Express EP #15 : LIQR, Aberdeen, Caesaria, We Hate You Please Die, et Aborted Tortoise

Avec l’Express EP, découvrez cinq courtes galettes qui nous ont séduits ces derniers temps. 
Pour cette quinzième édition, vous pourrez découvrir LIQR, Aberdeen, Caesaria, We Hate you Please Die et Aborted Tortoise.

LIQR The Dawn Of Orion
Sortie en mars en autoproduction – par Thomas N

Première production pour le groupe LIQR formé autour de son leader Emil Cooper Leplay, jeune artiste de 23 ans qui a déjà un cv musical long comme le bras et qui a notamment fait ses armes dans des bandes originales de courts métrages ou théâtre. The Dawn of Orion est composé de 4 titres dont trois singles précédent la sortie, deux en 2019 « The Senseless Wanderer » et « Space Cake » et « Fill Me Up » en 2020 que l’on retrouve sur l’EP, et raconte la vie d’un personnage nommé Orion. Orion c’est « une sorte d’ami, un alter-ego, toutes les choses que je ne peux pas faire, que j’aimerais faire, ou que je n’aimerais pas du tout faire, mais que le mec fait quand même ».

Se définissant comme un Punk Jazz Band, le groupe LIQR a déjà quelques concerts à son actif sur la scène parisienne. Ses compositions parfois abstruses nécessitent plusieurs écoutes de façon à cerner le style, cependant l’énergie est là et prend toute sa dimension en live. Oscillant entre sonorités Punk, interludes plus jazzy parfois funky comme sur le titre « Fantasmaniak », The Dawn of Orion est un melting pot de sonorités amphigouriques qui trouveront leur confirmation dans le deuxième EP qui est déjà prêt et prévu pour la fin d’année 2020. En attendant, vous aurez tout le loisir de faire connaissance avec Orion.


Aberdeen – Aberdeen
Sortie le 26 mars en autoproduction – par Thomas N

Première galette pour le groupe français Aberdeen qui signe un EP 6 titre du même nom, d’un rock aux caractéristiques sombres voir atrabilaires. Allez savoir pourquoi les membres du groupe de Fréjus ont choisi ce nom là pour définir leur formation, eux qui sont localisés au soleil ; peut-être est-ce dû au climat froid de cette ville qui pourrait faire un lien direct avec la mélancolie de leur musique. De toute évidence, Aberdeen a choisi son type d’écriture et son son. Point de concessions pour plaire, le groupe délivre son rock inspiré des années 90, 2000 dans un canal défini de musique assez linéaire. Pas de grandes envolées de guitares ou démonstrations superficielles mais plutôt des compositions construites, solides et une rythmique toujours endurante et inusable qui mène la cadence des morceaux.  Le chant peut paraître par moment un peu empreint mais il entre tout à fait dans l’environnement créé par le groupe. Le titre « Tipping Point » retient notre attention comme la chanson la plus équivoque de l’album. Une première production qui trouvera son public. Mention spéciale pour la photo de pochette de l’album, Aberdeen oui…


Caesaria – Conection Loss
Sortie le 1er mai en autoproduction – par Gregor Samsa

Le club rock, vous connaissez ? C’est du bon vieux rock, mais qui s’écoute en club. Boucles électro qui vont se coller les corps sous les néons, riffs rock qui font plutôt pogoter, le tout avec un je-ne-sais-quoi de britannique en arrière-plan, un peu de flegme dans la voix, un peu de fraîcheur de dandy bien sapé qui ne se prend pas au sérieux. Les quatre jeunes de Caesaria revisitent les sons modernes et réconcilient enfin les amateurs de vrais instrus à l’ancienne et les gamins qui n’écoutent que des samples artificiels. Chaque morceau est une petite pépite, entre fluidité, rythme, arrangements surprenants et pourtant bien sentis. Les gars n’ont pas peur d’innover, c’est rafraichissant et joyeux. En cinq titres, Connection Loss fait guincher tout le monde. 


We Hate You Please Die Waiting Room
Sortie le 13 mai chez Kids Are Lo-Fi Records par Yann Landry

La génération Z n’est pas faite que de bouffeurs d’écrans 2.0 nourris à la satisfaction des likes et à l’apparence (ici, voyez le clip moqueur des stories Instagram sur « Good Cie »), comme le montre Extinction Rebellion par exemple. C’est une génération qui a très bien conscience de toute la merde qu’on leur laisse et surtout impose. C’est aussi une génération qui va vite, ce que fait très bien We Hate You Please Die, Mathilde et Chloé à la section rythmique, Joseph et Raphaël aux guitares et le dernier au chant (accompagné des choeurs furieux de ses collègues). Les jeunes rouennais qui ont déjà bien attaqué les scènes françaises dont celle de leur passage éclatant l’an dernier à Rock En Seine, ne mâchant pas leurs mots en charriant ci et là la thune et les sponsors dont le nocif Coca Cola. Ce dernier permet d’ailleurs un jeu de mot parfait pour le premier titre de leur nouvel EP surprise Waiting Room, « Coca Collapse ».

Huit minutes, revigorante comme une douche bien froide. Trois titres, pas plus, pas besoin. Sortie à l’arrache post-confinement, état d’urgence sanitaire, pour un état d’urgence musical. Les musiciens ont bien de sortir, de rencontrer leurs publics, de casser des scènes. Voilà ce qu’on ressent après ces explosives huit minutes, qu’on a faim de musique et que la jeunesse est prête à gicler des starting blocks dans lesquels les programmateurs les laissent encore trop souvent. On sprinte en hurlant de bout en bout, sans fatigue dans un torrent fuzzé de décibels. Pas hymnique, pas « stadesque », pas pop, mais putain de vivants, ces trois titres qui font bloc face à la morosité et à l’ambiance délétère générale. Le regretté Jay Reatard serait fier d’eux, et nous le sommes pour lui de cette jeunesse désabusée mais ne s’en laissant pas compter, triste mais furieuse.


Aborted Tortoise  Scale Model Subsistence Vendor
Sortie le 1er mai chez Goodbye Boozy Records – par Davy Sanna

Aborted Tortoise est originaire de la ville de Perth, comme Tame Impala. L’une des différences majeures entre les deux groupes est que les premiers portent des shorts, quand les seconds posent constamment en pantalon. Ce fait est franchement étrange, étant donné que tout le monde sait qu’il fait super chaud en Australie. On en déduit que Kevin Parker a honte de ses mollets ; en outre il ne fait aucun doute que la dérive discographique de son groupe est intrinsèquement liée à cette sensation d’étouffement que provoque la compression forcée d’une jambe dans un rouleau de tissu semi-rigide lorsqu’il fait grand beau temps. Chez Aborted Tortoise, aucun tabou sur le genou ; Scale Model Subsistence Vendor respire le confort, la décontraction, la bonne circulation de l’air et l’aérodynamisme. C’est un EP fun, frais, qui respire bien et qui court vite.


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