Mike Shinoda (+ Coco Bans) au Zénith de Paris (09.03.2019)

Après être venu nous voir en configuration festival à Rock en Seine, l’heure est venue de prendre du rab de Mike Shinoda en tête d’affiche. Pour l’occasion, le chanteur de Linkin Park pose ses valises au Zénith, une salle peut-être un peu ambitieuse lorsqu’on voit la configuration minuscule de la salle parisienne avec la moitié des gradins fermés et une fosse réduite au minimum.

Coco Bans

Coco Bans ouvre la soirée et va nous livrer son pop-rock pendant une demi-heure. Malgré la taille de la scène, on ne sent chez eux aucune appréhension face à un public plutôt bienveillant. Pourtant le combo est très récent et n’a qu’un EP de six titres sous le bras. Au chant, Alisson fait preuve d’une maitrise vocale des plus impressionnantes et les musiciens sont en place : on est loin d’être face à des amateurs.

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Sans être forcément transcendantes, les compositions des Français sont plutôt bien troussées avec notamment ce morceau uniquement guitare-voix pour varier le set. Américaine mais habitant en France depuis de longues années, la chanteuse s’exprime à la fois en anglais et en Français au public avec pas mal d’enthousiasme.

Visiblement, cette prestation a été remarquée par les fans de Mike Shinoda et on entend très peu d’échos négatifs à la sortie de la salle. Coco Bans a réussi à profiter de l’opportunité qui lui était présentée de jouer dans une si grosse salle. Il y en aura forcément d’autres s’ils continuent sur leurs lancée.

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Mike Shinoda

Revoilà donc Mike Shinoda à Paris, cette fois en tête d’affiche pour répondre à la soif d’un public orphelin de Linkin Park. Toujours accompagné d’un batteur et d’un claviériste un peu touche à tout, Mike est désormais rôdé après un an à arpenter les scènes dans cette configuration. Le voir sur scène, c’est l’occasion d’entendre des raretés de Fort Minor d’il y a plus de dix ans, les titres de Post-Traumatic et bien sûr des titres de Linkin Park.

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On est visiblement tombé sur la mauvaise date niveau setlist (Mike la change tous les jours) puisque « Petrified » n’ouvre pas le set mais « Welcome » puis « Ghosts ». Mike montre de nouveau qu’il maîtrise la scène comme personne en n’ayant aucun mal à captiver l’ensemble des spectateurs du Zénith passant de la gauche à la droite de la scène avec son flow toujours aussi précis. Aux claviers, aux samples, à la guitare, il manie beaucoup d’instruments en chef d’orchestre, exactement comme il le faisait sur scène avec LP

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Malheureusement, le fait de passer de 1 heure à 1h45 de set n’a pas fait que du bien et on constate un gros ventre mou dans le concert. Les chansons de Post Traumatic ont un peu de mal à faire leur effet et l’émotion semble un peu moins grande qu’à Rock en SeineMike retrouvait la France pour la première fois. L’hommage des spectateurs à Chester Bennington avait alors duré de longues minutes là où il est expédié en quelques secondes ici. Mike en semble le premier surpris mais nous offre tout de même un beau moment en jouant au piano « In the End » puis « Numb » et en laissant le public se charger des refrains de ces tubes à la place de feu Chester

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En dehors de ça, on retrouve avec plaisir les tubes « Over Again » ou « Waiting For the End » mais rien de véritablement nouveau par rapport à août dernier. « Sorry For Now » et son solo de batterie font leur apparition mais le titre fait aussi partie du répertoire pop-rock un peu fade du frontman que ce soit avec LP ou en solo.

Heureusement, l’attitude de Mike nous séduit toujours autant avec cet éternel sourire évidemment et cet humour ravageur. On le verra s’affubler d’un bonnet Pikachu lancé par un fan ou simplement lâcher une ou deux blagues, toujours bien senties. Ce n’est pas nouveau mais Mike est vraiment capable de donner une impression d’intimité et de chaleur, comme s’il jouait devant dix personnes alors que la salle en compte plusieurs milliers.

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On a la bonne surprise d’avoir droit à « Robot Boy » pour le rappel avant le nouveau single de Mike, « Prove You Wrong ». Moment qui pourrait paraitre anodin mais qui prouve la valeur de l’artiste : il invite Alisson de Coco Bans, rencontré dans l’après-midi à venir chanter sur « Make It Up As I Go ». On peut dire ce qu’on veut sur Mike Shinoda mais sa mentalité de laisser sa chance aux jeunes artistes et garder l’esprit ouvert souffle un vent frais sur une scène où de plus en plus de rockstars se cloisonnent. Comme pour illustrer cet esprit encore plus, il passera la dernière chanson « Running From My Shadow » au contact du premier rang échangeant des sourires toujours aussi purs avec ses fans.

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Mike Shinoda nous a une nouvelle fois donné un set sympathique mais un peu mou par moment et sans réussir à tenir l’intensité et l’émotion sur 1h45. Aucun moyen de savoir s’il continuera cette tournée solo ou si Linkin Park va reprendre d’une façon ou d’une autre ses activités mais la formule a peut-être fait son temps sous cette configuration malgré tout le talent du frontman. À voir ce que nous réserve la suite sachant que s’il y en a bien un capable de se réinventer avec talent, c’est bien Mike.

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Welcome
Ghosts
Remember the Name
High Road
Roads Untraveled
Watching as I Fall
In Stereo
When They Come for Me
Sorry for Now / High Voltage
Crossing a Line
Waiting for the End / Where’d You Go
In the End
Numb
About You
Over Again / Papercut

Robot Boy
World’s on Fire
Prove You Wrong
Castle of Glass
Make It Up as I Go
Good Goodbye / Bleed It Out
Running From My Shadow

Photos : Clara Griot
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