Skunk Anansie – Black Traffic

Qui ne connaît pas Skunk Anansie ? Le groupe s’est affirmé dans les années 1990 comme un des plus beaux fleurons du rock alternatif bourrin, le temps de 3 excellents albums et, surtout, de concerts endiablés durant lesquels Skin et ses troupes ont toujours mis tout le monde d’accord. Un split et une reformation plus tard, Skunk était revenu en forme en 2010 avec Wonderlustre, qui nous montrait un groupe à l’aise dans ses baskets, apaisé mais pas mou du genou, qui faisait toujours son truc sans se soucier du qu’en dira-t-on, avec quelques années en plus. Et surtout, le gang n’avait rien perdu de sa superbe en live et avait atomisé les salles dans lesquelles il s’était produit (les chanceux qui avaient pu assister au concert de l’Olympia doivent encore en garder des souvenirs émus). Donc pour faire court, tout va bien, et on attendait impatiemment ce nouvel album des anglais qui du fait de tous ces bons augures se devait d’être une bonne baffe.


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Et vous l’aurez compris, ce n’est pas vraiment le cas. Black Traffic est à ce titre un peu étrange. Le morceau « Sad, sad, sad », disponible depuis un moment sur la toile, annonçait un son assez dansant, limite électro, très typique des tendances de ces dernières années. Pourquoi pas après tout ? Le titre précité est efficace, énergique, et devrait faire un malheur en live. C’est d’ailleurs le cas de bon nombre des titres de cet album : « I will break you », « Satisfied » et son gros riff punk, « Sticky fingers in your honey » sont de belles décharges d’adrénaline, le duo « Spit you out » avec Shaka Ponk est également très énergique, et la patte des français est bien présente, notamment sur le refrain… On retrouve plusieurs ballades assez réussies, les violons sur « I hope you get to meet your hero » sont bien trouvés et pas trop envahissants, « Diving Down » conclut agréablement l’album… Quelques titres plus mid-tempos renouent avec l’esprit de Wonderlustre, comme le chouette « Drowning »… Par contre, ils ont oublié la magie quelque part sur le bord de la route. Comme quoi l’efficacité ne fait pas tout, et à défaut de profondeur, finit par tomber à plat.



 

Difficile de trouver une explication claire, et pourtant… On a le sentiment que le groupe n’a pas réussi à trouver l’équilibre qu’il cherchait, de sorte que le tout sonne un peu trop « calibré », trop travaillé, trop clinique, même dans ses instants les plus énergiques. Wonderlustre était certes apaisé, mais paraissait plus honnête, plus libre aussi. Même les influences électro sous le plus souvent sous-exploitées. Alors même si certains refrains font mouche, même si l’ensemble reste plutôt agréable à entendre, il est difficile de ne pas être un peu déçu par ce Black Traffic finalement assez inoffensif. Rien de honteux, bien fichu, tout ça tout ça… Mais de la part d’un groupe qui nous a offert de grands moments, qui dispose d’aussi bons musiciens et d’une putain de chanteuse, comment ne pas attendre plus ? Comment ne pas vouloir que Skunk Anansie confirme son retour de la plus éclatante des manières ? En l’état, Black Traffic n’est pas un scandale qui mérite qu’on crie à l’arnaque du siècle, c’est un album tout juste sympathique qu’on oubliera somme toute rapidement.

NOTE DE L'AUTEUR : 6 / 10



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