guns’ et le mythique ‘Clint Eastwood’. ‘We Got the Power’, extraite de l’avant-dernier album Humanz, conclut un concert aux mille facettes, et réserve aussi la plus grosse surprise de tout le spectacle, et même tout le festival : aux côtés du groupe, outre Jehnny Beh et Little Simz, c’est bien un Noel Gallagher plus expressif qu’à l’accoutumée qui vient chanter. Si les ennemis jurés de la britpop ont enterré la hache de guerre il y a un certain temps, les voir chanter ensemble sur scène ce duo enregistré en 2017 donne l’impression d’assister à un moment privilégié. Et qui mieux qu’eux aurait pu conclure le festival en chantant les vertus de s’aimer les uns les autres sans être ridicules ?
 

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Clap de fin pour Lollapalooza. ça tombe bien, on commençait à manquer d’inspiration pour les légendes…


Setlist
•  M1 A1
•  Tranz
•  Last Living Souls
•  Rhinestone Eyes
•  Tomorrow Comes Today
•  Every Planet We Reach Is Dead
•  Humility
•  On Melancholy Hill
•  El Mañana
•  Fire Flies
•  Strobelite (avec Peven Everett)
•  Andromeda
•  Hollywood (avec Jamie Principle)
•  Garage Palace (avec Little Simz)
•  Stylo (avec Peven Everett et Bootie Brown)
•  Magic City
•  Dirty Harry  (avec Bootie Brown)
•  Feel Good Inc.
•  Souk Eye
•  •  Rappel
•  Lake Zurich
•  Saturnz Barz
•  Kids With Guns
•  Clint Eastwood
•  We Got the Power  (avec Noel Gallagher, Jehnny Beth & Little Simz)



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