Uriah Heep à  la Cigale – 22/01/19

Avec un Living the Dream qui, s’il ne respire pas l’originalité, montre que les Britanniques de Uriah Heep en ont encore sous la caboche, nous sommes assez impatients à l’idée de les revoir sur scène. C’est ce soir, mardi 22 janvier, qu’ils s’apprêtent à fouler les planches de la Cigale.

En attendant, on se délecte du folk doux et suave d’Elias Dris. Une guitare acoustique, un musicien armé également d’une six cordes et de pédales à multi-effets pour jouer sur les ambiances, il en faut peu pour voyager. Le jeune prodige offre une prestation bien différente de la déferlante qui suit, mais avec ses notes chatoyantes parvient à convaincre son auditoire. Sans tant s’envoler – il aurait fallu plus de temps pour cela, on ferme les yeux – on s’évade sur les terres américaines (Gold in the Ashes, premier album du chanteur, a été enregistré en Californie et ça se sent) le temps d’une demie heure.

Elias Dris, acoustique, péteux claquant, paillettes

Avec le flot de t-shirts d’une audience à la moyenne d’âge bien élevée, on sent qu’il n’y a pas forcément le public de la toute première heure – 48 ans d’existence, tout de même – mais des fans qui suivent le groupe depuis un sacré moment. Et les connaisseurs sont en effet là, et à jour, tant tout le monde connaît déjà les paroles des six titres issus de Living The Dream présentés ce soir. L’ambiance ne sera donc pas à son apogée uniquement sur l’introduction avec le morceau mis en avant de l’album, « Grazed By Heaven », et le groupe, étonné d’un tel accueil, en joue avec le plaisir qu’on lui connaît.

Uriah Heep, Bernie Shaw, Frontman, pépé

Loin de leur période progressive qu’ils ont depuis longtemps laissé de côté pour privilégier leurs morceaux très « hard rock » (avec les réminiscences de « Gypsy » et « July Morning » en fin de set), c’est une prestation très énergique qui nous est offerte, Bernie Shaw tenant la baraque de voix de maître. Le Canadien, montrant malgré tout quelques signes de fatigue sur le rappel, est en forme incroyable pour ses 62 ans, et sort même des aigus issus de l’ancien répertoire « David Byron » du groupe (notamment sur « Return To Fantasy » ou « Easy Livin’ « , où les notes les plus ardues sortent avec peine, mais sortent !). Les choeurs, exécutés principalement par Phil Lanzon (claviers) et Davey Rimmer (basse) rehaussent les parties vocales avec panache. On est loin de leur travail très prononcé en studio, mais ils apportent une certaine consistance.

Uriah Heep, Davey Rimmer, Basse, souris bordel, coucou Phil

Mélodiquement donc, ça y va. Mick Box, doyen de la formation et dernier membre originel, a certes réduit sa puissance de jeu (le guitariste se préserve pour déployer plus de virtuosité sur les derniers titres plus exigeants techniquement) mais conserve une patte unique et un son particulier ; Lanzon, s’il est moins mis en avant dans le mix, envoie des soli de haute volée. Russel Gilbrook (batterie), au jeu lourd quasi-metal, dévaste tout sur son passage et offre à Uriah Heep une énergie supplémentaire.

Uriah Heep, Mick Box, patriarche

Une recette qui fonctionne, un nouvel album mis en avant, des classiques toujours brillamment interprétés, Uriah Heep continue sa route. On regrette que, comme la quasi-majorité des anciennes formations, le groupe laisse vite tomber les morceaux de ses albums récents, tant ces derniers fourmillent de titres brillants depuis la reformation avec Wake The Sleeper. À l’instar de Deep Purple (mis à part un aspect plus lourd chez Uriah Heep, les deux groupes se ressemblent assez), le groupe est en autoroute et reste dans sa zone de confort, surtout lorsqu’il s’agit de faire enchaîner ses titres phares en fin de set, avec les mêmes tournures et impros. Mais on préfère largement voir un Bernie Shaw en grande forme qu’un Ian Gillan aux fraises!

Uriah Heep, Bernie Shaw, je me suis coincé le doigt dans la porte, aie aie aie les cactus, Frontman

Sans surprises, mais face à un groupe qui arrive encore à accuser ses années et à tenir parfaitement la route, on s’est éclatés ce soir avec Uriah Heep. On voit le bout du chemin pointer, mais on sent que quelques années nous séparent encore de la fin de ce groupe emblématique. Puisse-t-on encore en profiter longtemps !

Uriah Heep, Mick Box, patriarche, lunettes, l'ancien temps

Crédit photos : Rodolphe Goupil. Toute reproduction interdite.



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