Express EP #12 : L’ivrenoir, BEBLY, Acid Mammoth, Bad Pelicans, La Vie Sur Mars

Avec l’Express EP, découvrez cinq courtes galettes qui nous ont séduits ces derniers temps. 
Pour cette douzième édition, vous pourrez découvrir 
L’ivrenoir, BEBLYAcid Mammoth, Bad PelicansLa Vie Sur Mars.

L’ivrenoir – L’eigengrau
Sortie le 7 mars 2020 chez Vailloline – par Gregor Samsa

L’ivrenoir est un duo lillois qui aime jouer avec la typographie et les sonorités inquiétantes. Les cinq morceaux post-rock de son premier EP, L’eigengrau, sont autant de petites pépites de poésie et d’évocation sombre. Le style est chirurgical, propre, travaillé à la perfection. L’ambiance narrative est cohérente sur tout l’EP, avec une base minérale froide et une voix animale chaude. Eigengrau, c’est, en allemand, cette couleur que voir l’œil humain dans l’obscurité totale. Les artistes cherchent à rendre audible une oxymore d’obscure clarté.

En effet, l’ivrenoir nous emporte dans un monde opaque, brumeux, fluctuant entre chamanisme et sons industriels. Les arrangements donnent l’aspect solide, industriel, qui tapissent le décor, dans lequel continue d’exister une part animale qui ne cherche qu’à s’envoler. Une respiration à mi-parcours, « cøntraX », à base de contrebasse, fait respirer l’auditeur, qui suit alors la voix chaude du chanteur et se laisse séduire par ses susurrements serpentiformes dignes d’un Kaa hypnotique. On retourne dans les ambiances de fonderie avec des synthés en fond, qui posent le décor pour les chants, tels des machines à vapeur d’un univers steampunk un peu sombre, dans lequel on pense s’effondrer à chaque instant, mais d’où on est en permanence rattrapé, sans doute par ce fil rouge de « redlinE ». 


BEBLY – ULDO
Sortie le 21 février en autoprod – par Thomas N

Bebly fait partie de ces groupes rock français qui font (pour le moment) une carrière dans l’ombre des plus grands mais qui n’en reste pas moins talentueux. Dix ans de carrière déjà, des partages d’affiches avec Eiffel, Luke ou Sidilarsen, une décade prolifique (3 albums, 2 EPs), on se prend à rêver d’un décollage avec ce nouvel EP ULDO. Rock alternatif, trio, chant en français, le groupe marque par ses paroles un constat sur nos vies et tire avec du recul et sans filtre un bilan laconique de nos fausses routes.

5 titres forts commençant par « Le facteur chance » et « A l’Evidence » qui sont électriques, pêchus et soignés, incontestablement, Bebly est là pour nous servir un contenu sérieux. La suite est plus sobre, « Une lumière dans l’ouverture » (acronyme ULDO) nous rappelle dans le style musical « A l’envers à l’endroit » et nous confirme, si cela était encore nécessaire, que Bebly se classe dans le rang des groupes engagés. « Ce que la vie nous confisque » et «Erreurs de Jeunesse » apportent mélancolie et méditation, ce dernier morceau étant en acoustique. 


Acid Mammoth – Them!
Sortie le 24 janvier chez Heavy Psych Sounds Records – par Thomas N

Under Acid Hoof est le deuxième album du groupe Acid Mammoth, groupe de Doom grec dont nous vous avions déjà fait profiter sur la sélection hebdomadaire des Gros Clips avec la vidéo du titre « Them ». Cinq pistes de Doom offrant chacune son lot de riffs lourds sur une sensation de pesanteur. Le chant est caractérisé par une voix plutôt claire, le style fait sans aucun doute penser à du Sabbath revisité en un peu plus noir. Même si nous avons affaire là à un EP, il n’en reste pas moins que 3 des 5 titres font plus de 7 minutes, il composé de longues intro et outro, toutefois le chant est bien présent sans s’économiser.

L’album a été enregistré en 2019, mixé et masterisé par Dionysis Dimitrakos de Descent Studios, le duo père et fils qui portent le même nom (seulement différencié par Jr et Sr) imposent leurs guitares. Ce groupe familial, les autres musiciens sont des amis d’enfance, manque cruellement d’originalité, même si la production est de qualité, les titres peuvent paraître un peu fade. Cependant les aficionados y trouveront du Doom à bon compte. 


Bad Pelicans Underground
Sortie le 7 février chez Chrysanthem Records – par Davy Sanna

Bad Pelicans, avec cet Underground, fait dans l’immensément crado, la pop violente et fracassée et dans l’avortement structurel de chansons (ainsi de l’ouverture « Black Local » qui présente trois refrains stéréotypiquement grunge entrecoupés de douces interludes peu à propos). Si toutes les astuces utilisées ne sont pas révolutionnaires (le gimmick de la phrase obsédante répétée en boucle sur fond noise pour « My Existence » par exemple), la maniaquicité avec laquelle ils se démènent semble parfaitement honnête ; et à côté de ça, les mélodies tordues sont là (comme « SVFR » la fausse naïve).

La production est exactement celle que l’on attend d’un EP ce ce type : une bonne dose d’immondice, mais judicieusement maîtrisée pour que l’on comprenne quand même ce qui se passe, pour qu’on sache d’où vient la mandale qu’on se mange. On nous dit en communiqué que l’ébauche « fut terminée, détruite, reconstruite, modifiée et remodelée à maintes reprises jusqu’à aujourd’hui », on a effectivement dans le nez autant l’odeur de la sciure et de l’alcool à brûler que celle du liquide placentaire de maman : apocalypses et renaissances, décandences et re-civilisations, constructions absurdes de l’homme tendant en vain à l’éternité, enfin tout ce genre de trucs qui font qu’on passe un bon moment.

Release party le 12 février à la Boule Noire


La Vie Sur Mars  A La Source
Sortie le 7 janvier chez en Autoproduction – par Thomas N.

Le groupe Yvelinois La Vie Sur Mars a une longue histoire, son leader Christian Le Corre début le projet en solo dans les années 2000 avant de tourner en duo puis trio. C’est en 2016 que le groupe passe à 2 guitares, basse et batterie pour plus de profondeur dans ses compositions. La vie Sur Mars assume son envie d’écrire en français nonobstant ses influences Rock Pop anglo-saxones. Du pur produit indépendant chanté en français avec une écriture réfléchie superposée d’images visionnaire du monde qui ne tourne pas rond.

Cet EP La Source est de bonne facture, signe de maturité du groupe après toutes ces années, composé de cinq morceaux originaux er une reprise « En secret » de Dominique A. Des guitares qui ne se dérobent pas, un chant clair et articulé, une base rythmique solide, tous les ingrédients pour nécessaire pour passer un bon moment de musique Rock Pop française.


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