Teleferik – Blood Orange Sirup

Revoilà Teleferik, qui a pris le temps de bien faire après son premier album Lune Electric sorti fin 2015. Le duo franco-libanais composé d’Eliz à la basse et d’Arno à la guitare revient avec une formule rock world et bien plus encore. Blood Orange Sirup se veut le lien entre l’Orient et l’Occident. Après une sortie totale DIY pour le premier album, Teleferik a su s’entourer pour le nouveau, réalisé et mixé par Azzedine Djelil (Catherine Ringer, Minuit) et masterisé au Golden Mastering Studio de Los Angeles. Ils ont aussi travaillé avec le musicien syrien, Rizan Said, et toujours avec Olivier Hurtu à la batterie. L’album sera distribué à partir du 12 avril par Differ-Ant.

Sans perdre leurs racines musicales blues, Eliz et Arno les ont enrichies pour leur donner un aspect, une teinte qui dépassent les frontières. On retrouve aussi le chant en français, en anglais et en arabe comme sur le premier album, au gré des chansons. L’étiquette musicale du groupe est une question pour eux, se demandant leur positionnenment, il nous parait cohérent de dire que c’est du Rock. Au sens large, mais les éléments fondamentaux sont présents : grosse basse, guitare saignante, batterie. Mais aussi, et c’est là une différence avec Lune Electic, le clavier de Rizan Said qui fait son apparition et enrichit les compositions avec des sons profondément variés sur l’ensemble de l’album.  

Teleferik aussi peut se faire pop aussi avec le titre en français « Cheveux denses » mais aussi en arabe avec « Khalina n’Shouf » qui saura faire danser avec son clavier staccato bondissant. Les souvenirs, l’écologie (« Sarr Lezim »), les migrations (« L’Autre Côté), l’amour, la liberté dont celle des femmes (« Just A Woman », « Hell In Your Arms »), la place dans la société (« Queen Of The Harem »), autant de thèmes pas si universels que ça quand il s’agit de défendre l’amour homosexuel (« So Many Lovers », « Hell In Your Arms »). Et pour le groupe, on se doit de dépasser les dogmes, pour accéder à l’universalité et à la liberté. Probablement, en tout cas on y croit, et c’est un « message to the world » car « You Are Poetry », vous pouvez changer le monde autant que je le peux. Nous serons saisis par le premier titre très rock « Aloule » où de sa voix chaude, Eliz nous enjoint d’être nous-mêmes et d’aimer. 

Teleferik, Blood Orange Sirup, album

Teleferik sort le grand jeu avec Blood Orange Sirup avec une qualité sonore à la hauteur des leur ambition. Avec une richesse instrumentale féroce (écoutez le thème de « Sarr Lezim », de « Aloule »…), une voix digne des plus grandes chanteuses rock, un style qui surclasse les styles, un applomb de choc pour traiter les thèmes les moins faciles avec élégance, Teleferik peut espérer passer un cap avec cet album, le duo semble avoir mis toutes les chances de son côté. Les dés sont jetés.

A voir en concert le 11 avril au Black Star de Paris

Sortie le 12 avril chez Differ-Ant

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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