Frank Carter & The Rattlesnakes – End Of Suffering

Il en a fallu peu pour Frank Carter et son groupe de serpents à sonnettes pour se faire repérer. D’abord avec un premier album punk ultra percutant, puis avec leurs prestations live déchaînées. D’ailleurs, les son des Anglais est quasi méconnaissable en concert, tant la puissance est supérieure à ce qu’ils dégagent sur CD. Malgré des compositions satisfaisantes, Frank Carter & The Rattlesnakes peinent à sortir du lot si l’on se fie seulement à leurs albums. Ce troisième opus est-il à la hauteur de nos attentes ?

End Of Suffering arrive juste à temps, profitant du succès ascendant du groupe en Europe, et surtout en France. Frank Carter et sa bande ont réussi à construire une base solide de fans, qui les suit un peut partout, et répond présent pour les sessions acoustiques et intimes du groupe. Premier aperçu de ce nouveau projet, le single «Crowbar», sorti il y a quelques mois déjà. Si la recette du précédent album ne change pas, le tout reste alléchant. Du rock énergique, avec la petite touche punk qui va bien.

A première écoute, cet album semble plus travaillé, tant au niveau de la production que musicalement. On y trouve des titres très new wave comme «Tyrant Lizard King» où le refrain très electro donnera plus tard naissance à un solo de guitare très fuzzy. Frank Carter a donc misé sur l’innovation, et c’est tout à son honneur. La première partie de End Of Suffering est très variée, on se balade entre pop rock planant et rock garage des années 70.


Frank Carter and the Rattlesnakes, frank Carter, rock, chronique, review, album

Crédit photo : Duran Levinson

Au niveau des paroles, Frank Carter & The Rattlesnakes évoquent des sujets sensibles, comme l’anxiété (d’où le titre «Anxiety»), l’amour («Love Games») ou encore les relations sociales («Heartbreaker»). Pourtant, l’atmosphère que produit cet album ressemble plus à de la joie qu’autre chose. Dans «Love Games», les pianos et la base rythmique lourde et saccadée nous transportent droit au paradis.

Par rapports aux autres albums, on remarque une tendance plus calme, où Frank Carter préfère poser sa voix tranquillement, plutôt que de hurler directement. L’ensemble est d’ailleurs temporisé, et les musiciens n’hésitent pas à faire durer leurs parties instrumentales, quitte à avoir des morceaux qui durent.

 

Malheureusement, les derniers titres donnent une impression de déjà-vu. Frank Carter & The Rattlesnakes se sont lancés dans tes titres qui se ressemblent beaucoup trop, malgré des prises de risques au niveau des arrangements, parfois très pop («Little Devil»). «End of Suffering» vient conclure de manière radicale et émouvante ce nouvel album, avec un Frank Carter très brut, à fleur de peau, où l’on entend même sa fille de 6 ans parler.

Au final, ce troisième album représente tout à fait ce qu’on aime de Frank Carter & The Rattlesnakes: des titres très accrocheurs, qui donnent la pêche, mais qui ne peuvent pas non plus rester dans les annales. Ce qui sauve le groupe est très probablement leur capacité à interpréter leur musique en live, de façon beaucoup plus contrastée.

Sortie le 3 mai 2019 chez International Death Cult.
 

Tracklisting:

1 – Why A Butterfly Can’t Love A Spider
2 – Tyrant Lizard King feat. Tom Morello
3 – Heartbreaker
4 – Crowbar
5 – Love Games
6 – Anxiety
7 – Angel Wings
8 – Supervillain
9 – Latex Dreams
10 – Kitty Sucker
11 – Little Devil
12 – End Of Suffering

frank carter and the rattlesnakes, end of suffering, chronique, album

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements