Festival Nuits de l’Alligator 2020 #1 Gliz, Daddy Long Legs, King Khan

Rappel du principe de la gator' night. Du blues, au sens extra-large du terme. Un festival qui se paye le luxe - depuis 14 années - d'essaimer en région et de ne pas se cantonner à Paname City. Dont LGR vous "reportent" les éditions à la Maroquinerie depuis 2016. C'est bon, tout l'monde a les bases ? Parce qu'entre le trio jurassien de Gliz avec son tuba et son banjo en mode guitar hero, l'autre trio, new-yorkais celui-là Daddy Long Legs et le combo punk azimuté de l'inénarrable King Khan, va falloir un peu suivre, hein… C'est parti pour cette première séance qui s'est donc déroulée le 9 février à la Maroq'. Apprenez bien votre leçon, même s'il y aura rattrapage le 13 et le 16 avec d'autres groupes qui vont tout autant cartonner, qualité supérieure de la programmation oblige !  

Gliz… On a envie de faire durer le ZZZZZ. Pas franchement pour s'endormir, puisque la mission acceptée des jurassiens était au contraire de nous exciter en mode premier-groupe-qui-chauffe-la-salle. C'était leur dernier concert du Gator Tour, autant dire qu'ils maîtrisaient leur affaire. Dans le lard, direct, à sec et dès le premier titre, ça gliz tout seul ! Le banjo Ledzepien de Floran Tissot, le tuba gravissime de Thomas Sabarly, les drums de Julien Michel, en pleine poire et à pleines oreilles, qu'on les prend… Certes, la présence d'un cuivre charnu en lieu et place de la basse, on connaît. Avec Delgres notamment. Mais le gars Tom donne en plus dans une imitation quasi parfaite du didgeridoo et se pique même de faire les chœurs ! Mitch à la batterie, se la joue impérial offrant son meilleur profil au public, un positionnement scénique rarement usité et très pertinent pour profiter de son jeu. Flo s'avère un très bon frontman, qu'il utilise ou non de la réverb' pour intensifier sa voix. Sa technique banjo fort surprenante, s'adapte de façon impeccable sur des morceaux aux styles très variés. Ligne mélodique sixties, rock énervé, groove presque funky, boogie-woogie façon NoLa, voire psyche avec "The Lions" titre avec lequel ils vont conclure… Un melting-pot musical original et goûtu, aussi bon qu'une fondue du Jura !

Gliz - La Maroquinerie © Jérome Travers
Photo © Jérôme Travers

Les trois new-yorkais de Daddy Long Legs ne sont pas des inconnus pour les aficionados des Nuits de l’Alligator, ils avaient ouvert pour Jim Jones dans sa version Righteous Minds en 2016. A propos d’ouverture, les voir pénétrer sur scène, sapés façon men in black période Swinging London, met de suite dans l’ambiance. Josh Styles sans son feutre noir qui lui donne l’air d’un inquisiteur de Salem, mais toujours avec sa coupe flower power et ses ray-ban qu’il ne quittera sous aucun prétexte. Murat Akturk et son flegme so British qui le fait ressembler au petit cousin ricain de Paulo MacCa version jeune. Et ce hurleur de Brian Hurd,  en version black lui aussi, mais avec cet impeccable noeud cravate blanc qui fait de lui un dandy… Un Brian qui attaque sans prévenir à l’harmonica tandis que Josh branle du maracas avec la componction d’un évêque en transe. Riff de guitare et c’est parti pour un show return to the roots of rock n’roll ! Blues scandé façon preacher allumé ou en mode j’me balade, country en mode triphasé, boogie-woogie remixé, classic rock à la Johnny sois bon… Les trois compères excellent à faire revivre la flamme de la musique-racine de notre genre musical favori. Excellent à l’harmo, Brian s’empare d’une guitare pour “Bad neighborhood” et électrise le show. Josh, quand il n’assomme pas sa batterie à coup de maracas, lève sa bière en mesure et ça se terminera par une descente du chanteur dans la fosse pour claquer des hugg en veux-tu en voilà !

Daddy Long Legs la Maroquinerie © Jérome Travers
Photo © Jérôme Travers

Le roi Khan n’en est pas à sa première participation au Gator lui aussi. Ça date de 2007, les exégètes nous apprendront peut-être en quel mode. Car Arish Ahmad Khan, montréalais d’origine indienne et ci-devant allemand depuis un bail, est du genre protéiforme. En mode duo avec BBQ Show, en big band cuivré avec The Shirnes. Ou accompagné de Looch Vibrato et Aggy Sonora de Magnetix et de Fred Bourdil son clavier des Shirnes passé à la basse, pour ce King Khan’s Louder than death. Tout un programme, qui sera éminemment respecté ce soir-là… Après une présentation digne de James Brown, King Khan rentre en scène. Képi de flic ricain, blouson de jean sans manche ouvert sur un phénoménal ventre, gant à paillettes et short noir trop glam… Côté apparence vestimentaire débridée, la référence au godfather est légitime. Tout autant que sa prestation de showman ! En mode beaucoup punk et clownesque que soul néanmoins. Musicalement, on se prend à penser aux pères fondateurs américains que sont les Dead Kennedys. Comme eux, même si il le fait avec beaucoup de dérision, King Khan ne se prive pas pour causer de la chose politique entre deux morceaux. Dans un français hésitant, mais dans lequel on comprend clairement sa militance LGBT, son rejet des nouveaux fascistes, des flics, le tout en mode poilade outrancière. Ce n’est pas tout le monde qui peut ranger tranquillement son Mike dans son falzar avec tant de grâce ou simuler une sodomie sur une marionnette innocente ! King Khan partagera plusieurs titres des Spits avec son chanteur Sean Woods et permettra à Diego un jeune garçon de réaliser son rêve, slammer sur la foule qui interrompt pour l’occasion ses pogos endiablés. Un show de King Khan, c’est fou et magique à la fois !

King Khan's Louder Than death - © J. Travers
Photo © Jérôme Travers

Et comme à chaque édition des Nuits de l'Alligator, le vidéaste Franck Rapido était de la partie ! 



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