Parlor Snakes – Disaster Serenades

Nous avions laissé les Parlor Snakes il y a quelques années tout auréolés du succès de leur deuxième album enregistré chez Matt Verta-Ray et Jon Spencer. Une belle réussite dans le petit monde du blues rock garage. Les revoilà avec un troisième effort long format. L’album de la maturité ?

Dès les premières notes, on retrouve des ambiances électriques à souhait qui nous laissent sur le fil du rasoir. Un rasoir aiguisé par les riffs bien ciselés de Peter K. La voix d’Eugénie a gagné en maturité et en assurance. Un savant mélange entre l’énergie qu’on connaissait déjà à travers les productions de Verta-Ray et une subtilité plus présente dans ce troisième opus. Et chez les Parlor Snakes, subtilité rime avec noirceur. Cette noirceur qui a pu faire les grandes heures de gens comme Nick Cave par exemple s’il ne fallait en citer qu’un. On sent un souci du détail. Les morceaux se sont allongés et donc forcément doivent être plus soignés pour récupérer en émotion ce qu’ils perdent en immédiateté.
 

Parlor Snakes Promo Pics by Antoine Doyen


Mais d’énergie, les Parlor Snakes n’en manquent pas. Même avec des titres plus longs, des ambiances tantôt électriques tantôt plus cotonneuses s’installent. Quand Eugénie nous cause de la grande bleue sur « Das Meer », on se laisse porter dans le trip du groupe. Les riffs puissants de Peter K. nous gardent toujours dans le droit chemin comme un fil d’Ariane qui nous fait traverser des moments plus lysergiques où la voix d’Eugénie n’a rien perdu de sa sensualité féline.

Cette énergie, on la retrouve aussi sur « Frequency » qui commence comme une pépite garage. Comme quoi on ne renie pas totalement ses premières amours chez les Parlor Snakes. Eugénie hurle comme si elle était possédée par l’esprit d’une Janis Joplin croisée avec Debbie Harry. Les morceaux sont complexes mais on arrive assez vite à les appréhender et, si on est captivé par la première écoute, c’est lors des suivantes que l’on retrouvera pléthore de subtilités qui feront que l’on s’appropriera totalement l’album.
 

Parlor Snakes Promo Pic by Antoine Doyen


« Nylon and Milk » remet au gout du jour des ambiances qu’on a pu rencontrer chez certains albums de Lou Reed. Un mélange de  tristesse et de délicatesse. Les claviers donnent une dimension épique au morceau et Eugénie se mue en poétesse punk rock.

« Wonderland » nous accueille avec une basse façon Simon Gallup dans « A Forest » des Cure. Et ce côté « dark » fait souvent surface dans cet album des Parlor Snakes. Il alterne avec des passages beaucoup plus énergiques comme ce refrain de « Wonderland » ou Eugénie s’époumone pour notre plus grand plaisir pendant que Peter enclenche la fuzz et le gros son ! Fuzz qu’on retrouve avec « Serpent ». On reste chez les Cure sombres de Pornography ou Disintegration et de temps en temps un gros coup de boost nous sort de cette noirceur chère à des groupes comme Joy Division. Les claviers toujours savamment dosés donnent un relief et une profondeur aux différents titres.

Avec « Marc Bolan’s Fifth Dream », on rentre dans des productions plus travaillées. Des titres qui nous entrainent dans leur complexité. On sent des compos beaucoup plus torturées que celles auxquelles le groupe nous avait habitué sur ses deux premiers longs formats. Ce titre qui commence comme une ballade pour monter en puissance se pose un peu comme une cérémonie initiatique pour rentrer de pleins pieds dans l’œuvre des Parlor Snakes.
 


Sur « Delicates Creatures », on apprécie le chant en français d’Eugénie. Une voix qui nous renvoie vers dans grands noms des sixties mais aussi vers des choses plus actuelles tout en restant très rock. Et quand on cherche une grande voix féminine rock en français de nos jours… Et bien « on cherche et on ne trouve pas » comme disaient Les Lutins en 1967. Alors Eugénie, il y a un créneau à prendre !

On a l’impression que cette fois les Parlor Snakes ont encore gravit un pallier. Et le fait d’ouvrir le style à un plus large public que la seule communauté garage devrait leur permettre une diffusion bien plus étendue sans qu’ils n’aient pour autant renié les fondamentaux qui sont les bases de leur groupe. L’alchimie Peter & Eugénie est toujours bien présente et fonctionne à merveille sur ce troisième opus Disaster Serenades, un album à écouter et réécouter plusieurs fois dans son intégralité pour en apprécier toute sa complexité. Une des plus belles gifles musicales du moment avec l’album de L’Epée !

Sortie le 4 octobre 2019 chez Hold On / Wagram

Et n’oubliez pas, release party officielle le 8 octobre à Paris au Point Ephémère en compagnie de Vigor Hugo, échappé ponctuellement des Fuzzy Vox, qui se produira en solo et des Pearl Hearts pour chauffer la salle.
 

Parlor Snakes Release Party 2019

 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements