Express EP #16 : Love Fame Tragedy, Al Qasar, Tia Carrera, Brane, Dead Myth

Avec l’Express EP, découvrez cinq courtes galettes qui nous ont séduits ces derniers temps. 
Pour cette seizième édition, vous pourrez découvrir
 Love Fame Tragedy, Al Qasar, Tia Carrera, Brane, Dead Myth.

Love Fame Tragedy Five Songs To Briefly Fill The Void
Sortie en mars 2020 chez Good Soldiers Song / Awal par Aude D

Echappé des Wombats pour une durée indéterminée, Matthew Murphy avait déjà sorti, en septembre 2019, un premier EP avec son nouveau projet Love Fame Tragedy. Après I Don’t Want To Play The Victim, But I’m Really Good At It, il récidive avec Five Songs To Briefly Fill The VoidMurphy, épaulé sur ce projet par Joey Santiago (Pixies), Gus Unger-Hamilton (Alt-J), Maddi Jean Waterhouse (ex Soundgarden)  et Matt Chamberlain (Pearl Jam), déroule ici la même formule que sur son premier EP : rythmes ultra dansants, mélodies accrocheuses, guitare (pop) rock et gimmicks electro.

Pas de morceau lancé à toute vitesse ici, surtout des midtempo (« Riding a Wave », ultra entêtant, « Multiply », efficace mais peu marquant) voire des chansons lentes (« Body Parts », « Hardcore », ultra dansant et accrocheur, « Please Don’t Murder Me », presque geignard mais sauvé par un ton au fond plutôt ironique). Des titres qui donnent toujours envie de chanter à tue-tête en se déhanchant, mais qui n’évoluent pas beaucoup par rapport au premier EP, et, comme lui, n’inventent pas grand-chose. Ces chansons censées combler brièvement le vide semblent elles-mêmes flirter avec le néant. Mais, comme sur I Don’t Want To Play The Victim, c’est justement leur manque de consistance qui fait leur charme. L’écriture de Murphy et les arrangements qui arrivent à équilibrer des claviers très présents et des guitares discrètes mais bel et bien présentes (que ce soit sur « Riding a Wave » ou sur « Body Parts ») évitent la vacuité qui guette pour transformer l’ensemble en un album léger, insouciant, ensoleillé, bref un remède idéal pour le retour des beaux jours.


Al-Qasar – Miraj
Sortie le juin 5 juin – par Davy Sanna

Découvert en France via les Transmusicales de Rennes, le collectif Al-Qasar présente, avec Miraj, un EP 7-titres fort généreux, immédiatement enthousiasmant et débordant d’énergie. Si l’évocation de guitares électriques entre les dunes nous pousse à citer Tinariwen, dont un membre, Amar Chaoui, assure ici les percussions, c’est plutôt à une dynamique garage 60’s qu’Al-Qasar associe les gammes orientales, proposant au final une œuvre qui pourrait faire office de chaînon manquant entre les albums du groupe de blues touareg, et l’esthétique hippie-seventies de The Oud and The Fuzz de John Berberian, au sein de la grande reconstruction de l’histoire du rock au prisme du désert qui semble s’opérer l’air de rien.

On pourrait croire qu’en tant que groupe baignant dans un genre bien défini, et donc assez restrictif, la recette sera vite assimilée et lassera, mais non, on est surpris à chaque titre : l’énergie incontrôlable de « Gnawi », la construction de « Rock Lehdood » qui commence comme un psychobilly violent avant de laisser toute latitude à une voix caverneuse, ou la torpeur hypnotique de « Selma », tout cela maintient l’attention vive jusqu’à la dernière note. Rythmiques rapides et dansantes à s’en désaxer le bassin, mélodies solaires et surf-dans-le-sable, Miraj sera la bande-son officielle de l’été caniculaire à venir.


Tia Carrera – Tried and True
Sortie le 12 juin chez Small Stone Records – par Thomas N

Une fois n’est pas coutume, nous allons nous intéresser à un EP instrumental. Le groupe élu est Tia Carrera avec l’album Tried And True, connu outre-manche pour ses jams foisonnants et sa préférence pour l’improvisation rock, le tout associé à une grosse distorsion pour mettre de la virilité dans leur musique. Le groupe d’Austin est actif depuis maintenant une vingtaine d’années et continue sa route dans le style de leurs débuts sans dévier de ce qui les a fait connaitre. Un changement, et non des moindres, est l’arrivée du bassiste Curt Christenson alors que le groupe vivait en duo depuis sa création, le tout pour apporter plus de profondeur et d’énergie.

Dans une musique bigarrée, parfois confuse aussi, se mêlent toutes les influences des trois protagonistes, même si ça vire très souvent aux couinements de guitares hendrixiens un peu faciles. L’écoute n’est pas désagréable, les musiciens sont aguerris mais on se met parfois à chercher le fil conducteur dans l’enchainement des titres. Bien entendu ce Stoner Jam promu se suffit à lui-même tel le thème et la particularité du groupe. Cet album de 37 minutes, porté à 71 avec deux titres supplémentaires bonus « Visitors » et « Early Purple » déjà présents sur le précédent album, est un recueil d’idées et ressentis musicaux qui donnera sa pleine mesure en live.


Brane Rude
Sortie le 15 mai en autoproduction – par Thomas N

Direction l’Ariège et le joli village de Saint-Girons pour faire connaissance avec le groupe Brane composé de 6 éléments dont un guitariste chanteur et une chanteuse. Le groupe vient de sortir son deuxième EP après Origine en 2017 ; les musiciens ont mis du cœur à l’ouvrage pour fignoler une belle production de cinq titres. Il faut dire que ces trois années entre les deux EP leur ont permis de  s’aguerrir et prendre un peu de recul, ce qui donne avec Rude Awaikening une création sans complexe relevant d’une certaine maturité.

Sur des influences manifestes de groupes tels que Muse ou Radiohead, la musique de Brane est caractérisée par un rock mélodique profond, rythmé ou les changements de tempo se marient parfaitement au fil des chansons. Agrémenté de jolis solos comme sur les titres « Incandescent Love » ou « Break Everything », tout comme la voix sobre maitrisant les changements d’intonations, Rude Awaikening est riche d’une palette de sons variés totalement panachés et très bien exécutés. Avec en premier single et fer de lance « You Lead Us to Our Loss » le groupe envoie un titre entraînant et accrocheur à la première écoute. Pour ressentir au maximum l’énergie des compositions, nul doute que les live à venir feront l’effet escompté.


Dead Myth  #1
Sortie le 22 mai chez Le Cèpe Recordspar Yann Landry

On ne compte actuellement plus les groupes dans la grande mouvance du post punk garage pourvu qu’il y ait du synthé, des lignes de basse bien marquées au coeur de la structure des morceaux, une voix qui invective avec force, à l’anglaise, des arpèges à la limites de la dissonance et des temps méga marqués. Ouais, c’est la recette qui fonctionne en ce moment. Et pour leur premier EP, les Havro-Parisiens de Dead Myth ne dérogent pas vraiment à ces règles. Si ce n’est que le trio intègre une bonne dose de psyché comme sur « Supersonic » aux contours plus rond, ou sur « Dead Already » qui démarre sec, sans intro, dommage pour la fin du précédent en fade, y avait peut-être un enchaînement percutant à tenter. Avec ses choix artistiques, Dead Myth montre avoir réussi à mixer et ingérer ses influences. Manque plus qu’une identité et un son plus marqués qui nous feraient dire en écoutant la radio : « Tiens, c’est Dead Myth ! ».


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