Alexa Melo – Demoïtis

A 25 ans, l’Américaine Alexa Melo a déjà beaucoup travaillé, avec un album à 20 ans puis un EP, tant qu’elle a dû subir une opération des cordes vocales. Histoire qu’elle racontera dans son EP bien nommé Mute en 2017. Ensuite, elle se remet en chantier avec une forte activité de reprises sur sa chaîne youtube. Et la voici qui sort aujourd’hui un album autoproduit. Il s’intitule Demoïtis, ce qui signifie qu’ayant écouté tant de fois la démo qu’on a du mal à accepter de l’entendre à nouveau et en version finalisée. Cet album sort à la place de l’album Red Noise retardé pour cause de pandémie, enfin vous savez…

Nous n’avons pas été touché par la demoïtis puisque nous avons découvert Alexa Melo en mai avec le clip de « Digital », premier single de l’album en question. Mais nous comprenons cette artiste complète qui produit, réalise, écrit, tourne ses clips, les monte, fait tout ce qu’il faut en somme pour que ça fonctionne sans avoir l’environnement pro autour d’elle. Environnement qui, à l’aire du Do It Yourself, s’avère parfois inutile pour s’en sortir dans l’énorme mêlée des sorties d’albums indé, où originalité et qualité de production doivent primer pour tenter de sortir du lot. Ensuite, la chance, les partages font le reste quand on ne dispose pas des outils marketings nécessaires. 

Après avoir poncé une quarantaine d’artistes en les reprenant à sa sauce, où elle joue de tous les instruments qu’il faut, que ce soit Radiohead, Pink Floyd, Lorde, Bowie, Police ou encore Kate Bush et Janis Joplin, Alexa Melo a pu affirmer son jeu, ses originalités et nous proposer ce Demoïtis qui se compose de 8 titres variés alliant espoir (« Hopeful »), mélancolie (« Evergreens », « Chemicals »), rage (« Digital »), titres forts et lumineux (« Flightless Bird ») et d’autres plus sombres et mis à nus. De toutes ses influences, il n’en reste aucune. Melo a su déjouer les problèmes des premiers albums où l’on répète plutôt que compose vraiment faute de personnalité encore marquée. Ici Alexa Melo sublime son projet de bout en bout avec une maîtrise surprenante pour un second album. Nous avons vraiment pourtant l’impression d’avoir écouté un album produit par une major destiné à inonder le marché. Et non. Un projet réfléchi tout en solo qui force le respect. 

Alexa Melo, Demoitis, album

Alexa Melo a prévu, ce qui peut étonner en France, trois versions « clean » de « Digital’, « Russian Roulette » et « Flightless Bird », à la rédaction nous nous sommes contenté des versions « explicit », c’est dur de nous choquer ! Laissons les version cleanées aux radios commerciales. La Grosse Radio Rock diffuse « Russian Roulette » dans son jus d’origine. Si Demoïis est une collection de démos qui traînaient dans les disques durs de l’artiste depuis longtemps et qui sort en attendant de pouvoir finir de produire son prochain album, il n’en reste que le choix des titres et de leur suite dans la tracklist en font un ensemble cohérent, un peu sombre et torturé, qui s’écoute comme tel et surtout en boucle. Une espèce de magnétisme venant nous coller à l’œuvre pour un bout de temps. Nous attendrons donc Red Noise qui devrait sortir à l’automne pour entrer encore plus dans le détail de l’œuvre d’une artiste que l’on espère voir arriver en France l’an prochain. 

Tracklist :
1. Digital;
2. Chemicals;
3. Russian Roulette;
4. Man In The Window;
5. Evergreens;
6. Flightless Bird;
7. Electricity;
8. Hopeful

Sortie le 10 juillet en achat ici 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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