DZ Deathrays (+ Planet + Wharves) à  la Boule Noire (Paris) – 29.09.19

L'Australie est à l'honneur ce soir à la Boule Noire ! Le groupe montant indie punk rock DZ Deathrays vient présenter son quatrième opus, Positive Rising : Part 1, et a emmené dans ses valises deux jeunes formations australiennes, Wharves et Planet, pour un plateau pop / rock / indé détonant qui a permis au public parisien d'oublier ce dimanche soir froid et pluvieux.

 

Wharves

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Wharves, sympathique quatuor chargé d'ouvrir la soirée, est un groupe originaire de Lennox Head, petite ville du nord de l'Australie. Leur indie rock aux rythmiques très enlevées même si le son semble assez mal réglé lors des deux premiers titres. Les compositions accrocheuses et efficaces fonctionnent bien, avec le chant précis de Matt, souvent accompagné des choeurs de ses trois camarades.

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Le public de la Boule Noire réagit bien même s'il est encore tôt et que la fosse est quelque peu clairsemée : on voit les têtes bouger en rythme, et de plus en plus d'action au fur et à mesure que le son s'améliore. Sur le morceau "Never", au riff efficace, le guitariste Mike laisse entendre sa virtuosité en enchaînant les effets tantôt psyché tantôt futuristes. Que ce soit sur des titres légèrement plus lents comme "High School Hero", ou des pépites plus récentes comme le rythmé "Blame", issu du dernier opus, Wharves réussit à convaincre.

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Le set énergique et bondissant, bâti sur des rythmiques variées et emmenées par une section basse / batterie solide, entraîne le public dans des mouvements de danse irrésistibles.

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La bonne humeur et la complicité des quatre compères, l'ingéniosité des compositions (mention spéciale aux soli de guitare) et la ligne vocale et musicale très marquée rock des années 2000 (rappelant autant Franz Ferdinand que Biffy Clyro par moments), tous ces ingrédients réunis ont permis au public de passer un moment agréable salué par des applaudissements chaleureux.

Setlist Wharves: 

- Mo's Desert Clubhouse
- All The Things We Do
- Never
- High School Hero
- Man You Want Me To Be
- Blame
- It's You

 

Planet
 

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Le jeune groupe orginaire de Sydney qui occupe la scène rapidement après la fin du premier set (l'essentiel du matériel étant commun aux trois groupes, façon ingénieuse de limiter les préparatifs techniques entre chaque partie) est à nouveau un quatuor. Même si le chant principal est assuré par Matty, au centre de la scène, c'est le guitariste Tom qui se charge de toutes les interactions avec le public pour annoncer les morceaux et présenter le groupe avec un accent australien assez prononcé qui perd un peu le public, peu réactif.

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Il faut dire que le style proposé par Planet diffère quelque peu du premier set. Ici, on est davantage dans de la gaze pop, avec une base pop et des refrains catchy alternant avec des passages un peu plus planants, comme sur le premier titre "Save Sold" ou sur l'atmosphérique "Aching Dream".

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Même si les morceaux sont bien construits et que le son est assez bien réglé (si ce n'est que les choeurs de Tom sont peu audibles), l'ensemble manque légèrement de pêche et l'effet est beaucoup moins dansant et convaincant que pour le set du combo charismatique et dynamique Wharves.

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Rien à redire sur la qualité des musiciens, mais peut-être qu'un ordre différent dans l'affiche de la soirée aurait-il permis à Planet de faire vraiment leurs preuves sans souffrir de l'effet de comparaison...

Setlist Planet:

- Save Sold
- Waking Eight
- Northern Skyline
- Undermine
- Never New
- Aching Dream
- Disaster Caster
 


DZ Deathrays


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L'ambiance repart très très vite avec le set explosif du trio de Brisbane, qui avait déjà retourné le Point Ephémère l'an dernier lors de son dernier passage parisien. D'emblée, la qualité sonore monte d'un cran, à l'instar de la température de la petite salle parisienne qui s'est bien remplie. Sur scène, on assiste à un débordement d'énergie qui fait plaisir à voir de la part du trio qui tient extrêmement bien sa place de tête d'affiche du jour.

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Shane (chant, guitare) impose rapidement son timbre singulier, très bien mixé, tout en jouant des parties rappelant la basse avec sa guitare. Simon se donne de façon époustouflante à la batterie dès les premières secondes, et le troisième larron, Lach, riffe et shredde à tout va, le visage caché derrière sa chevelure. Le second titre est déjà l'occasion de présenter le nouvel album avec le single rythmé "Still No Change", et déjà les pogos s'enchaînent dans la fosse ! L'atmosphère folle se poursuit bien à propos sur le morceau "Total Meltdwon", l'occasion pour DZ de faire une incursion dans le grunge mouvementé, accueilli par des hurlements dans le public qui reprend en choeur les paroles du refrain accrocheur et efficace. 

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L'osmose des guitares fonctionne à merveille entre Shane et Lach, complémentaires et engagés, et la rythmique effrénée imposée par Simon achève de transformer La Boule Noire en moshpit fiévreux. Les titres s'enchaînent ce soir et les nouvelles compositions sont accueillies avec autant d'enthousiasme que les titres plus anciens, déjà connus du public. 

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Niveau son, la qualité est au rendez-vous ce soir. Chaque instrument, chaque ligne de chant ou de choeur de Lach est bien claire, et on peut vraiment apprécier les nuances des compositions qui sont loin de se résumer à un style rock. La voix si reconnaissable de Shane, éraillée et assez grunge, sert de filigrane dans des morceaux tantôt rock bombastique ("Polyanna"), vraiment punk ("IN-TO-IT", le deuxième single du nouvel opus, dont les paroles sont déjà bien connues du public), rock indé vitaminé ("Hypercolour") jusqu'aux titres très heavy aux riffs lourds à souhait ("Ocean Exploder", "Nightmare Wrecker").

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L'énergie et la précision des trois hommes aux commandes sont d'autant plus impressionnantes qu'ils font preuve d'humilité et semblent comblés de l'accueil chaleureux qui leur est réservé, enchaînant les remerciements en anglais et dans un français tout personnel (« Merci beaucuuuu, ti amo Paris ! »).

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La seconde partie du set est le théâtre d'une montée en puissance encore, avec des titres plus fiévreux les uns que les autres et une réaction immédiate du public, allant des headbangs généralisés au pogo enflammé, se muant même en double walls of death avec même l'intervention de courageux slammeurs.

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Sur les morceaux "Gina Works At Hearts", "Like People" et "Shred For Summer", ce sont les musiciens qui incitent le public à chanter avec eux, ce que la foule s'empresse de faire, dans un dernier moment de partage enflammé avec DZ. C'est ainsi que s'achève ce set riche (seize titres) et ravageur sous le signe du rock et de la folie furieuse. Les happy few du soir repartent l'air éreinté mais ravi. Heureusement, il ne faudra pas attendre trop longtemps pour revoir DZ Deathrays en France, puisqu'ils ouvriront pour The Darkness début 2020, avec une date parisienne à La Cigale le 26 janvier prochain. 

Setlist DZ Deathrays :

- Hi Everyone
- Still No Change
- Total Meltdown
- Blood On My Leather
- Polyanna
- IN-TO-IT
- A Lot To Lose
- Ocean Exploder
- Silver Lining
- Hypercolour
- Snakes
- Nightmare Wrecker
- Gina Works At Hearts
- Year Of The Dog
- Like People
- Shred For Summer

Photographies : David Poulain. Toute reproduction interdite sans l'autorisation du photographe.  



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