The Divine Comedy – Salle Pleyel 28/10/2019

« That’s what I love about french audience : complete silence« . Une boutade lancée par Neil Hannon au public Pleyelien, à la suite d’une de ses « quiet song ». Et d’ajouter que les Irlandais auraient eux donner de la voix tout du long… Une manière malicieuse et irrévérencieuse de saluer la fidélité du public français à l’égard de The Divine Comedy. Une constance depuis les années 90, mais peut-être en léger déclin avec la sortie récente de son dernier opus Office Politics. Ses quelques expérimentations synthpop ont quelque peu désarçonnées les fans de pop « classieuse », signature du songwriter d’exception qu’est Neil Hannon. A lire les commentaires postés a posteriori sur les réseaux sociaux, il y a également querelle entre les anciens et les modernes, les déçus et les contents. Qu’importe, ses standards tour à tour pétillants et mélancoliques, ses facéties « so Irish » et les musiciens complices qui l’accompagnent, ont ralliés la plupart à sa cause !

Pour cette tournée européenne, Neil Hannon avait emmené dans ses bagages Man & the echo, des anglais de Warrington. De la pop british, dansante et savante sans être prétentieuse. Des refrains accrocheurs, des rythmiques flirtant avec le funk, voire avec les mélodies sud américaines. On se serait presque cru dans la série « Love Boat » durant leur « Operation Marjorie » ! Le chanteur, Gaz Roberts s’essaie avec bonheur au français. Pas seulement pour conseiller d’acheter leur dernier album,  son « nous aimons Paris » est plein de sincérité.

The divine comedy 1 - Salle Pleyel © Mee-ling Ho
Photo © Mee-ling Ho

Une musiquette expérimentale, mais néanmoins primesautière accompagne le démontage des instruments de Man & the echo. Tel un ballet post moderne, elle rythme parfaitement les mouvements précis et efficaces des techniciens. Puis, une ritournelle clavier marimba rompt un peu le charme… Des rythmes syncopés de synthé, une voix vocodeur, lui succèdent (du Giorgo Moroder ?). Sans doute une manière de nous préparer aux morceaux expérimento-electronico du dernier album de l’irlandais… Une version pop electro du vol du bourdon, vous avez dit étrange ? On reconnait également la bande son de « Koyaanisqatsi », un film des années 80, parce que Philip Glass, ça ne s’oublie pas… Pas plus que l’appétence de Neil Hannon pour la synthpop ou pour Michel Nyman (cf. les deux premiers albums Liberation et Promenade). 

The divine comedy - Salle Pleyel © Mee-ling Ho
Photo © Mee-ling Ho

Exit le costume flamboyant Napoléonien de la tournée Forever land ! Pour sa description du monde grisâtre et impitoyable du bureau, Neil Hannon a revêtu la défroque d’un employé à lunettes. En costard cravate certes, mais après des orange, vert et autres mire télé des précédentes dates, il a opté pour un rouge pétard qui nous permettait de bien le voir, même du haut du premier balcon. Sa formation a repris ses positions habituelles. Côté court, les deux claviers, chargés de leurs propres parties et de remplacer les cuivres et autres accordéons des arrangements sophistiqués des enregistrements ! Une double porte, siglée In et Out, les séparent du batteur qui trône au centre de la scène. Un bureau, doté d’un ordinateur antédiluvien, jouxte la batterie. Un élément de décor façon « The Office », complété d’une énorme horloge en fond de scène (qu’un employé à casquette et blouse viendra mettre régulièrement à l’heure…). Côté jardin, bassiste et guitariste grattent de concert. Le décor est planté !

The divine comedy - Salle Pleyel © Mee-ling Ho
Photo © Mee-ling Ho

Prudent le Neal. Après une intro en mode « Disco pop » qui emballe d’entrée la salle Pleyel, il attendra le cinquième morceau, le revendiqué Office Politics pour dévoiler ses dernières créations. Autant le public semblera réceptif à « Norm and Norma » ou à un  » I’m an stranger here », autant son phrasé presque hip hop et ses rythmiques saccadées, laisse certains interloqués, voire de marbre. Il aurait peut-être pu également, comme lors d’autres concerts, prévenir ses fans qu’ils n’aimeraient pas « The Synthesiser service centre super summer sale »… « Opportunity Knox », écho à « Come home Billy Bird » – un titre de 2004 – passe mieux. De même que « Working day », lancinante chanson aux relents de Brel et Kurt Weil… Tous les autres titres, de « National express » en passant par « To the rescue » et autres « Absent friends », font comme d’habitude un carton. A l’instar de ses digressions drolatiques et pince-sans-rire ou son absence totale de prétention (vous en connaissez des musiciens de son calibre prêt à s’affubler d’un p’tit chapeau pointu festif ?). Choisir un final en mode acoustique intimiste, était en revanche un peu risqué. Il a manqué à l’inévitable « Tonight we fly » qui conclue la plupart des concerts de Neal Hannon, le punch de l’électrique… « See you again next time ? » nous demande-t-il avant de quitter la scène. Of course, we always love The Divine Comedy !
 



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