Printemps de Bourges 2019 – Côté Rock – 17-18/04

C’est sous un soleil radieux que nous arrivons au Printemps de Bourges version 2019. Comme d’habitude à La Grosse Radio, nous n’irons pas aujourd’hui voir les stars et autres vieux de la vieille, et pourtant, nous n’aurions pas boudé notre plaisir de voir une nouvelle fois Thiéfaine. Nous jettons donc notre dévolu sur la fin de soirée des Inouïs Rock au 22 avec Structures, We Hate You Please Die et Slift. Trois groupes que votre serviteur n’avait pas encore vu… Et en route pour la joie, le psyché, le punk et le post-punk…
Après une grosse bonne première soirée d’échauffement, on a remis ça le lendemain soir au Nadir pour une démente soirée avec The Psychotic Monks et Le Villejuif Underground !

Structures – au 22 le 17/04 à 22h30

6 titres et 30 minutes seulement (le septième titre ne sera pas joué faute de temps…) pour convaincre le public du 22 qu’ils sont peut-être la révélation rock de l’année, les gars de Structures. Et ils s’y emploient directement avec un « Rough Wave » qui donne le ton. Un ton de British lad so 1986. Le 22 au trois quart plein semble ravi et bougeotte en rythme, tout en saccades. Faut dire que derrière, la batterie d’Oscar percute sévère. Le chanteur comme son chant, bien en avant, au contact de la foule. Adrien le claviériste vient en renfort en seconde guitare pour appuyer le saignement. L’entre-morceau rajoute une couche avec un larsen grave pour la relance du morceau suivant, sombre, avec Pierre le chanteur en retenu. Structures aime quand ça crisse. Les solos sont courts, brutaux et bien dans le mix, pour un son global qui cherche le mur du son. La percussion dans la gueule du public. En force. Structures est sans équivoque, le groupe va au contact, avec une certaine brutalité. Les têtes du public se secouent vigoureusement. Un dernier hurlement repris par le public vient conclure ce set vif et bestial avec un dernier titre démentiel !

Le Printemps de Bourges, Structures

We Hate You Please Die – au 22 le 17/04 à 23h 

Toujours côté Inouïs Rock au 22, avec les 4 WHYPD. On sent d’entrée qu’ils vont nous donner du fil à retordre ! Tant niveau chant, hyper particulier à la fois bas et aigü que des compos partant dans tous les sens. C’est Structures sans structure. En plus punk, quoi, les petites mélodies en plus. Le chanteur, dont la voix est le seul instrument pour l’instant, pousse de hurlements à la mort avec fureur, on sent que c’est une âme délicate qui aime sentir la rosée fraîche du matin dans les champs, certes mais en sortant d’un club rock poisseux. Ouais, ça poisse bien, voilà les effets mélangés de la guitare et de la basse ! Entendre cet autre morceau qui pourrait être du surf rock mais en accéléré et acide (sous acide ?) est un ravissement particulier. On avait croisé le chanteur durant l’après-midi au soleil, distribuant aux badauds ses CD avec gentillesse et timidité, ils auront été surpris de le voir si agité et habité ce soir. Une pile, le gars. Tout en électricité, le petit bonhomme. Et quand il se relâche enfin, c’est pour laisser le chant à la bassiste, quittant même la scène. Le set se normalise dans un brouhaha pink punk. Pour son retour, le chanteur vient s’anjailler dans le public qui pogote joyeusement. Même si WHYPD n’est pas élu Inouï de l’année, c’est notre révélation.

Le Printemps de Bourges, We Hate You Please Die

SLIFT – au 22 le 17/04 à 23h30 

Changement de registre après les hurleurs et autres déglingés, SLIFT fait dans le psyché cossu. Cela passe direct avec une vidéo sur toute l’arrière-scène tout en zigouigouis lumineux. C’est l’instru qui prend largement le devant de la scène, de longues plages oniriques ponctuées de quelques phrases ou bouts de phrases scandées répétitivement. La redondance marque le set, comme pour nous marteau-piquer la tête. Crissements des guitares et tremblements du public, après Structures et WHYPD le groupe doit travailler un public ravagé. Et le travail porte ses fruits pour le dernier titre, le plus virulent, où l’on trouve une voix féroce. Peut-être pas le groupe de la soirée, mais celui qui développe le plus ses instru, et puissamment. Pour quelques ravages auditifs pour les non-initiés à la verve fin 60’s et ceux qui auraient oublié leurs bouchons d’oreilles. Ce fut étonnant, parfois troublant, terriblement entêtant et globalement hérissant.

Le Printemps de Bourges, Slift


Le Villejuif Underground – au Nadir le 18/04 à 22h30 

Groupe particulier pour intro particulière à deux voix, en français, avec des petites touches de synthé en accompagnement tandis que le bassiste et le guitariste arrivent. Le Villejuif cultive les hymnes du cool, par la voix traînante, comme naturellement alcoolisée, de son chanteur anglais et les instru rondes. Il a acheté un nouveau pantalon chez Guerrisol à Château Rouge, il fallait qu’il nous le signale. Une balade dans Paris avec eux doit être quelque chose niveau interlope. Guitare haute, sweat vert à rayures rouges et bretelles, chemise bariolée de Guerrisol aussi. L’image se veut déglingo, j’m’en foutiste, et leur musique en fait l’hommage. Avec ses beats électroniques, le groupe détient son assise mécanique, comme pour se retenir, comme quand on on marche, titubant, en tenant les murs.

Le Villejuif est dégingandé, tournoie, dans une ambiance qui légitimise la flemme, la paresse, dont on revendique volontiers le droit. « J’ai oublié toutes les paroles mais c’est pas grave, toutes les chansons sont neuves pour vous« , tranquille ! On ne leur en veut même pas de cet étalage de facilité délirante. Et pourtant c’est bien exécuté et carré (merci la « batterie » donc), à la cool. Et aucun air de déjà-vu, c’est tendre et frais comme une fin de nuit. « Je peux avoir plus de retours ? Vous attendez bien, vous ? (nda : À ses musiciens) Oui ? Ah bon, c’est pas grave. Allez, c’est un morceau pour les boîtes de nuit« . Mais alors celles dont on rêverait ! A la vôtre !

Le Printemps de Bourges, Le villejuif underground

Psychotic Monks – au Nadir le 18/04 à 00h00

Sombre et orageux, bleu et vaporeux. Entrez dans la danse macabre des Psychotic Monks. Dans un écho de cathédrale, et après une longue intro au synthé, le chanteur guitariste débute son prêche. Dans le bruit et la fureur, les instru métalliques s’emparent de la salle. En ligne, les Monks, les guitares aux extrémités, et au centre les synthé et la batterie sont en face à face. Et sur un public attentif, une musique mortuaire, sauvage, brutale, quasi expérimentale. Dans le noir complet, une lumière rouge vient recouvrir les musiciens, des éclairs blancs des poursuites se jettent sur le scène à la cadence de la grosse caisse, vigoureusement pénétrante. Le public hurle au moment de noir, le chanteur scande de plus belle. Les Monks agissent par à-coups, de plus en plus portés.

Pas le temps de se laisser aller à la mélancolie qui pourrait être suggérée par cette atmosphère de ténèbre aride. Se perdre dans le songe inquiétant des Monks. S’enliser dans les nappes énervées de synthé. S’accrocher le crâne pour lutter contre les percussions rageuses. Leur concert est une expérience dont nous ne sommes pas les héros. Les musiciens maîtrisent de bout en bout, gèrent notre temps, c’est implacable. C’est insensé, plongé dans le vif et dans le dur, l’auditeur devra ne pas résister, se laisser aller à la danse psychotique.

Le Printemps de Bourges, Psychotic Monks

Crédit photo : Fred Lombard



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