L’Epée – Diabolique

Depuis quelques années, impossible pour un habitant de la planète Terre de passer à côté des travaux des Limiñanas. Depuis son passage sur le label français Because, la bande de Lionel et Marie transforme tout ce qu’elle touche en or. La Midas Touch ou plutôt la Migas Touch pour faire référence à un des premiers morceaux du groupe.

Sur leur dernier album en date, Emmanuelle Seigner vient poser sa voix sur « Shadow People », morceau titre de l’album. Une très belle réussite qui pousse Emmanuelle à demander aux catalans de leur écrire un album solo. Anton Newcombe, leader du Brian Jonestown Massacre a produit le dernier album dans son studio berlinois. Autant le mettre dans la boucle pour cette commande. Et de fil en aiguille, le voilà parti à coécrire avec Lionel. L’alchimie fonctionne et le projet solo d’Emmanuelle écrit par les Limiñanas devient l’affaire de tous. Anton trouve un nom de groupe, L’Epée. Un « supergroupe » est né. Et le 6 septembre dernier, après une très belle mise en bouche avec le EP Dreams, le long format Diabolique arrive tout droit sur nos platines. Nous voilà prêts à croiser le fer…

Dès les premières notes de « Une Lune Etrange », on nous entraine dans cet univers si cher aux Limiñanas. Même si le nom a changé, on reconnait immédiatement la patte psychédélique de Lionel et Marie. La recette fonctionne toujours. Puis on commence à s’habituer à la voix d’Emmanuelle Seigner sur les compositions du combo. On avait déjà pu apprécier son talent sur « Shadow People », titre éponyme du précédent album du duo de Cabestany, fuzz city ! Anton Newcombe est aussi un habitué des collaborations avec les Limiñanas. On se retrouve donc en terrain connu avec ces nouvelles compositions. Cela nous permet d’adhérer très vite au projet.
 

L'Epée - Photo Richard Dumas
Photo Richard Dumas


Anton rajoute des notes très psychédéliques à la manière de son travail avec son groupe phare le Brian Jonestown Massacre. La fuzz fonctionne toujours. Des ambiances envoûtantes façon Velvet Underground se dégagent. Emmanuelle avec sa voix rappelle parfois la grande Nico, alors que Lionel se glisse dans la peau de Lou Reed. Tiens un morceau s’appelle « Lou ». Coïncidence ?

Le coté hypnotique du Velvet Underground, on le retrouve aussi avec « Ghost Rider ». La guitare gorgée de fuzz et les arrangements créent une atmosphère cotonneuse dans laquelle on a inexorablement envie de se prélasser. On se laisse porter par les mélodies vocales d’Emmanuelle et son anglais à l’accent « frenchy ». Le groupe arrive a atteindre un niveau frôlant la perfection en ce qui concerne les arrangements et l’équilibre entre les différents instruments.

Un larsen sur lequel se pose un petit riff et la voix en français d’Emmanuelle introduit « La Brigade Des Maléfices ». On boit les paroles. On vit l’aventure du héros en se laissant porter. Et c’est là qu’on retrouve toute la subtilité de l’écriture des Limiñanas. Musicalement, des cordes aux sonorités orientales tapissent le paysage musical pour lui donner du relief.

« Dreams », dévoilé depuis plusieurs semaines et sorti en maxi 45t tourne déjà en boucle sur les platines de la presse rock internationale. Un riff accrocheur puissant, un chant inspiré des yé-yés en français dans le texte. Des chœurs qui tapent dans le mille. Voilà comment on se retrouve avec un titre totalement addictif. On y retrouve l’esprit d’une Françoise Hardy sixties et les Limiñanas se montrent encore une fois maitres dans le maniement de la langue française à la façon d’un Gainsbourg.
 


On retrouve aussi sur cet album Diabolique, « Last Picture Show » que l’on avait déjà croisé en face B de l’ EP Dreams. Un titre lorgnant plus vers le côté garage que vers le coté « psyche ».
 


Un titre bourré d’énergie et se rapprochant de ce que le groupe pourrait envoyer « live ». Et si les « live » sont aussi énergiques que ceux des Limiñanas, ça va être le feu sur scène ! On en reparlera dans les semaines à venir…
 

L'Epée - Diabolique Tour 2019


Dans tout bon album de rock, il faut une ballade. « On Dansait avec Elle » est donc le morceau un peu plus lent de l’album. Une voix familière nous accueille. N’est-ce pas Bertrand Belin ? En tout cas, on pense aux génériques TV de John Barry. « On Dansait avec Elle » aurait pu être le thème de The Persuaders (Amicalement Vôtre dans la langue de Molière). Mais l’ambiance épurée rappelle encore une fois le Velvet de « Sunday Morning ».

« Grande » illustre la passion des Limiñanas pour les road trips et les grands voyages initiatiques à tendance psychédélique. Les cordes et les accordages utilisés peuvent rappeler quelques grands morceaux de Jimmy Page mais avec une légèreté bien plus grande que le grand Zeppelin. Notons qu’au rayon psychédélisme, Syd Barrett aurait adoré « Un Rituel Inhabituel », un morceau dans la même veine.

« Springfield 61 » est un peu un concentré de tout ce que les Limiñanas, Emmanuelle Seigner et Anton Newcombe savent faire de mieux. Le gimmick est accrocheur en diable. On aurait pu trouver ce titre sur une compil Peebles s’il avait été écrit 60 ans plut tôt ! Un possible prochain single qui pour l’instant nous est offert avec un très beau clip signé Sylvain Rusques.
 


Cet album est « Diabolique ». C’est clairement annoncé sur la pochette et on n’est pas trompé sur la marchandise. L’écoute est tout simplement addictive. On reste immergé totalement dans l’univers des Limiñanas et les pattes d’Anton et d’Emmanuelle apportent une dose fraicheur permettant aux catalans d’être toujours innovants pour ce qui est déjà leur neuvième album long format si l’on inclut les deux compilations I’ve Got Trouble In Mind. Tous les morceaux sont soignés, tout est bon ! Avec Diabolique, L’Epée frappe droit au cœur et ça fait mouche !

 


Album “Diabolique“, sorti le 6 septembre sur le label Because Music.

 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements